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Jonathan Stroud et Les héros de la vallée !

Par Nak, le jeudi 15 octobre 2009 à 15:12:34

L'auteurVoici pour vous en exclusivité sur Elbakin.net une interview de Jonathan Stroud à propos de son dernier roman en date, Les héros de la vallée, qui vient de sortir en France, chez Albin Michel Jeunesse.
Vous y découvrirez notamment les inspirations de l’auteur, une description d’un personnage un peu rebelle comme on les aime, de même qu'une réflexion sur l’écriture en général.
Bonne lecture !

L'interview traduite

Heroes of the Valley

Parlez-nous un peu de Heroes of the Valley. Il a une athmosphère très différente de la trilogie de Bartimaeus. Qu’est-ce que vous voyez comme différences, et était-ce une décision consciente de votre part de faire quelque chose de différent, ou étiez-vous juste fatigué de Londres et de ses magiciens ?
Et bien, les livres de Bart sont de la Fantasy avec un F majuscule : dès le début, vous vous retrouvez avec des milliards de diablotins, djinns ou afrits qui courent partout, des magiciens qui jettent des sorts dans des pentacles et d’autres troubles magiques de l’une ou l’autre sorte. Donc quand j’ai terminé Ptolemy’s Gate je tenais vraiment à essayer une différente sorte de Fantasy, dans laquelle le côté supernaturel n’était pas central, mais au contraire plutôt à la marge. Et cela donne à Heroes of the Valley ses propres tons et tensions : il y a des personnages humains ordinaires dans un monde essentiellement non-magique, tandis qu’à la bordure (littéralement et métaphoriquement parlant) il y a les histoires des Trows, ces montres légendaires qui rôdent (peut-être) sous terre, et les contes des Héros, qui ont (peut-être) réalisé de grandes actions. Une partie du problème pour Halli et Aude, les deux personnages principaux – et c’est un problème pour le public également – c’est : est-ce que le fantastique existe vraiment ? C’était amusant de jouer avec les attentes du public de cette façon !
Est-ce que vous avez-jamais voulu que Bartimaeus inflige une défaite retentissante à Halli ? Et est-ce que les notes de bas de page vous manquent ?
Je pense qu’au début Halli mérite certainement une raclée à la façon de Bart, bien qu’avec un peu de chance il devienne un type un peu plus admirable au cours du livre ! Ceci dit, une partie de l’intérêt pour moi était que je ne ‘‘pouvais’’ pas recourir aux bagarres sauvages et aux poursuites qui ont lieu quand Bart est dans les parages. Halli lui-même rêve d’engager des combats épiques et de réaliser des actions héroïques hautement improbables, mais quand il se retrouve vraiment face à la violence pour la première fois, ce n’est PAS drôle ou formidable, mais vilain et meurtrier et très bref. Il doit s’adapter à la réalité, tout comme j’ai dû m’adapter en tant qu’écrivain à une histoire où je ne pouvais pas voir mon héros se transformer en gargouille et s’enfuir.
Les notes de bas de page me manquent assez ‘‘maintenant’’, n’en ayant pas écrit pendant trois ans, mais c’était bon d’écrire sans elles quand j’ai commencé Heroes of the Valley : je voulais éviter de me défraîchir !
Heroes of the Valley est une approche nouvelle d’une histoire traditionnelle, qui trouve sa source dans les histoires Viking, et dans les quêtes héroïques plus récentes de la série de Prydain de Lloyd Alexander. Pouvez-vous nous en dire plus sur vos influences ?
Dès le début, mes principales influences ont été les Sagas nordiques – particulièrement les Sagas islandaises écrites à l’époque médiévale. Elles valaient vraiment la peine d’être lues – un mélange superbe de prosaïque et de fantastique. En gros elles racontent la vie de fermiers en Islande, qui font des choses ordinaires, comme se disputer avec leurs voisins, arranger des mariages et se rassembler pour résoudre des conflits juridiques. Mais de temps en temps un gars ira grimper sur les collines en suivant le chemin pour aller quelque part et rencontrera un troll ou luttera contre un fantôme. Ensuite il époussettera ses vêtements et retournera à des choses ordinaires. C’était ce mélange de domestique et de supernaturel avec lequel je voulais jouer. Une autre motivation était que les Sagas avaient déjà influencé la Fantasy moderne surtout via Tolkien etc., donc ça m’a donné l’occasion de corrompre en cours de route certains clichés traditionnels de la Fantasy !
Avez-vous dû faire beaucoup de recherches ?
J’ai lu la plupart des Sagas et un peu sur l’histoire de l’Islande, mais c’est à peu près tout. J’ai décidé assez tôt que mon histoire prendrait place dans un monde inconnu et fictif, donc je pouvais en faire ce que je voulais. J’ai piqué tous les noms dans les Sagas, pour donner un sentiment de cohérence, mais tout le reste est plus ou moins inventé. Je pense que trop de recherches rendent les livres lourds et maladroits.
A la fois Heroes of the Valley et la série Bartimaeus sont très antiautoritaires. Est-ce quelque chose que vous faites consciemment ou par instinct ?
Je suppose que mes livres ‘‘sont’’ assez subversifs par certains aspects, encore qu’en réalité je suis mortellement respectueux des lois ! Je suppose que c’est en partie en fonction du fait que les histoires sur des rebelles sont par nature plus intéressantes que celles sur des personnes qui se fondent dans la masse – mais c’est la friction entre les individus et leur société qui m’intéresse vraiment. Ni Halli ni Bart ne sont des gentils purs et durs : tous les deux sont aigris, tous les deux se conduisent mal, tous les deux ont bien trop d’énergie et sont généralement considérés comme très agaçants par ceux qui les entourent. Mais ils ont également un grand potentiel pour exploiter cette énergie pour quelque chose de bien qui bénéficiera à la société : la question est, trouveront-ils cette chose et voudront-ils le faire ?
Heroes of the Valley en particulier semble mettre l’accent sur l’idée que nous ne devrions pas vivre nos vies d’une certaine façon juste parce qu’une ancienne histoire nous dit de le faire (je sens que Richard Dawkins serait d’accord). Quelle part pensez-vous que le conte joue dans la détermination de qui nous sommes et de ce que nous faisons ?
Oui, l’une des choses principales que Heroes of the Valley explore est le pouvoir du conte, et comment ce pouvoir est parfois utilisé pour maintenir une société ensemble et pour que les individus s’y conforment. Je pense que ceci s’applique à peu près pour chacun d’entre nous, qui que nous soyons et où que nous vivions, et ça vaut la peine d’écrire là-dessus, même si c’est enterré très profondément dans la Fantasy nordique. Mais plus important que cela, c’est tout simplement amusant d’écrire de bonnes histoires, et j’ai particulièrement aimé tisser la toile des récits légendaires héroïques dans laquelle le jeune Halli croit. Je suppose que j’essaie d’avoir le beurre et l’argent du beurre : j’aime tout l’aspect de la légende héroïque et je prends un malin plaisir à le concurrencer en même temps !
Dites-nous qu’il va y avoir un film sur la trilogie de Bartimaeus. S’il vous plait.
Et bien, ça a été très tranquille pendant un long moment, mais en fait la semaine dernière j’ai entendu qu’il y avait enfin du mouvement du côté du film sur Amulet. Pour l’instant le scénario est entre les mains de quelques directeurs, donc ils cherchent quelqu’un pour être à la barre du projet. Ca doit être une bonne nouvelle !
Qu’est-ce qui vient ensuite ? Est-ce qu’on va suivre encore Halli et Aude ?
J’ai toujours pensé que Heroes of the Valley serait un titre unique, donc je pense que c’est la fin des aventures d’Halli et d’Aude. Je travaille en ce moment sur une ou deux nouvelles idées qui sont encore secrètes pour l’instant. Je vous tiendrai au courant, bien sûr, via mon site internet et aussi sur Heroes of the Valley.
Merci beaucoup pour les questions – j’ai adoré y répondre !

Interview originelle
‘‘Traduction réalisée par Nak’’


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