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The Gurkha and the Lord of Tuesday

ISBN : 978-125020911-5
Catégorie : Aucune
Auteur/Autrice : Saad Z. Hossain

Lorsque le roi djinn Melek Ahmar se réveille après des millénaires de sommeil emprisonné, il découvre un monde très différent de ce dont il se souvient. Arrogant et grandiloquent, il descend de la montagne en s’attendant à une conquête facile : la ville-état riche et spectaculaire de Katmandou, dirigée par l’IA omnisciente Karma. À sa grande surprise, il découvre que Katmandou est un paradis, où les citoyens ne manquent de rien et où même la lie de la société est clairement réticente à se révolter.
Tout le monde semble heureux, à l’exception du vieux soldat gurkha, Bhan Gurung. Récidiviste et meurtrier, il vit en exil, poursuivant une vendetta vieille de quarante ans qui mène au cœur même de Karma. Poussé par Gurung, Melek Ahmar se trouve pris dans une spirale qui les conduira à affronter Karma et ses forces. Dans le bouleversement qui s’ensuivra, d’anciens crimes seront révélés et la ville elle-même sera forcée de changer.

Critique

Par Luigi Brosse, le 13/01/2022

Le tour de force de The Gurkha and the Lord of Tuesday c’est d’arriver à créer un cocktail plaisant, tout en mélangeant de manière improbable fantasy, science-fiction, policier, post-apo, utopie et j’en oublie certainement.Le tout en une petite centaine de pages.
On avait pu découvrir Saad Z. Hossain grâce à Djinn City, gagnant du prix Elbakin.net 2021, roman étranger adulte. The Gurkha se passe, a priori, dans le même monde (une version alternative du notre), mais à une époque plus tardive que Djinn City. Cela permet à l’auteur d’introduire des éléments de futuristes dont on parlait ci-dessus. Court, il reprend nombres des qualités de son aîné, et permet donc une entrée facile dans l’univers de l’écrivain bengali.
Le point fort du roman est sans aucun doute ses personnages. Hauts en couleur, avec de la répartie, chacun d’entre eux a un côté mémorable. C’est en partie dû à l’utilisation d’archétypes lors de leur première apparition, mais rapidement on se rend compte que l’auteur prend un malin plaisir à subvertir ses modèles. Cela crée un inattendu bienvenu, tout en renforçant l’attachement que l’on peut éprouver à leurs encontre. Tout au plus, pourrait-on “reprocher” à l’auteur de ne pas vraiment faire évoluer ses personnages dans le temps, une fois ces différentes facettes cristallisées. C’est sans doute une attente due à la lecture préalable de Djinn City où cet aspect était particulièrement bien géré. Mais sur le format novella, ce n’était sans doute pas nécessaire, ni possible.
Ce contrepied dans le traitement des personnages se retrouve également au niveau des genres qui compose le roman. Le démarrage fait penser furieusement à de la Sword & Sorcery avec son barbare macho, à peine vêtu d’un pagne en peau de chèvre, intéressé uniquement par le sexe et l’alcool, le tout conquis au flex du biceps. Autant dire que le choc est brutal quand cet énergumène découvre un Katmandou post crise climatique, gouvernée par une IA, appelée Karma, et où, il n’existe plus d’économie, de travail, de crime, ni de monnaie (juste des points de karma qui se gagnent et s’échangent grâce aux bonnes actions). On pourrait supposer un scénario couru d’avance, mais encore une fois, Hossain sait surprendre. Le barbare n’est pas forcément là où on l’attend.
Le scénario est évidemment très efficace, servi sans pause et avec une série de rebondissements qui nous emportent jusqu’à un final plus que satisfaisant. Évidemment, l’action a la part belle, mais l’auteur arrive néanmoins à mêler à son propos des considérations économiques, écologiques ou sociétales modernes, qui savent trouver leur place. Difficile équilibre bien maîtrisé encore une fois. On parle généralement de page-turner pour des romans plus longs, mais c’est pourtant le même sentiment ressenti ici. Il vous sera sans doute difficile de ne pas le lire d’une traite.
En conclusion, que dire si ce n’est que c’est trop court ! Dans les limites imparties, Saad Z. Hossain signe un roman solide et original, très second degré dans sa forme mais pourtant sérieux dans son fond, une belle lettre d’amour au(x) genre(s) tout en les taclant allégrement. À mettre entre toutes les mains.

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