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Mon Almérique à moi

ISBN : 978-289615307-7
Catégorie : Aucune
Auteur/Autrice : Cédric Ferrand (Proposer une Biographie)

C’est rien qu’une anomalie locale, Jess. Ils ont pas ça à New York ni à Paris. Y’a qu’ici que ça se passe de même. Il y a comme un défaut dans le palpable, et nous autres, on peut exploiter cette défaillance du vrai. Ça paraît ben extraordinaire, mais c’est très terre-à-terre, quand on y pense comme il faut. Moi j’appelle ça du montréalisme magique.
Ainsi parlait Almérique, mon grand-père, le père de mon père. C’est par lui que tout a commencé à déraper, mon histoire comme, peut-être, la vôtre aussi si vous habitez Montréal, voire le Québec tout entier. Parce qu’il en menait large, Almérique, même s’il a toujours gardé profil bas, ce qui faisait l’affaire de ceux qui le connaissaient comme le meilleur homme pour faire arriver les choses, comme on disait autrefois.
Si je vous dis ça, c’est parce que je connais bien le pouvoir d’Almérique puisque j’en ai hérité. Mais contrairement à mon grand-père, qui a été jusqu’à inventer ma grand-mère Rita, je ne tiens pas tant que ça à traficoter le réel – enfin, juste ce qu’il faut pour vivre ma petite vie tranquille et bien ordinaire.
Or, ce n’est pas facile de passer inaperçu quand on est de la lignée d’Almérique, et c’est de ça dont je veux vous parler…

Critique

Par Gillossen, le 19/07/2021

Cédric Ferrand est un auteur à la voix distincte qu’on a beaucoup aimé en ces lieux pour son Wastburg et de façon plus générale pour sa propension à ne jamais écrire deux fois le même roman.
Avec Mon Almérique à moi, chez un nouvel éditeur, Alire - rappelons que Cédric Ferrand est installé de longue date maintenant au Québec - il signe justement une histoire encore bien différente des précédentes et qui prend parfois des allures de chronique (familiale). 
En effet, nous voilà en plein (Mont)réalisme magique. Jess, notre narratrice/narrateur, tout comme bon nombre de membres de sa famille, semble en mesure d’influencer le réel ou du moins sa perception chez autrui. On pourrait croire qu’il s’agit d’une bénédiction, mais pas vraiment, ou en tout cas, pas seulement. 
A travers la vie de son grand-père tout comme la sienne, sans oublier ses parents ou sa blonde, Jess entraîne les lecteurs dans un chapitre de sa vie tout particulier, celui d’une certaine affirmation de soi. Le récit se suit à la façon d’une série de tranches de vie, entre anecdotes issues du passé et épreuves du présent. La plume de Cédric Ferrand, toujours en verve, se fait oublier derrière des personnages truculents mais surtout attachants, à l’image de Jess évidemment. 
Jess ne se présente pas à nous (attention, la narration est à la première personne du singulier) comme un protagoniste paré de toutes les vertus, loin s’en faut, mais au-delà d’un parcours de vie singulier, Jess n’en demeure pas moins l’incarnation d’un fil conducteur que l’on déroule avec un entrain bien réel.
Contrairement à Wastburg, Montréal en tant que tel n’occupe pas ici un rôle majeur, mais on plonge avec délice dans ce Québec vivant et moderne, qui prend forme au gré des dialogues qui font mouche et sont bien entendu truffés d’expressions québécoises tout sauf figées dans les clichés. 
Certes, on a affaire avant tout à un parcours de vie, même si une pseudo intrigue “majeure” finit par se mettre en place autour des pouvoirs de Jess. Cédric Ferrand paraît plus intéressé par les histoires de famille de ses personnages et par la toile de fond (l’histoire du Québec) qui les abrite que par la question de la portée (morale ou pas) ou de l’utilisation desdits pouvoirs. Mais pourquoi se pencher sur leur fonctionnement après tout, puisqu’il est question de réalisme magique ?
Et ce parti pris tombe à pic : c’est exactement ce qu’il fallait à cette histoire ! 

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