Vous êtes ici : Page d'accueil > Fantasy > Cycle Romans Fantasy > N'a Qu'un Oeil, chamane détective > Les Souffles ne laissent pas de traces


Les Souffles ne laissent pas de traces

Tome 1 du cycle : N'a Qu'un Oeil, chamane détective
ISBN : 978-236183139-4
Catégorie : Aucune
Auteur : Timothée Rey (Proposer une Biographie)

Une steppe froide, quelque part dans l’Europe paléolithique, non loin du grand glacier continental. Armés de sagaies à pointe d’os, neuf hommes et femmes traquent un bison. Mais voilà que, juste après l’abattage de l’énorme bête, l’un des chasseurs se volatilise sous les yeux de ses compagnons !La peur s’installe dans le Val Velu, où se tient le grand Jamboree printanier réunissant tous les clans et nations. Chacun est convaincu que cette disparition est le fait des Souffles, les fantasques et cruels dieux des vents. Chacun ? Non. Collembole N’a-Qu’un-Œil, quoique chamane du clan des Ronces et servant du Grogneur, le dieu-ours de la mort, est un irréductible rationaliste. Il ne croit pas à la thèse surnaturelle. Accompagné de son disciple Queue-d’Aurochs, il mènera une enquête dangereuse, aux rebondissements insolites, pour débusquer le plus retors des meurtriers.

Critique

Par Tatiatalante, le 02/11/2016

Les souffles ne laissent pas de traces…on ne peut pas en dire autant des hommes et Collembole-n’a-qu’un-oeil, chamane du clan des ronces, saura les pister. L’auteur, Timothée Rey, après de nombreux écrits de science-fiction, s’est permis un petit détour vers le policier teinté de fantastique et de loufoquerie. Et on peut dire que le résultat est rafraîchissant.
Lors d’un grand rassemblement entre clans (pendant la période Aurignacienne), un éminent dynaste se volatilise littéralement lors d’une chasse au bison. Tous sont persuadés qu’il a été enlevé par les Souffles (les esprits du vent). Mais tout le monde n’est pas dupe et surtout pas Collembole-n’a-qu’un-oeil, le chamane de son clan. Ce dernier va se faire un plaisir de démonter la théorie de la disparition mystique et de démontrer avec l’aide de son apprenti, Queue-d’Aurochs, que l’affaire est un meurtre bien ficelé.
Les souffles ne laissent pas de trace est l’archétype du roman policier mais à la sauce Timothée Rey, plein de verve, de calembours (certains pourront lui reprocher d’être un poil bavard, mais c’est là tout le charme du récit) et d’anachronismes. L’écriture est fluide et l’auteur virevolte avec talent entre familiarité avec le lecteur et un ton plus professionnel lorsque notre détective nous interpelle. Il reprend tous les codes du genre, l’inspecteur (ici chamane-détective) bougon, l’apprenti un peu maladroit et fidèle à son maître, une enquête avec de nombreux rebondissements et une galerie de personnages hétéroclites, il ne manque que la femme fatale. Mais tout le génie de l’auteur est d’insérer ce cocktail dans le cadre d’une période peu connue, l’Aurignacien. Se basant sur les connaissances actuelles pour construire un univers cohérent où l’organisation des clans et de leur rassemblement annuel, de la nourriture et de l’habitat sont bien décrits. Il se permet aussi de mettre à la sauce préhistorique des inventions modernes, le tout nous rendant le récit immersif.
Le duo d’enquêteurs pourra vous rappeler un autre célèbre duo, Maitre Li et Bœuf numéro dix, même si la dynamique du récit repose surtout le chamane. Râleur, bougon, il vous interpelle volontiers dans le récit pour mieux laisser mariner le monde entier quand il découvre la clé de l’énigme. Malgré son statut de chamane et ses propres croyances, il est un être rationnel et un enquêteur  « moderne ». Les personnages secondaires, très nombreux (on peut d’ailleurs oublier parfois leurs noms et leurs histoires), offrent une belle galerie de personnalités, du chamane-junkie à la petite peste du groupe ou à l’inventeur jeune et cool.
Le récit alterne entre nos héros et des interludes développant un peu plus le monde dans lequel ils évoluent : joutes verbales, contes au coin du feu, jeux de mots absurdes, légendes etc… Intéressant pour mieux se plonger dans l’univers, ils permettent aussi de couper l’action et de souffler (le récit tournant justement autour des souffles) un peu entre chaque enquête sur le terrain. De même, des notes de bas de page au ton sérieux mais décrivant de totales absurdités émaillent le récit, le rendant encore plus surréaliste.
Le seul reproche que l’on pourrait faire, en dépit de l’intrigue bien ficelée, est une structure et un déroulement des enquêtes somme toute classique (dont pas une seule ligne ne vous sera révélée dans cette chronique, il faut savoir maintenir le suspens).
Pour aller à l’essentiel : un simple roman policier n’est pas la tasse de thé de tout le monde, mais si vous y rajoutez un cadre préhistorique avec son lot de mysticisme et tout le potentiel de cette période peu connue, l’imagination de Timothée Rey et un humour jamais lourd et truffé de références populaires, vous obtenez un bon roman dépaysant qui vous tient en haleine tout en vous faisant poiler de rire.

7.5/10

Discuter de Les Souffles ne laissent pas de traces sur le forum.



Dernières critiques

Derniers articles

Plus

Dernières interviews

Plus

Le héros de la semaine

Retrouvez-nous aussi sur :