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Les Lanciers de Peshawar

Titre VO: The Peshawar Lancers

ISBN : 978-226507704-1
Catégorie : Aucune
Auteur : Stephen Michael Stirling

1878, une pluie de comètes s’abat sur l’hémisphère nord de la Terre, soulevant de gigantesques raz de marée. Le froid et la barbarie envahissent l’Europe. La noblesse, la bourgeoisie et les scientifiques anglais émigrent bientôt vers les territoires plus ou moins épargnés de l’Empire britannique, Australie, Afrique du sud et surtout Indes.
2025, leurs descendants ont retrouvé le chemin de la civilisation, les sciences et les techniques se développent, l’agriculture est florissante dans les vallées et les plaines de l’Inde, et même si l’aristocratie anglaise est restée au pouvoir, la culture indienne s’est imposée dans tous les domaines : arts, mode, nourriture, langue…
Mais en Russie la barbarie s’est prolongée, un régime de terreur règne, qui a son dieu noir, ses prêtres sanguinaires. Les sacrifices humains sont monnaie courante, le cannibalisme un art de vivre pour les puissants et un mal nécessaire pour les peuples affamés.
Le sort de l’Empire britannique repose sur des jumeaux. L’un est officier des Lanciers de Peshawar, l’autre une scientifique brillante, chantre de l’émancipation féminine. Pourquoi leur famille a-t-elle comme Némésis depuis deux générations un noble russe, maître des ordres du dieu noir, qui a comme arme des jeunes femmes capables de parcourir les couloirs du temps, de voir le passé, mais aussi de prédire l’avenir ? La Russie craint-elle Athelstane le guerrier ? Son dieu noir a-t-il peur des talents de scientifique de Cassandra, qui pourraient sauver le monde d’une nouvelle catastrophe planétaire ?

Critique

Par Gillossen, le 04/02/2005

Les Lanciers de Peshawar fait partie de cette catégorie de romans frustrants. Frustrant car lorsque l’on découvre le résumé de l’ouvrage, on ne peut s’empêcher de saliver en le trouver nettement plus excitant que la moyenne, nous épargnant un univers simili Moyen-Âge et sa bande de jeunes gens orphelins et/ou incapables d’assumer leurs incroyables pouvoirs cachés.
Et puis, on commence à lire et à tourner les pages, - ce qui est plus pratique pour avancer dans l’histoire, n’est-ce pas ? - et la déception succède à l’ennui. Bien sûr, S.M Stirling a travaillé son sujet. Ses recherches concernant l’Inde, l’empire colonial britannique, semblent avoir été creusées très loin, et il ne s’agit assurément pas d’un simple vernis superficiel. L’auteur maîtrise son sujet, mais désire visiblement tellement que l’on en ait bien conscience, qu’il insiste lourdement. Par instants, nous avons l’impression de lire des paragraphes entiers issus de carnets de notes griffonnées au brouillon.
Ajoutons à cela une plume qui ne nous épargne aucun détail sur le moindre agissement des différents protagonistes, des descriptions attenantes, etc, renforcée par une traduction par endroits tout simplement maladroite, et il devient rapidement pénible de progresser dans l’histoire, alors que le cadre et le faste déployé devraient au contraire nous emporter véritablement.
Dernier point dérangeant, qui cette fois a plus trait au scénario lui-même. Les personnages, bien que loin d’être des adolescents de quinze ans, se comportent souvent avec une profondeur de façade, Stirling ne s’affichant pas vraiment comme un adepte des niveaux de gris… Ce que la conclusion, dans ses toutes dernières pages, ne viendra pas modifier, laissant le lecteur avec une impression de gâchis assez marquée.
Bien sûr, pas de doute : on a déjà vu dix, ou peut-être même cent fois plus mauvais. Il n’en demeure pas moins que cet ouvrage déçoit. La lecture des appendices - à lire avant le roman lui-même pour être plus familier de certains termes ? - confirmera cette impression de potentiel ne s’exprimant pas pleinement.
Peut-être pas de quoi crier au scandale, mais de quoi regretter que la création d’un monde tangible prenne parfois tellement le pas sur l’histoire et ses protagonistes…

6.5/10

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