Vous êtes ici : Page d'accueil > Fantasy > Romans Fantasy > La Magnificence des oiseaux
La Magnificence des oiseaux
Titre VO: The Bridge of Birds
Catégorie : Aucune
Pour lutter contre une épidémie pour le moins singulière – puisqu’elle sait compter et ne touche que les enfants de son village – Bœuf Numéro Dix se rend à Pékin le jour de son dix-neuvième anniversaire. Là, il rencontre un vieil alcoolique, un sage qui bien des années auparavant fut célèbre sous le nom de Maître Li. De retour au village de Kou-Fou, tous deux découvrent sans mal que Fang le Prêteur sur Gage et Ma le Grigou ont empoisonné les enfants par erreur. Les deux coupables ont pris la fuite, mais il reste à détruire les enfants… Ainsi commence la première enquête de Bœuf Numéro Dix et Maître Li, dans une Chine qui ne fut jamais, où la recherche de la Grande Racine de Pouvoir les conduira à briser la terrible malédiction qui pèse sur la princesse aux oiseaux…
Critique
Par Cyrion, le 11/04/2005
Lauréat du World Fantasy Award en 1985 (à égalité avec La Forêt des Mythagos), La Magnificence des oiseaux est un roman atypique. En effet, les ingrédients du conte tous comme ceux de l’enquête policière y sont étroitement mêlés pour le plus grand plaisir du lecteur.
Dès le début, la description du petit village de Kou-fou, de l’Oreiller du Dragon, morceau de la Grande Muraille perdu en plein milieu de l’Empire, et de toutes les légendes qui s’y rapportent nous font plonger dans un univers onirique complètement étranger au nôtre.
L’intrigue elle-même, si elle peut sembler quelque peu facile au premier abord (partir en quête d’une Racine de Giseng pour sauver des enfants empoisonnés), se révèle très vite incroyablement complexe. Utilisant les mécanismes de répétitions propres aux contes, l’auteur se joue du lecteur en faisant réapparaître nombre de personnages dont le rôle semblait pourtant initialement bien limité. Les digressions sont nombreuses, nous contant l’histoire de tel lieu ou de tel personnage. Mais chacun de ces éléments sert à la formation d’une histoire dont la complexité et la logique laisse finalement le lecteur pantelant.
D’autant que l’auteur sait à merveille jouer sur les émotions du lecteur, enchaînant histoires tragiques, épisodes désopilants et scènes d’action haletantes.
La galerie de personnage décrit est tout simplement savoureuse, même si on peut regretter que le narrateur ne soit pas plus charismatique. Mais Maître Li (alcoolique retors affublé d’un léger défaut de personnalité et qui n’a plus la vitalité de ses quatre-vingt-dix ans), Nuage de Lotus (la femme la plus dispendieuse du monde), Chen le Ladre, le Lapin aux Clés, la Grande Ancêtre et tant d’autres se révèlent particulièrement attachants.
Au chapitre des regrets, on peut noter quelques redondances parfois pénibles (les tentatives de réanimation des enfants en particulier, même si leur présence s’avère finalement nécessaire à la résolution de l’énigme), et quelques passages peu réussis.
Le style lui-même est typique des contes, et s’accompagne d’un humour pince-sans-rire particulièrement décapant. Ajoutons à cela quelques scènes d’anthologie (dont un chapitre entier consacré à la préparation du porc-épic, chef d’œuvre d’alchimie culinaire), et vous comprendrez que La Magnificence des oiseaux, roman jubilatoire et émouvant, fait partie des ouvrages qui devraient rapidement rejoindre votre bibliothèque.
8.5/10
Discuter de La Magnificence des oiseaux sur le forum.
Dernières critiques
- Elliot du Néant † critique roman
- Le Prince Ecorché † critique roman
- Le Jour du Baptême † critique bd
- Les Créateurs † critique roman
- La Prophétie du Gris † critique roman
- The Crippled God † critique v.o.
- Dust of Dreams † critique v.o.
- Lady d'Angeres † critique bd
Derniers articles
- Entasser les os aux pieds des rois
- De la classification des romans de fantasy
- Semaine TV du 28 avril au 4 mai 2012
Dernières interviews
- Un entretien avec Saladin Ahmed
- Interview d'un acteur de la Fantasy : le Camp du Dragon
- Guy Gavriel Kay et sa façon d'écrire…