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Féerie pour les ténèbres, intégrale 2

Tome 2 du cycle : Féerie pour les ténèbres
ISBN : 978-284344109-7
Catégorie : Aucune
Auteur : Jérôme Noirez (Proposer une Biographie)

De partout, l’En-Dessous vomit la Technole. Sans que l’on sache pourquoi, sourd cette bouillie toxique et nauséabonde qui, en un autre temps, dans un univers bien différent, fit la fierté des hommes, le symbole même de leur domination sur le monde. Des hommes qui, aujourd’hui, exploitent les rebuts de cet univers disparu, mythique, dans des gisements à ciel ouvert aux allures de décharges en quête des oripeaux d’une gloire révolue…
Dans les rues de Caquehan la noire, capitale tentaculaire du royaume, Obicion enquête. Et l’officieur de justice a fort à faire. Le crime est odieux. Une jeune fille. Une adolescente. énucléée. Gorge tranchée ouverte en croix. Là où, précisément, pour la première fois, la Technole fit son apparition… Et à l’horreur s’ajoute l’étrangeté la plus absolue car très vite, il s’avère que les os de la victime sont en… plastique.

Critique

Par Atanaheim, le 30/05/2012

Suite (et fin) de cette intégrale de Féerie pour les ténèbres dont la première partie nous avait tant plu. Nous concluions la précédente chronique en nous demandant si Jérôme Noirez allait savoir nous impressionner encore au cours de ces récits prenant place dans le royaume de Caquehan.
Répondons tout de suite à la question : malheureusement non. Mais, par bonheur, il fait aussi bien… Toutefois, pas comme on l’attendait. Ce cycle est décidément surprenant !
En fait, ce tome 2 début avec le troisième et dernier roman du cycle. Et celui-ci s’avère le moins bon de la trilogie. Les personnages drôles par nature se sont éteints (au sens figuré) notamment Malgasta et Grenotte et ont été remplacés par des situations burlesques qui ne font pas toujours mouche. La narration, qui cristallisait les reproches faits à la chronique du premier volet, n’a pas gagné en profondeur. On a l’impression que l’auteur met un peu de sfumato, de flou artistique, là ou ce n’était pas forcément nécessaire. C’est charmant et l’on se dit que les personnages, eux non plus, ne doivent pas comprendre tout ce qui leur arrive. Seulement, parfois, on a envie d’en savoir plus qu’eux, surtout quand l’œuvre que l’on tient entre les mains est d’une telle qualité !
De plus, l’horreur si bien distillée auparavant semble avoir perdu en subtilité, le monstrueux s’accordant mal avec le systématique.
Attention, entendons-nous bien, l’ensemble reste d’une très grande qualité. Noirez n’a pas perdu ses qualités littéraires. Certains figurants sont même de franche réussite, je pense notamment aux Archibouteuses. La satire, si agréable dans les premiers romans, est toujours présente. Elle est même plus aboutie. On a parfois l’impression de lire des passages des Cinq Livres de Rabelais avec ces personnages improbables, au verbe haut et au langage fleuri, critiquant avec grossièreté et joie de vivre les dérives de l’Église ou de l’État. Et c’est surtout la découverte de la suite des aventures des personnages principaux qui constitue l’immense plaisir que l’on a à la lecture du texte . L’intérêt principal de ce dernier roman tient d’ailleurs à sa fin (mention spéciale aux toutes dernières pages, particulièrement maîtrisées). On a enfin les réponses aux questions que l’on se posait sur cet univers déjanté.
Cinq nouvelles suivent le roman. Si nous ne nous étions pas lancés dans la comparaison romans/nouvelles en chroniquant le premier tome c’est surtout parce que celui-ci ne contenait qu’une seule nouvelle (certes excellente avec son cynisme stupéfiant) et qu’elle pouvait être vue comme un prologue au deuxième roman. Une conclusion s’impose d’emblée : diantre, que ces nouvelles sont bonnes ! On a même l’impression qu’elles sont meilleures que les écrits plus longs du cycle. Pourtant, le style ne connaît pas d’amélioration notable, l’humour n’est pas plus présent… Si elles sont si plaisantes, c’est pour la même raison qui fait que le troisième roman est intéressant. Leur fin ! Et qui dit textes plus courts dit fin qui arrive plus vite. Cinq nouvelles donc cinq fins. Et quelles fins ! Quel enchaînement ! A part Le Grand Machouilleur, un peu en dessous, nous avons droit à du travail d’orfèvre. Les chutes sont vraiment joliment maîtrisées. L’auteur profite aussi de ces créneaux pour enrichir la mythologie de son univers, ce qui est d’autant plus appréciable que c’est bien l’univers en lui-même qui marque l’esprit.
Bref, Noirez n’est pas plus à l’aise avec les textes brefs mais ses qualités sont mieux mises en valeur en tenue courte qu’en robe longue.
En ces temps ou l’originalité est rare en fantasy, ce serait un remarquable tort de passer à côté de cette réédition. Noirez est un excellent écrivain, sa plume est belle, son décor, sans pareil, est magnifique, malgré son aspect décadent.

8.0/10

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