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Chainsaw Man

(Ce Cycle est En Cours)

Traduction : Ludmann Sébastien
Auteur/Autrice : Fujimoto Sakoto
Chainsaw Man

Chainsaw Man - 1

Pour rembourser ses dettes, Denji, jeune homme dans la dèche la plus totale, est exploité en tant que Devil Hunter avec son chien-démon-tronçonneuse, Pochita . Mais suite à une cruelle trahison, il voit enfin une possibilité de se tirer des bas-fonds où il croupit ! Devenu surpuissant après sa fusion avec Pochita, Denji est recruté par une organisation de Devil Hunters et part à la chasse aux démons…

Chainsaw Man

Chainsaw Man - 3

Un mystérieux démon a emprisonné nos héros et exigent d’eux qu’ils tuent Denji pour les libérer ! Acculés, les membres de la 4e section spéciale Anti-Démons se divisent. Mais en dépit des conditions extrêmes, Denji, plus motivé que jamais par le baiser qui récompensera le vainqueur, imagine une stratégie infernale pour s’en sortir ! Dans la bataille épique qui éclate, le pauvre Denji est à la fois l’acteur et le trophée…

Chainsaw Man

Chainsaw Man - 4

Alors qu’une vague d’attaques frappe les agents de la 4e section spéciale Anti-Démons, Denji est confronté à un mystérieux sabreur et à une jeune fille cherchant à le capturer ! Leur puissance est telle que même Hayakawa et Himeno sont rapidement dépassés. Heureusement, Makima intervient, dévoilant une partie de sa virtuosité…

Chainsaw Man

Chainsaw Man - 5

Suite aux attaques dont ses agents ont été les cibles, la Sécurité Publique a décidé de contre-attaquer en engageant toutes ses forces dans la bataille ! Dévoré par les flammes de la vengeance, Aki se retrouve confronté à Ghost, le puissant démon qu’employait autrefois l’agent Himeno… De son côté, Denji affronte une nouvelle fois Samouraï Sword ! Tronçonneuse contre katana… quelle lame aura le dessus ? !


Critique

Par Benedick, le 18/05/2019

En bon produit de culture visuel populaire qu’il est, un manga peut être évalué comme un film de cinéma. Chainsaw Man serait alors une série B dite “d’exploitation” : un synopsis simple et outrancier caricaturant à peu de frais un genre à la mode. Ici la fantasy urbaine pour adolescent japonais, avec son personnage magique hybride, ses combats entre chasseurs et monstres et ses personnages périphériques plus ou moins déviants. Prépublié depuis Décembre 2018 dans le Weeky Shonen Jump, Chainsaw Man se taille une réputation de trublion testant les limites d’un magazine s’adressant avant tout à des mineurs. Aurait-t-on affaire à une énième œuvre opportuniste qui prétend dépasser la naïveté pour vendre un vague sentiment d’originalité ? Ou bien son statut marginal lui confère une marge de manœuvre pour développer un propos singulier, indépendant des références présentes ou passées ? Essayons déjà de voir ce que proposent les deux premiers tomes…
Commençons par le postulat de départ. La présence de démons semble être une nuisance comme une autre, parfaitement intégrée aux travers d’une société moderne surnaturelle qui fait subir la pénibilité aux plus fragilisés. La situation de notre protagoniste nous le fait comprendre assez abruptement. Sous-prolétaire dont l’énergie et les ressources mentales sont accaparées par la survie à court terme, sa transformation en démon de combat ne l’a pas vraiment fait évoluer dans sa pyramide des besoins. Tout juste si sa frustration affective - et sexuelle - le motive à accepter d’être traité comme un chien par sa cheffe d’escouade de chasseur de démons. Pour autant, comme il le dit lui-même, même si ces motivations sont jugées pitoyables par des gens se considérant comme mieux « éduqués », sa détermination sera inégalée. Après tout, cela demande une certaine expérience du confort pour développer spontanément une attitude moralisatrice, quel que soit le statut de sauveur ou de victime que l’on se revendique.
Mais attention, pas de dénonciations sociologiques dans cette œuvre ! On est en train de parler d’un manga où un type se transforme en tronçonneuse humaine pour démembrer une chauve-souris géante. Avec pour but de récupérer un chat pour l’échanger contre une séance de tripotage de seins. Les désirs de “déconstruction des codes”, Chainsaw Man n’en a cure. Il se contente de montrer des personnages désespérément humains. Quitte à balancer au passage quelques coups dans les parties sensibles d’un donneur de leçon.
André Gide disait-il que “L’art naît de contrainte, vit de lutte et meurt de liberté”. Les cadres imposés par la publication jeunesse semblent permettre à Tatsuki Fujimoto d’éviter de tomber dans les travers d’une narration en roue libre dopée aux scènes choquantes. Un sentiment qu’a pu laisser son précédent titre post apocalyptique : “Fire Punch”. Dans Chainsaw Man, les abus de nihilisme et de noirceur sont jugulés pour proposer une série plutôt dynamique, avec juste ce qu’il faut d’explosion de férocité. D’ailleurs, aucun système magique scolaire à l’horizon des deux premiers tomes, les chasseurs de démons sont plus des travailleurs pauvres que des étudiants en formation. Les scènes de combat sont courtes, peu portées sur la chorégraphie martiale, elles exploitent plutôt l’étrangeté des physiques monstrueux. Autre point positif, le style graphique plutôt propre et précis de Tasuki Fujimoto offre une belle variété de mise en scène pour les dialogues, que soit en traversant une foule, dans un métro vide ou en échangeant autour d’une cigarette. D’ailleurs, le second tome utilise ces échanges triviaux - mais vivants - pour développer les compagnons de notre anti-héros, évitant ainsi de trop les limiter à des stéréotypes réagissant uniquement aux comportements du protagoniste.
Les prémices d’un antagoniste ultime apparaissent dès le second tome. L’« Homme- Flingue », à la fois menace mondiale et légende urbaine. Un choix astucieux du mangaka, il pourra proposer une fin satisfaisante, indépendamment de la longueur finale de Chainsaw Man. Néanmoins, si on accorde de l’importance à la construction d’univers sur le long terme, il serait raisonnable d’attendre quelques tomes pour évaluer la direction que va prendre Fujimoto. Pour autant, pas besoin d’être raisonnable pour apprécier les premiers tomes si on désire juste une fantasy urbaine nerveuse et divertissante qui n’hésite pas à risquer la grossièreté pour éviter la facilité.

Cela suscite toujours l’attention lorsqu’un manga arrive à s’installer parmi les bestsellers. Surtout quand ladite série n’a encore qu’une seule année de publication et ne bénéficie pas du soutien d’une adaptation en animation. Ainsi, sans abandonner son ton irrévérencieux, Chainsaw Man s’est imposé au Japon à côté de séries contemporaines plus implantées comme Demon Slayer ou The Promised Neverland.
Au troisième tome, que ce soit par son ambiance ou son dénouement, l’épisode du confinement dans l’immeuble démoniaque de Denji et ses nouveaux collègues confirme la logique simple et radicale d’un héros galvanisé par ses désirs, plutôt que par des idéaux socialement valorisés. Ce qui n’empêchera pas Denji, oscillant entre frustration chronique et satisfaction éphémère, de subir des retours à la réalité à la mesure de son statut de prolétaire naïf un peu cradingue. Et toujours, entre les moments extrêmes, ces échanges doux-amers entre personnages, qui font mouche grâce à la mise en scène graphique des dialogues.
Succédant aux événements dramatiques des précédents chapitres, le Tome 4 expédie à sa manière les figures de styles imposées de l’entrainement salvateur et de la découverte d’antagoniste plus retors. Et suivant sa propre fantaisie, Chainsaw Man révèle un peu plus à propos des pactes démoniaques, des contrats octroyant des facultés mystiques en échange de sacrifices aux conséquences hétéroclites. Chainsaw Man ne déçoit pas et l’arrivée de nouveaux venus plutôt ambigus au Tome 5 promet d’avoir un impact intéressant sur la situation précaire de Denji.

7.5/10


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