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The Promised Neverland

Titre VO: Yakusoku no Neverland (Ce Cycle est En Cours)

Auteur : Shirai Kaiu
Dessinateur : Demizu Posuka
The Promised Neverland

The Promised Neverland - 1

Emma, Norman et Ray coulent des jours heureux à l’orphelinat Grace Field House. Entourés de leurs petits frères et sœurs, ils s’épanouissent sous l’attention pleine de tendresse de « Maman », qu’ils considèrent comme leur véritable mère. Mais tout bascule le soir où ils découvrent l’abominable réalité qui se cache derrière la façade de leur vie paisible !
Ils doivent s’échapper, c’est une question de vie ou de mort !

 


Critique

Par Benedick, le 30/04/2018

Pour vaincre l’adversité, seule la compréhension des éléments qui régissent la réalité de ce monde donnera accès à la réussite. La détermination seule ne sera pas suffisante. La résolution de certaines épreuves analogues à des énigmes ludiques intervient de manière récurrente dans les mangas à destination de la jeunesse. D’ailleurs, une œuvre comme Jojo’s Bizarre Adventure se fera remarquer pour ses affrontements basés sur des casse-têtes générés par des pouvoirs baroques et grandiloquents. Néanmoins, il faudra attendre Hunter X Hunter pour avoir un manga grand public imposer la capacité à exploiter l’information comme étant l’élément-clef des conflits de son univers. Death Note appliquera une logique similaire en s’affranchissant totalement des concepts d’aventure, d’entrainement et d’affrontement physique pour proposer une sorte de duel psychologique entre des enquêteurs limités par leur ignorance et un tueur surnaturel solitaire qui doit maîtriser ses contraintes. Paru en 2016, The Promised Neverland semble suivre la philosophie de ces prédécesseurs du Weekly Shonen Jump tout en proposant sa propre voie, sa précieuse singularité.
Réussir l’évasion du seul lieu qu’ils connaissent et prévoir la survie dans un monde inconnu ayant créé l’horreur à fuir. Voilà l’énigme-quête que doivent résoudre-réussir notre trio de protagonistes. Dès le premier chapitre, tout est mis en place avec une efficacité diabolique. Le lectorat est totalement intégré et accroché au récit, comme s’il participait lui-même à l’histoire. Ainsi, le scénariste peut exposer un fait curieux pour la logique interne présentée jusqu’à lors, ce qui provoque certaines réflexions. Et quelques pages plus tard, un personnage va avoir la même interrogation, sans que cela paraisse artificiel ou maladroit. La notion de menace est bien dosée et les retournements de situation vont surtout concerner le mystère que veulent comprendre nos héros. La surprise intervient là où elle peut exister, dans l’inconnu que veulent vaincre Emma, Norman et Ray. La grande qualité narrative doit beaucoup à ces trois jeunes adolescents. Ce qui peut d’ailleurs être perçu comme un défaut de ce manga. En effet, les personnages sont utilisés de manière habile pour offrir l’histoire la plus subtile et cohérente possible, mais au détriment de leur propre caractérisation. Si l’équipe en elle-même fonctionne bien, chaque individu se résume en une qualité humaine, la détermination (Emma), le pragmatisme (Ray) et la perspicacité (Norman). Les réactions émotionnelles sont surtout là pour catalyser l’alchimie du récit et non pas pour représenter une complexité humaine. Néanmoins, The Promised Neverland reste une œuvre jeunesse et il difficile de lui demander de mettre en scène des personnages complexes dès le premier tome. D’ailleurs, la partie graphique est là pour renforcer l’identité du casting. Posuka Demizu arrive à illustrer en une case un trait de caractère dominant ou une émotion qui survient brutalement. Son style rond et très expressif est d’ailleurs assez compatible avec l’esthétisme de certaines bandes dessinées occidentales jeunesses, ce qui peut permettre à The Promised Neverland de séduire au-delà de sa nature de manga. Pour ce qui est de la représentation d’une certaine noirceur, elle n’est pas systématique et elle est employée avec juste ce qu’il faut pour servir le propos de l’histoire. Les mangas cités en référence dans le premier paragraphe sont par exemple beaucoup plus graphiques et dérangeant dans leur expression de la violence. Toutefois, comme sa catégorisation éditoriale l’indique, ce manga s’adresse à un public qui a au moins une douzaine d’année et peut, bien évidemment, intéresser les personnes qui ont dépassé la majorité légale depuis pas mal de temps !
The Promised Neverland mérite la réputation qu’il a acquise au Japon depuis près de deux ans. Dans la droite lignée des mangas qui narrent le dépassement de soi à travers la compréhension réelle des enjeux, il propose un récit mêlant découverte d’univers imaginaire, gestion de l’urgence et résolution intellectuelle des menaces. De quoi satisfaire un public assez large, aux exigences variées. De plus, l’éditeur Kazé annonce la publication des quatre prochains tomes cette année, de quoi ménager le suspense et l’attente pour celles et ceux qui auront été conquis !

8.0/10

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