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Demon Slayer

Titre VO: Kimetsu no Yaiba (Ce Cycle est En Cours)

Auteur : Gotouge Koyoharu (Proposer une Biographie)
Dessinateur : Takahashi Arnaud
Demon Slayer

Demon Slayer - 1

Le Japon, au début du XXe siècle (ère Taisho). Un jeune vendeur de charbon nommé Tanjiro mène une vie sans histoire dans les montagnes, jusqu’au jour tragique où il découvre son village et sa famille massacrés par un démon. La seule survivante de cette tragédie est sa jeune soeur Nezuko. Hélas, au contact du démon, elle s’est métamorphosée en monstre féroce… Afin de renverser le processus et de venger sa famille, Tanjiro décide de partir en quête de vérité. Pour le jeune héros et sa soeur, c’est une longue aventure de sang et d’acier qui commence !

Demon Slayer

Demon Slayer - 2

Alors qu’il passe l’ultime épreuve qui le sépare du statut de pourfendeur de démons, Tanjiro se trouve aux prises avec un monstre difforme et sanguinaire. Face à ce redoutable adversaire, notre héros déploie l’arsenal des techniques que lui a enseignées maître Urokodaki… Et il parvient à sortir victorieux de l’affrontement ! Après sept jours éprouvants dans l’enfer du mont Fujikasane, il est enfin libre de retourner chez le maître et retrouver sa jeune soeur Nezuko…


Critique

Par Benedick, le 04/09/2019

Demon Slayer : Kimestu no Yaiba est une locomotive du Weekly Shonen Jump, l’anthologie de prépublication de manga jeunesse numéro une des ventes au Japon. Et cela même avant l’adaptation animée de 2019 réalisée de main de maître par le studio Ufotable, habitué à frapper fort dans la mise en scène d’œuvre de Fantasy (Fate Zero, Kara no Kyokai, Tales of Zestria). L’édition française (Panini comics) des trois premiers tomes en 2017, un an après la parution japonaise, a fait un four monumental entraînant un arrêt de publication. Cependant, tel un héros japonais reprenant son second souffle et transcendant son âme, le manga revient en force pour la rentrée 2019 avec deux tomes pour le prix d’un et un calendrier de publication voulant rattraper l’avancée de l’adaptation animée. En effet, cette saison recouvre à peu près les six premiers tomes et Panini comics promet d’être au tome 6 en Janvier 2020. Cette chronique se concentre sur le contenu et l’accroche que peut générer les deux premiers tomes, mais elle va aussi essayer d’exposer au mieux l’essence d’une série qui s’épanouit réellement sur le long terme.
La mangaka Koyoharu Gotouge est une passionnée de la période Taishô (1912-1926), une courte période du Japon moderne connue pour son effervescence sociale, culturelle et artistique. Si comparaison n’est pas raison, la force évocatrice que peut avoir cette époque pour les Japonais se rapprocherait de ce que les “années folles” (1920-1929) inspirent aux Occidentaux dans leur propre culture populaire. C’est sur ce point que l’on peut trouver un étrange charme suranné au dessin de Demon Slayer, dont le trait ne correspond pas aux canons esthétiques en vigueur. Le graphisme peut paraître maladroit ou trop léger, notamment concernant les personnages, mais on s’aperçoit après quelques chapitres que la mangaka impose une ambiance particulière, à la fois étrange, naïve et macabre, en osmose avec son récit. Surement grâce aux décors naturels ou urbains qui ne semblent jamais se détacher des personnages et donnent une présence aux mythes Japonais ancestraux. De même, on commence à entrevoir l’esthétique d’estampes, typique de la période Taishô, lors de la mise en scène des techniques martiales magiques. En fait, il y a plus un coté théâtral et pictural que cinématographique dans ce manga. Cela lui a valu, et lui vaudra certainement, d’être moins remarqué par le grand public occidental plus familier à apprécier la culture visuelle Japonaise par l’animation et le jeu vidéo. Toujours est-il que ces deux premiers tomes ont déjà un charme un peu maladroit, mais prometteur, qui peut séduire ou tout du moins donner la juste impression que la mangaka à un style personnel en pleine croissance. En revanche, ce qui apparaît comme moderne c’est l’établissement rapide des enjeux et de la menace principale dès les premiers tomes. Tout laisse à croire que la mangaka vise un récit relativement court et échafaude son intrigue majeure dès le début. D’ailleurs, Tanjiro et Nezuko sont les principaux centres de l’attention des deux premiers tomes, ce qui participent à les rendre attachants car travaillés tant dans leur individualité que leur relation frère et sœur, simple mais touchante. En fait, les archétypes basiques ou pénibles sont plus représentés par les personnages secondaires, même si ces derniers participent aux ruptures de ton comique ou épique des mangas portés sur l’action et les rebondissements.
Pour autant, tout sympathique qu’il est, Tanjiro reste un héros qui doit monter en puissance pour réaliser sa quête. Dans un classicisme absolu et premier degré, l’opposition séculaire entre les démons et les chasseurs est vécu du point de vue du protagoniste. Néanmoins, le plaisir de lecture va se trouver au-delà de la détermination d’un garçon qui cherche à faire de son mieux. L’attrait supplémentaire va naître dans le spectacle d’un affrontement asymétrique entre les deux factions, tant par leur rapport de force que leurs hiérarchies respectives. En effet, les démons se distinguent par une poignée de monstres immortels à la puissance démesurée dominant une masse de démons inférieurs. La distorsion physique et mentale des démons supérieurs, fascinants dans leur perversion et leur mégalomanie, donnent lieu à des créatures dont l’apparence et les pouvoirs rappellent les délires et les outrances d’un Yoshihiro Togashi (Hunter X Hunter) ou d’un Hirohiko Araki (Jojo Bizarre Adventure). A l’opposé, les chasseurs sont des humains aux potentiels limités qui ne peuvent contenir ces démons d’élite que par la transmission et la progression générationnelle de leurs arts martiaux magiques, étonnamment réaliste dans leurs fondamentaux mais clairement artistique dans leur représentation. L’obligatoire travail d’équipe est entretenu par une solidarité survivaliste ou une sincère empathie. Cela peut paraître trivial mais il est trop courant dans les œuvres dîtes “imaginaires” de balancer tout un bestiaire encyclopédique « d’humains magiques » censés être différents mais qui finissent par se ressembler dans leur logique, leur système de pensée et même leur capacité de combat.
Si vous êtes séduits par le folklore japonais et qu’un récit classique de transcendance héroïque vous dérange uniquement s’il manque d’identité et de rythme, ces deux premiers tomes peuvent être une agréable surprise. Il faudra attendre les arcs scénaristiques suivants pour comprendre l’engouement qu’a généré cette saga au Japon et ailleurs. Rendez-vous pris pour les prochains tomes !

7.0/10

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