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American Elsewhere

ISBN : 978-222643664-1
Catégorie : Aucune
Auteur : Bennett Jackson Robert
Traducteur : Philibert-Caillat, Laurent

Veillée par une lune rose, Wink est une petite ville du Nouveau-Mexique parfaite. A une exception près, elle ne figure sur aucune carte. Des rues calmes bordées de jolis petits pavillons, des maisons qui abritent les choses les plus étranges qui soient.
Après deux ans de voyages incessants, Mona Bright, ex-flic, qui a hérité de la maison de sa mère, disparue depuis de nombreuses années, s’installe à Wink. Plus Mona enquête (fuyez le naturel…) sur le passé de sa mère et les circonstances de sa mort, plus elle se rend compte que les habitants de Wink sont différents, vraiment différents.
Quel sont les inquiétants secrets de cette ville hors d’Amérique ?

Critique

Par Gillossen, le 28/09/2018

Balayons tout de suite d’éventuelles réserves quant à la présence de ce roman dans nos colonnes : oui, American Elsewhere n’est pas à proprement parler un roman de fantasy, voire de fantastique, mais il repose sur suffisamment de codes propres au genre, nous adresse suffisamment de clins d’œil (toujours malins) et offre suffisamment de liberté au lecteur pour laisser libre cours à son imagination sur bien des points - après tout, rien ne dit qu’il n’est pas question de “magie” parfois - tout ça pour qu’on l’accueille à bras ouverts. 
Le livre de Robert Jackson Bennett débute d’ailleurs de façon on ne peut plus classique pour les amateurs du genre, justement : une héroïne dure à cuire qui se retrouve, de manière imprévue au départ, dans une petite ville américaine beaucoup plus étrange qu’il n’y paraît de prime abord… N’avez-vous pas l’impression d’avoir déjà lu cela cent fois ? 
On peut le dire, les 200 premières pages se suivent avec intérêt, sans aucun doute, mais c’est avant tout car l’auteur maîtrise parfaitement sa narration et sait nous donner envie d’en savoir plus sur les mystères que recèle donc la pas si paisible Wink (Ah, le coup des étiquettes aux inscriptions… disons lovecraftiennes !). Mais aussi car l’on sent que Mona, notre héroïne, possède un sacré potentiel, notamment dans ses failles - les failles, l’une des thématiques du roman d’ailleurs. Et si Bennett a le sens de la formule, tout ne repose pas, heureusement, sur quelques répliques bien senties. Là encore, il y a beaucoup plus que cela à découvrir, plus encore qu’une belle galerie de personnages, eux-mêmes loin de se révéler uniquement farfelus ou inquiétants - quand ce n’est pas les deux.
Et puis, arrive un certain chapitre, lié au passé de l’héroïne. Déchirant. Et là, on se rend compte que le roman change de dimension avec elle. On reste dans une littérature plaisir, de divertissement, avec un indéniable côté page-turner, mais avec un soupçon d’âme en plus. Oui, il y a vraiment quelque chose au cœur de cette histoire. 
Alors, bien sûr, tout n’est pas parfait : le roman ne compte pas de ventre mou par exemple, mais quelques longueurs disséminées ici ou là, au gré d‘“interludes” parfois superflus. Attention, on prend tout de même plaisir à les lire. On se dit simplement que l’auteur pourrait tout de même en venir plus vite au fait, tant certains aspects de son intrigue sont soulignés avec insistance. Mais Bennett adore visiblement ses personnages et cette “bonne” ville de Wink, et cela on le sent, même lors de tels passages. Cette passion pour son sujet associé à son talent nous font facilement fermer les yeux sur ce petit défaut, y compris, une fois arrivé aux deux tiers de l’histoire, sur des explications un peu bavardes là aussi, à base de longues plages de dialogues sans plus-value et uniquement là parce qu’il faut bien finir par les donner au lecteur. 
Une fois établi ce constat et mentionné ces menus désagréments, peu importe, car le final, ébouriffant, emporte tout. 
Les 150 dernières pages (sur plus de 700, tout de même !) se révèlent ainsi aussi haletantes qu’à plusieurs reprises réellement touchantes, avec des thématiques (la maternité, la douleur de la culpabilité, le poids des attentes, etc…) aux multiples échos, dans un cadre lui-même aux possibilité presque infinies. Un final qui n’hésite pas à mêler l’intime à, oui, une certaine dimension épique, c’est le mot.
A vrai dire, American Elsewhere fait partie des romans que j’aurais eu envie d’écrire moi-même. Evidemment, ce constat ne vous parlera pas forcément, mais j’espère que cette chronique, elle, saura le faire et vous parler comme ce roman m’a parlé, car j’ai vraiment été happé dans cette lecture ; ce qui n’avait pas été le cas depuis longtemps, finalement.  

8.0/10

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