La Fantasy au quotidien
Par Guybrush, le 06/04/2007 à 10:01
Philip Pullman : Le théâtre travaille par métaphore. Dans des productions théâtrales, on doit faire plus semblant, vu qu'on n'a pas les moyens de transposer toutes les images sur scène. Des acteurs portent des masques d'animaux pour les daemons et le public fait comme s'ils ne pouvaient pas voir les acteurs. Il y a plus de contraintes au théâtre, tels que les portes-monnaies des amateurs de théâtre ou la durée humainement supportable. La production s'est déroulée en deux parties plutôt que trois, comme ils devaient montrer toute la production en une journée. Nicholas Wright a fait deux shows toute les trois heures. J'ai beaucoup aimé la production, particulièrement la musique, celle qui a été jouée dans le Pays des Morts me donne des frissons de la tête aux pieds rien qu'en y repensant.
C'est différent des processus de transposition de l'histoire en film. C'est globalement quelque chose de très différent. Alors que les contraintes de production et les attentes du public sont très différentes, il n'y a pas de meilleur studio que New Line pour le produire.
Philip Pullman : Avant que j'arrange A la Croisée des Mondes pour en faire une trilogie, le titre de travail était La Boussole d'Or, encore une fois pris dans le Paradis Perdu de Milton. Cela fait référence à un compas (NdT : le titre de travail original était The Golden Compasses). Cette même Boussole d'Or peut également être trouvée dans les travaux de William Blake. Le rédacteur chez les éditeurs à New York pensait que je faisais référence à l'aléthiomètre et ils voulaient utiliser La Boussole d'Or come titre pour le livre aux USA.
Dans plusieurs pays, le premier livre a été publié sous le nom Boussole d'Or, donc c'est ainsi que la plupart des gens le reconnaissent dans le monde. En fait, le même éditeur était responsable du changement pour Harry Potter and the Philosopher's Stone ce qui était sensé, en Harry Potter and the Sorcerer's Stone, ce qui ne l'est pas. (NdT : Philip Pullman parle donc ici de Harry Potter à l'école des sorciers)
Philip Pullman : Je suis très content de tout ce que j'ai vu. Les gens semblent souhaiter les disputes et les confrontations pour développer, mais je ne pourrais pas en être plus content. Le casting est super, et c'est sûr que nous avons trouvé la bonne Lyra. L'histoire a été traité avec un grand respect. Les effets visuels sont excellents, les costumes et les plateaux sont tous très fidèles à l'histoire.
Deborah Forte : Nous lui avons donné une seconde chance. Nous l'avons convaincu et il a réalisé son erreur.
Philip Pullman : Rétrospectivement, j'aurais aimé changé certaines parties de l'histoire, en particulier du premier livre. Mais avec un film, on a le luxe de voir dans le futur et d'adapter l'histoire en conséquence.
Philip Pullman : J'en ai deux. La première est le moment où Lyra rencontre pour la première fois Iorek Byrnison. La seconde scène est une scène calme, mais magnifique, qui a lieu dans la montgolfière de Lee Scoresby. Lee et Serafina Pekkala discutent tandis que Lyra dort. Ils volent vers le danger et partagent ensemble ce moment de confort paisible au caractère inévitable. L'ambiance est très fidèle à celle du livre.
Philip Pullman : Il y a des choses qu'on peut faire sur scène, et d'autres qu'on ne peut pas faire. Cela aurait été difficile d'avoir ces créatures roulant péniblement sur des roues sur une scène. C'était le même problème avec les sorcières. C'est pratiquement impossible d'avoir plusieurs sorcières soulevées par des câbles, volant partout au-dessus de la scène. Les câbles pourraient se croiser, s'emmêler, et tout serait en désordre. On ne peut pas non plus transposer de vastes espaces et des paysages sur scène. Dans un film, on peut avoir de vastes plans panoramiques des paysages.
Deborah Forte : Nous sommes allés à Svalbard pour filmer quelques paysages incroyables afin d'aider le public à entrer dans le film. Le film contient des sorcières volantes tenues par des câbles, peints à l'aérosol bien sûr. Les costumes pour les sorcières sont magnifiques, très colorés et éthérés.
Mike Fink : Avec grande difficulté ! C'est difficile à expliquer, mais le processus pour son apparence et son interaction sera très soigneusement développé.
Mike Fink : Une fois seulement. Le réalisateur m'a demandé si je pouvais le faire et j'ai dit que je ne pensais pas. J'ai demandé à un physicien d'une société allemande de chercher si c'était possible. Je n'ai pas vraiment envie d'expliquer l'effet visuel parce que c'est compliqué et je veux que ça reste court. J'ai fini par abandonner après beaucoup de temps et d'efforts. Mais actuellement avec suffisamment d'argent et de temps, il n'y a rien qu'on ne puisse pas montrer. Mais ce n'est pas important ; ce qui l'est, c'est d'être fidèle au concept de l'histoire.
Deborah Forte : Il s'avère que la technologie a rattrapé l'imagination de Philip. Le film aurait été plutôt décevant s'il avait été créé il y a six ans.
Deborah Forte : Tant qu'on suit la carte routière de l'histoire originale, nous espérons attirer tout le monde.
Philip Pullman : J'écris mon nouveau roman, c'est ma priorité. Le fait de revisiter l'histoire a eu lieu dans plusieurs formats et configurations. Cela a traversé plusieurs transformations : les livres audio, les pièces de théâtre et maintenant le film. Cela tournait autour de cette histoire. Je suis très chanceux et flatté que des gens veuillent transposer mes romans en films. Je suis confiant du bon résultat à l'écran.
Philip Pullman : Je ne peux pas prévoir quel public cela sera. Dans un film, le public prévu est différent.
Deborah Forte : Je ne suis pas sûr du classement que le film recevra. Nous devons faire le meilleur film en fonction de l'histoire.
interdit aux moins de 15 ans, vous pourriez refaire un montage du film, n'est-ce pas ?
Deborah Forte : Oui, un tel classement serait douloureux.
Philip Pullman : Oui, toute ma splendide prose ! Non, non, tous les éléments essentiels sont là. Quand j'ai lu les romans à voix haute pour les livres audio, cela a pris 11 heures. Donc il faut faire des coupures, mais c'est ne pas aussi drastique que cela peut paraître. Il y a beaucoup de descriptions dans le roman, mais cela sera simplement fait avec des effets visuels dans le film.
Philip Pullman : Cela parle de la Poussière. Ce n'est pas vraiment une suite. Le personnage principal sera Lyra, bien entendu, et elle sera un peu plus vieille. Mais je ne veux pas en dire beaucoup plus que ça pour le moment. Je suis bien dans l'histoire, mais j'ai eu beaucoup d'interruptions. Il sera publié dans environ deux ans.
Philip Pullman : Pas précisément, mis je savais que cela allait être une longue histoire d'au moins un millier de pages. Il est difficile de publier un livre de cette taille à moins d'être un auteur connu. L'histoire se divise elle-même naturellement en trois parties, donc c'est comme ça qu'elle a été publiée. Et c'est comme ça que Le Seigneur des Anneaux est divisé, bien sûr.
Philip Pullman : Parce que pour moi elle était Lyra dès le tout début. Je n'ai pas eu besoin d'y travailler, contrairement à d'autres personnages. Par exemple, j'ai dû travailler sur Iorek Byrnison parce qu'il vient du Nord et qu'il devait avoir un nom à consonance nordique. C'était pareil avec Serafina Pekkala, qui a été pris dans un bottin téléphonique d'Helsinki.
Philip Pullman : C'était deux personnes différentes.
Deborah Forte : Nous avons un scénariste qui écrit le script pour le deuxième film et résumant l'intrigue du troisième.
Philip Pullman : Je crois que chaque romancier de ces cent dernières années a écrit avec une conscience cinématographique. Toutefois, si vous regardez les travaux de Charles Dickens, les impressions panoramiques de la cité sont cinématographiques. Si vous lisez l'introduction de Bleak House, c'est un script de film, avec une conscience d'écriture contenant une sorte de fluidité. Donc ça n'a pas vraiment changé. Cela a été une grande source d'inspiration pour moi. J'ai également beaucoup volé à Milton et de chaque livre que j'ai lu. Mais j'ai fait référence aux autres travaux à la fin du Miroir d'Ambre.
Philip Pullman : Oui, c'était le seizième brouillon du premier chapitre. Raymond Chandler, un auteur américain de romans noirs a dit un jour, Quand tu doutes, fais entrer en scène un personnage avec une arme dans la main
. Cela développe l'histoire de manière incomparable. Pantalaimon est mon arme. J'ai réalisé que j'avais besoin de quelqu'un avec qui Lyra pouvait parler ; autrement les explications prennent du temps et de la place. Donc j'ai fait entrer un personnage avec une arme.
Philip Pullman : Oui et les enfants ont le droit d'être premier dans la queue.