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Utopiales 2014 : de l’adaptation et de la rencontre avec les auteurs

Par John Doe, le dimanche 23 novembre 2014 à 16:53:08

ElricQui dit Utopiales dit rencontre avec des auteurs, et pour l'édition 2014, quelques noms bien connus des lecteurs de fantasy étaient présents. Voici un petit retour sur quelques unes de ces conférences :

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"Rencontre avec Thomas Day et Olivier Ledroit"

L'auteur de la Voie du sabre et le dessinateur de Requiem Chevalier Vampire reviennent sur leur série Wika. Où Thomas Day, pour son premier travail en tant que scénariste, explique les différences entre le travail en collaboration sur une bande dessinée avec celui sur un texte en prose (avec Ugo Bellagamba, pour Le Double Corps du Roi). Il a envisagé le texte comme venant au service des dessins d'Olivier Ledroit, qui se charge également du découpage. Il revient également sur la difficulté de faire passer de l'émotion avec peu de mots.
A la question sur les influences de Wika, Olivier Ledroit évoque les Contes de Grimm au premier plan. Il a souhaité adopter un style plus simple, moins chargé que celui de Requiem. Il a également voulu éviter le côté "image pieuse" qu'ont parfois les fées, essayant de développer l'aspect malicieux/ricanant/incongru.
Thomas Day indique que le conte de fées parlant de la cruauté, il a voulu donner le sentiment que tous les personnages pouvaient mourir. Il était également attiré par le thème de la disparition de la magie. Wika peut aussi être vue comme une histoire d'apprentissage, une succession d'expériences pour l'héroïne (positives ou négatives).

"Rencontre avec Michael Moorcock"

Deux ans après son passage, Moorcock revient aux Utopiales, avec comme actualité la récente adaptation d'Elric aux éditions Glénat.
Il parle de son attachement au personnage de Jerry Cornelius, tout autant une technique d'écriture qu'un personnage puisque, à chaque décennie, il a une personnalité différente. Il voulait un personnage qui se définisse par le contexte dans lequel il se trouve.
Il évoque aussi sa fierté d'avoir écrit Mother London, le livre qu'il préfère. Il s'agit d'une chanson d'amour à Londres, où la ville est un personnage à part entière (comme Tanelorn pouvait l'être pour le cycle du Champion Eternel).
Sur la question des voyages dans le temps, Moorcock se définit comme étant fondamentalement un auteur de SF qui écrit de la fantasy. Changer la temporalité est un bon moyen d'examiner un personnage, qu'il soit héros ou méchant.
Il parle également de son peu d'intérêt, en règle générale, pour les fictions "nostalgiques" qui ont le ton rassurant des comptines pour enfants. Et en parlant d'eux, il mentionne son aversion pour les récits dans lesquels le narrateur est un enfant.

"Sur les pas d'Elric : de la littérature à la bande dessinée"

Elric marque l'arrivée d'un antihéros dans la fantasy, malingre, drogué, cruel, servant le chaos, avec une épée buveuse d'âmes...
Julien Blondel explique que lui et Didier Poli avaient décidé d'accentuer le côté "gothique/torturé" pour leur adaptation, là où les versions américaines étaient davantage portées sur l'action et l'aventure.
Michael Moorcock a pensé que la sensibilité française allait apporter quelque chose de neuf au personnage. Il déclare qu'il s'agit à son avis de la meilleure adaptation d'Elric en bande dessinée. Le scénario lui a paru proche de ce qu'il ferait s'il écrivait Elric aujourd'hui (ajoutant sur le ton de la boutade qu'il envisageait même de reprendre quelques idées pour un hypothétique nouveau roman d'Elric).
Julien Blondel déclare avoir passé environ un an en recherches préparatoires avec Didier Poli sur la saga. Afin de condenser un roman dans une BD de 46 ou 54 pages, il n'a pas cherché à copier l'écriture des romans, mais à faire ressortir les émotions, les impressions générées par la lecture de l'oeuvre originale. Il ajoute que son passé d'auteur de jeux de rôle lui a donné une structure, l'habitude de sortir du point de vue d'un personnage pour s'intéresser au monde.
Il évoque également le travail sur la couleur de Jean Bastide. Par exemple, la pâleur d'Elric contraste violemment avec la tonalité rougeâtre des scènes d'intérieur dans la salle du trône d'Ymrryr.
Michael Moorcock explique avoir conçu ses livres en terme de palette, et trouve très intéressant de voir la palette choisie par les adaptateurs. Cela lui permet également de découvrir des aspects différents du personnage.


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