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Stray souls

Titre VO: Kakuriyo Monogatari (Ce Cycle est En Cours)

Auteur : Ryu Fujisaki (Proposer une Biographie)
Stray souls

Stray souls - 1

La princesse Ame et son ami d’enfance, Saruta-hiko, vivent dans le monde des esprits. Ils ne viennent dans le monde des vivants que pour aider les humains lorsque de terribles esprits vengeurs, les onryô, les attaquent. Depuis quelque temps, les apparitions de ces monstres sont de plus en plus fréquentes ! Qui est responsable de ce phénomène ? Ame et Saruta-hiko vont devoir payer de leur personne pour le découvrir…

Stray souls

Stray souls - 2

L’ennemi est donc Wata, la soeur aînée d’Ame… Son objectif est clair : ressusciter les onryô pour provoquer l’avènement d’une nouvelle ère. Ame, quant à elle, oeuvre activement pour les apaiser, mais cela provoque une diminution très rapide de son espérance de vie. C’est alors que le grand forgeron de sabres, Muramasa, onryô de classe supérieure, apparaît et s’en prend aux humains ! Saruta-hiko, inquiet pour la princesse, va devoir chercher de l’aide !


Critique

Par Benedick, le 17/10/2016

Stray Souls, de son vrai nom « Kakuriyo Monogatari », est un manga de Ryū Fujisaki traduit et édité par Pika Edition. Cette série a été pré-publiée dans le Young Jump de 2013 à 2015, elle est par conséquent finie et comporte huit volumes dans son édition originale japonaise.
Ryū Fujisaki n’est pas un auteur totalement méconnu en France. En effet, il est l’auteur de Hoshin Engi, un manga paru dans le  Weekly Shonen Jump et édité en France par Glénat, tout juste avant l’arrivée des trois mastodontes des années 2000 que sont One Piece, Naruto et Bleach. Parler de l’œuvre référence de Fujisaki n’est pas une simple mise en situation bibliographique car, dès la lecture du premier chapitre de Stray Souls, le constat est frappant : l’auteur a particulièrement progressé depuis Hoshin Engi.   
Féru de mythologie, Fujisaki propose avec Stray Souls une histoire de  fantasy urbaine racontant la lutte de la princesse Ame et de son garde du corps Saruta-Hiko contre des esprits tuant des humains pour atteindre la plénitude de l’au-delà. Un contexte et une thématique particulièrement classiques, pour ne pas dire surexploités. Sauf que l’oeuvre de Fujisaki bénéficie d’un traitement culturel lié à la tradition du shintoïsme et un folklore japonais plutôt approfondi, ce qui est fondamentalement original pour un public occidental conditionné par les mythes européens. Ainsi, les esprits vengeurs de Stray Souls, les onryô,  sont représentés comme une force (sur)naturelle implacable dont les conséquences tragiques pour les humains font partie d’un équilibre dynamique.  Et une fois rassasiés, ou purifiés par une méthode assez tragique, les onryô peuvent exister dans un état apaisé au sein de notre monde sous la forme d’esprits neutres ou bienveillants.   
Cependant, l’intérêt de Stray Souls n’est pas uniquement dû à un relatif dépaysement et un traitement différent de l’exorcisme d’entités démoniaques. Un écueil typique de ce genre de récit, qui n’est souvent qu’un prétexte pour proposer des affrontements entre individus hors du commun, est d’enchaîner des récits mineurs dédiés à des ennemis occasionnels avant de proposer maladroitement un antagoniste final censé représenter le cœur de l’intrigue. Stray Souls propose ses enjeux dès le premier volume, l’exposition et la caractérisation des protagonistes se déroulent dans l’urgence d’un affrontement final et définitif. Cette absence de digression influe aussi sur la psychologie des protagonistes. Ainsi, la pression réelle de l’opposition à vaincre, accentuée par la destinée tragique de la princesse qu’il doit préserver, induit un aspect retors et calculateur chez Saruta-Hiko. Il est assez agréable de suivre un protagoniste conscient de ses limites et de ses objectifs et qui travaille à construire dès le début les conditions favorables à sa réussite. Il est même possible de faire un parallèle avec l’auteur qui semble construire son histoire sans partir dans des sous-intrigues superflues et des ajouts de personnages secondaires inutiles. L’efficacité narrative en termes de rythme et d’exposition donne l’impression que l’auteur a créé son œuvre de A à Z dès le début. Il n’est donc pas hasardeux d’espérer une belle histoire complète sur les huit volumes, sans fausses notes ou perte d’intérêt, C’est là que Fujisaki semble avoir évolué par rapport à sa première œuvre, Hoshin Engi, qui était doté de thématiques similaires mais dont la tenue scénaristique était plus inégale et la narration plus maladroite.  
D’un point de vu artistique, le dessin très caractéristique de Fujizaki a clairement atteint un état de maturité qui plaira aux amateurs et étonnera les détracteurs.  Doté d’un style graphique typique des années 90’s, avec ses visages anguleux accompagnés d’yeux démesurés, le mangaka a raffiné son identité graphique et l’a mariée à des formes plus arrondies ou plus en adéquation avec les standards actuels. Au final, les personnages se retrouvent avec des identités visuelles uniques et travaillées en fonction de leur caractère. Concernant les scènes d’action, la scénographie est claire, malgré l’aspect exacerbé des combats, grâce à une maîtrise des volumes, des contrastes et des proportions. Pour finir à propos de la patte Fujisaki si particulière, Stray Souls alterne scènes sérieuses, voire morbides, et traitement humoristique d’une problématique. Cette rupture de ton peut clairement déranger un lecteur qui n’aime pas voir mélanger le dramatique et l’humour absurde, préférant peut-être le registre du sarcasme et du pince sans-rire pour éviter le hors-sujet. Cependant, dans le cas d’un récit de fantasy urbaine mythologique japonais fondamentalement baroque dans son principe, l’humour ne semble pas vraiment hors contexte. Surtout qu’il est assez bien dosé, à l’instar de la plupart des autres ingrédients de ce manga.
Pour le lecteur à la recherche d’un manga d’action dont l’inspiration culturelle n’est pas une simple astuce cosmétique pour masquer une série à rallonge au déroulement incertain, Stray Souls pourrait bien être une agréable surprise. Ryu Fujisaki est un auteur qui prouve sa maîtrise et ses intentions sur ces deux premiers tomes, il n’est donc pas vain d’avoir confiance en lui sur la tenue d’un récit qui promet une rapide montée en puissance. 

7.5/10

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