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Platinum End

(Ce Cycle est En Cours)

Dessin : Takeshi Obata (Proposer une Biographie)
Auteur/Autrice : Ohba Tsugumi
Platinum End

Platinum End - 1

Mirai, un jeune homme qui a perdu tout espoir en la vie, décide de se suicider en se jetant du haut d’un building. Mais, juste avant qu’il ne touche le sol, un ange, appelé Nasse, le rattrape au vol et lui sauve la vie. Elle lui o re alors la possibilité d’obtenir de puissants pouvoirs, promesses d’une vie meilleure… Mais en acceptant, Mirai découvre qu’il participe désormais à une compétition mortelle…

Platinum End

Platinum End - 2

À peine entré au lycée, Mirai est transpercé par une flèche rouge. L’auteur de ce tir n’est autre que… Saki, la fille qu’il aime depuis toujours. De son côté, Metropoliman, qui avait défié les autres candidats, leur donne cette fois-ci rendez-vous pour s’allier et former une équipe. Opportunité à saisir ou piège à éviter ?

 

Platinum End

Platinum End - 3

Après le drame qui s’est déroulé au stade de Jinbô, Mirai et Saki sont approchés par un mystérieux candidat dénommé Nanato Mukaidô. Ce dernier leur propose de s’allier avec eux pour contrer Metropoliman, mais Mirai et Saki hésitent… C’est alors que l’évasion d’une jeune tueuse en série précipite les événements et les entraîne dans une spirale infernale !


Critique

Par Benedick, le 01/02/2017

Platinum End est la dernière œuvre issue de la collaboration entre l’artiste Takeshi Obata et l’auteur Tsugumi Ōba. Ce manga est toujours en cours de publication au Japon dans le magazine Jump Square. Il bénéficie aussi d’une innovation pour son édition française par Kaze manga : une traduction et une édition simultanées sous format numérique des chapitres mensuels d’environ soixante-dix pages. Pour ceux qui sont attachés à l’objet physique, une sortie en volume relié est proposée en parallèle avec un rythme de parution analogue à celui du Japon. Cette critique concerne les trois premiers volumes.
Takeshi Obata et Tsugumi Ōba ont acquis une renommée internationale avec leur manga de fantasy urbaine Death Note publié dans le Weekly Shonen Jump (2003-2006) et décliné sous forme de séries animées, films, séries télévisées, jeux vidéos, produits dérivés et même versions parodiques. Avec son ambiance de thriller fantastique, son protagoniste égocentrique ayant le pouvoir d’un dieu de la mort, son absence d’humour bon-enfant et ses affrontements intellectuels indirects, Death Note a particulièrement tranché avec la formule classique du magazine jeunesse basée sur le travail honnête, la force de l’amitié et la victoire gagnée par une compétition frontale (Saint Seya, Dragon Ball, Naruto, Bleach, Hunter x Hunter, One piece, etc..). Plus qu’une volonté, ou une prétention marketing, de vouloir « déconstruire des schémas convenus », le duo essaie plutôt de travailler sur une thématique qui leur est chère : la capacité de violence des êtres disposant d’un pouvoir quasi-absolu. Et retrouver nos deux créateurs sur Platinium end, c’est retrouver cette thématique sans pour autant assister à un clonage de Death Note.
Le récit de Platinium end s’ouvre sur une idée assez risquée : le suicide du protagoniste suivi de son sauvetage par un ange qui va lui conférer au passage des pouvoirs semi-divins. Présenter un héros au dernier stade du désespoir est à double tranchant car l’empathie est fondamentalement une question très personnelle : la victime des uns sera la « pleurnicheuse » des autres. De même, l’intervention d’un deus ex machina transformant une âme en peine en un être à fort potentiel est une pratique scénaristique efficace pour séduire le lectorat désireux de lire une quête d’accomplissement, ce qui est respectable, mais n’assure pas forcement une narration élaborée. Cependant, Platinium end fait preuve de subtilité et ne s’appesantit pas sur son propos de départ. En effet, l’explication de la souffrance de notre héros, nommé Mirai, est tristement plausible et permet de comprendre sa psychologie avant et après son suicide. Ce jeune homme ne désire qu’un bonheur simple et ne supporte pas l’idée de faire souffrir les autres pour satisfaire son intérêt. Et si l’intervention angélique lui donne des possibilités qu’il n’avait pas jusqu’alors, il se retrouve impliqué d’emblée dans une toute autre problématique que son bien-être : une compétition avec douze autres âmes sauvées pour désigner le nouveau Dieu.
Ainsi, dès le premier chapitre, le lecteur se voit proposer une thématique de compétition de survie où il ne peut en rester qu’un. Sauf que cette formule, particulièrement populaire au Japon depuis 20 ans (Battle royale et tous ses émules), est remaniée ici de manière ambitieuse par Tsugumi Ōba. Déjà, la dramaturgie est fondée sur des pouvoirs incroyablement puissants, basés sur les trois fantasmes majeurs des êtres humains, mais limités par certaines contraintes et logiques. Ceci va impliquer des affrontements basés sur l’analyse, la manipulation et les risques calculés plus que sur une surenchère de détermination héroïque. Et surtout, à mesure que l’intrigue et les personnages se développent, Platinium End mélange à son contexte de survie des enjeux typiques des histoires de super-Héros, voir de fantasy épique, où la question de la morale et de la justice s’invite à grande échelle. Quelque soit le degré d’originalité que le lecteur accordera à Platinium End, il serait difficile de ne pas reconnaître que ce manga emploie efficacement les éléments narratifs que sont l’apparition des concurrents et de leur ange, les suspens de fin de chapitre et les parties d’expositions. En d’autres termes, l’intrigue avance de manière claire et rythmée.
S’il y a bien un élément où les opinions se rassembleront à propos de Platinium End, c’est la qualité de la partie graphique. Obata est largement considéré comme un des meilleurs dessinateurs œuvrant dans le manga grand public. Et pour Platinium End, il délivre en termes de mise en page et de séquençage de l’action un travail de haute-volée. L’artiste excelle aussi dans l’expressivité de ses personnages, surtout lorsqu’ils communiquent de manière direct ou non leur émotion. Ce talent est d’autant plus appréciable que l’histoire met en scène une réelle variété de personnage à l’identité physique bien établie, que se soit les humains ou les anges. Mention spéciale à ces derniers, car ils bénéficient de tout un spectre de composition corporelle, que se soit leur aspect féminin ou masculin, ou bien concernant leurs ailes divines, ces dernières se présentant sous différents formes, positions ou nombres.
A la recherche d’un manga de survie qui montre une certaine ambition dans ses enjeux, sans pour autant oublier d’être divertissant et agréable à lire, Platinium End pourrait bien vous plaire.

7.5/10

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