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Claire Deslandes répond à nos questions sur Milady Graphics

Par Gillossen, le mardi 17 novembre 2009 à 15:00:22

LogoLancée au printemps dernier, Milady Graphics est comme prévu arrivée depuis quelques semaines dans les rayons, signant ainsi un nouveau front d'attaque du marché par Bragelonne, qui s'essaie ici à la bande dessinée et plus précisément aux comics, du moins, le plus souvent.
Après deux premières fournées, dont la plupart des titres ont déjà été critiqués sur Elbakin.net (en attendant les titres manquants), il était temps que nous nous tournions vers Claire Deslandes, qui dirige ce nouveau label, pour lui poser quelques questions et recueillir ses premières impressions !
Et celle-ci a aimablement accepté de se plier à l'exercice, malgré un planning chargé. Remercions là une fois de plus au passage.

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Questions et réponses

Comment est née cette nouvelle collection au sein de Bragelonne et comment vous êtes-vous retrouvée à la lancer ?
Milady Graphics était en chantier depuis plusieurs années. Pendant longtemps, nous avons gardé l’idée en réserve : il nous fallait d’abord lancer notre imprint Milady, et ça ne s’est pas fait en un jour ! Mais après juin 2008, nous sommes passés à la vitesse supérieure et avons commencé à construire le catalogue.
Pourriez-vous présenter un peu votre parcours, vos goûts littéraires, à nos lecteurs ?
J’ai commencé ma carrière dans l’édition il y a une douzaine d’années, par le biais du polar et de la SF. J’ai ensuite navigué chez pas mal d’éditeurs (de littérature générale ou de mangas, entre autres), où j’ai exercé plusieurs métiers (édito, mais aussi fab ou prépa).
J’ai rencontré l’équipe qui fonderait Bragelonne à la toute fin de mes études, et, après avoir travaillé pour eux en freelance quelques années, j’ai intégré le staff éditorial en 2006.
A-t-il toujours été prévu de vous diversifier au-delà de « simples » adaptations de classiques de l'heroïc fantasy en comics, en abordant d'autres genres, d'autres formats (les super-héros, les romans graphiques...) ?
Oui. Le mot d’ordre est : publier des œuvres dans les genres que nous publions déjà en romans, mais dans un nouveau format. Donc, bien sûr, des adaptations de romans, mais aussi tout ce qui nous semble appartenir aux genres de l’imaginaire et correspondre à notre ligne éditoriale globale.
Parmi les premiers titres publiés, avez-vous un coup de cœur personnel ?
Plusieurs même ! Tous les titres sont choisis avec amour, mais j’avoue avoir un petit faible pour Empowered (qui ne craquerait pas pour elle, je vous le demande), Le Dernier des Templiers et Black Summer. Et Nemi !
De Royo à Nemi, il y a tout un monde de différence. Quelle serait donc selon vous la ligne directrice de Milady Graphics, et comment la conserver malgré cette diversité ?
Comme je vous le disais, notre ligne est celle de Bragelonne et Milady. Ainsi, nous pouvons publier les maîtres de l’illustration de Fantasy, comme Royo, aussi bien que les aventures gothiques d’une héroïne qui semble jaillir d’un roman de bit-lit, comme Nemi. Comme dans nos catalogues de romans, les lecteurs peuvent choisir ce qui leur correspond le plus.
Comment positionner une telle collection face aux éditeurs « traditionnels » de comics en France, comme Panini ou Delcourt ? Tout le monde peut-il trouver sa place ?
Il me semble, oui. Notre ligne éditoriale n’est pas celle des autres éditeurs de comics. Vous ne trouverez que peu de comics tirés de romans de Fantasy, par exemple. À chacun son petit caractère, en somme. Et les rayons de comics, contrairement à ceux de la BD franco-belge, ne sont pas surchargés.
Quels liens établissez-vous entre Milady Graphics et sa « maison-mère » ? On sait par exemple que vous allez publier le comics Anita Blake.
Nous gérons nos catalogues en bonne intelligence. Tous les programmes éditoriaux (Milady, Milady Graphics et Bragelonne) sont coordonnés. C’est d’autant plus important que certains auteurs sont en effet publiés à la fois en romans et en romans graphiques. Vous citez Laurell K. Hamilton, mais on peut aussi retrouver RA Salvatore, Dragonlance, bientôt Raymond Feist et Jim Butcher, etc.
Quels sont les premiers retours de la part des professionnels, tel les libraires spécialisés ?
Il faudrait le leur demander directement ! Mais je peux déjà dire que l’accueil de la collection a été très positif. Les libraires se sont montrés très curieux de découvrir ce sang neuf !
Et de la part des lecteurs, bien sûr ?
Les réactions sur les forums (et celles que nous recevons par mail) sont élogieuses (merci !). Et nos lecteurs, ceux des romans j’entends, étaient ravis de découvrir une autre facette de leurs héros, et de se lancer avec nous dans une nouvelle aventure.
Comment s'organise votre travail au quotidien sur Milady Graphics ?
Il faut prospecter tous les jours, pour découvrir de nouvelles choses. Donc beaucoup de lecture. La négociation des contrats est un autre gros morceau du travail sur Milady Graphics, sans oublier les relations au long cours avec les agents, les éditeurs et les auteurs. Et bien sûr, la production elle-même : relire les traductions, relire les épreuves lettrés, etc.
Énormément de boulot donc ! Mais beaucoup de plaisir aussi.
Après la frénésie du lancement, comment voyez-vous l'avenir de Milady Graphics à moyen terme ?
Nous allons continuer sur notre lancée, à raison de trois titres par mois au minimum. Nous poursuivrons la publication des séries entamées, bien entendu, et nous y ajouterons de nouvelles choses (de nouvelles séries, mais aussi des one-shot ou des artbooks).
On sait que votre label est diffusé depuis le début par DDL et sera bientôt imité par Bragelonne à ce niveau. Est-ce que la volonté de sortir des ouvrages graphiques a motivé ce choix/changement ?
Non, pas vraiment. DDL est le diffuseur de Milady et donc, de fait, de Milady Graphics. Bragelonne pourrait très bien être diffusé par un tout autre intervenant, il n’y a pas d’obligation. Mais nous avons pu juger de l’excellente qualité du travail de DDL depuis juin 2008, et il n’y a pas meilleure façon de se faire une idée sur un partenaire professionnel.
Bragelonne et Milady se distinguent par un planning de sorties très riche. Milady Graphics compte-t-il/elle poursuivre dans cette voie ?
Si vous entendez par là éclectique, alors oui, Milady Graphics ne s’interdira pas d’aborder tous les genres de l’imaginaire. Si vous voulez dire « beaucoup de titres », alors non, pas tant que ça, quand même ! Mais trois ou quatre titres par mois, ce n’est pas si mal !
Quelle est votre vision sur le marché actuel de la fantasy, en France ou plus généralement ?
La Fantasy est désormais bien implantée dans les librairies françaises, même si on peut toujours mieux faire. D'ailleurs, de nombreux éditeurs l'ont compris et viennent enrichir les rayonnages avec de nouvelles collections et de nouveaux titres. De nouvelles tendances, aussi, comme la bit-lit, que Milady a tout particulièrement mise en avant, sur les traces de Bragelonne. On la retrouve beaucoup en BD franco-belge, moins au rayon comics.
Espérons qu'elle rencontre le même succès qu'au rayon romans. Mais pour cela, je fais confiance aux lecteurs !
Enfin, pour conclure, pourriez-vous nous présenter quelques futures sorties de la collection, pourquoi pas au-delà des sorties de fin d'année ?
Ce mois-ci sort Black Summer, de Warren Ellis et Juan Jose Ryp : l’un de mes titres préférés de la fin d’année. C’est, comme souvent avec Ellis, extrêmement bien vu. C’est un titre sans aucun compromis, très mature… très sanglant. Et une réflexion sur la violence politique, sur les limites à s’imposer pour faire le bien d’autrui… Et, en plus, c’est beau !
Il y aura aussi le artbook de Mélanie Delon, dans un genre plus romantique ! Mélanie Delon est sûrement déjà connue de nombreux lecteurs. Cela fait plusieurs années qu’elle fait parler d’elle grâce à ses incroyables tableaux réalisés à la palette graphique. J’ai rarement vu une telle maîtrise et un tel luxe de détails dans une illustration ! Elle sera l’une de nos invités au Salon du Livre de Paris, en mars 2010, avec Luis Royo.
Et l’année prochaine… difficile de choisir ! En janvier, nous publierons Les Abandonnés, de Scott Campbell, qui vous prouvera que les histoires de zombies peuvent parler d’amour. En février, Grandville, de Bryan Talbot, devrait faire parler de lui (et vous pourrez le retrouver au Salon du Livre, lui aussi). Et en mars, Scott Pilgrim, de Bryan Lee O’Malley : un phénomène qu’on retrouvera en 2010 au cinéma et en jeu vidéo.
Et plein d’autres choses, mais il faut garder quelques surprises !

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