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Un Port au Sud

Tome 2 du cycle : Les Chroniques de l'Empire
ISBN : 978-284362145-1
Catégorie : Aucune
Auteur : Georges Foveau (Proposer une Biographie)

Enquêteur émérite, Soze est envoyé à Pahar-Rémaé, le plus grand port du sud de l’empire Dlée. Le Premier Ministre Rahaguen lui ordonne de démanteler une organisation criminelle qui crible tout le territoire car, sous le trafic d’art, pointe le complot noir.
Drapé dans son apparence de fonctionnaire impeccable et zélé, Soze se retrouve confronté à des sujets méridionaux bien peu respectueux de l’autorité impériale. Ils vont le toucher par leur gouaille et leur sensibilité exacerbée. Déjà ébranlé dans ses convictions par son périple dans la Marche du Nord, Soze va rencontrer un poète insoumis, une danseuse au grand cœur et leurs complices, opposés à des notables douteux.

Critique

Par Duarcan, le 29/07/2010

Avec Un Port au Sud, Foveau nous emmène dans un monde symbolisé par l’antagonisme le plus évident de la Forêt primordiale, la Ville. Exit donc la forêt enchanteresse, la nature rude mais juste, le mode de vie primitif et respectueux des Louxouns, place à la ville et à la civilisation !
Un Port au Sud est avant tout le portrait d’une cité axée sur sa face cachée : bienvenue à Pahar Rémaé, cloaque géant, port où tout s’achète et se vend ; où le plus beau côtoie le pire. Assassinats, épidémies, sacrifices, sectes, trafics en tout genre sont le lot quotidien de ses habitants. Le lecteur suit Soze dans les miasmes putrides de la ville et la misère humaine dans toute leur splendeur. Foveau s’attache à reconstituer l’atmosphère étouffante et oppressante d’un port médiéval en pleine dégénérescence. Pahar Rémaé fait d’ailleurs beaucoup penser à Venise.
Cette deuxième enquête de Soze permet au lecteur de mieux se familiariser avec le monde de Foveau et l’empire Dlée évoqué en filigrane dans La Marche du Nord. Par l’intermédiaire du microcosme d’une ville, le lecteur suit Soze dans la déliquescence progressive de l’empire Dlée : troubles économiques, sociaux et surtout religieux. George Foveau construit un monde uchronique tout en évitant l’écueil du manichéisme, ce malgré une description d’un monde bien plus hypocrite et sombre que la nature sauvage du tome précédent.
Le style descriptif de l’auteur lui permet toujours de faire ressentir au lecteur l’atmosphère de l’enquête et du monde exploré. Néanmoins, le nombre conséquent de détails culturels, géographiques et sociologiques peu en rapport avec l’histoire principale crée un petit côté “ethnologue en balade” qui risque toujours d’agacer les lecteurs adeptes d’une fantasy plus épique.
Il est important de souligner de (très) nombreux changements stylistiques entre entre les deux livres qui risquent d’en surprendre plus d’un !
Tout d’abord, l’abandon de la narration à la première personne du « vieux Soze » et de ses incursions introspectives désabusées. Le récit s’en trouve du coup aéré et moins concentré sur le personnage principal. Par contre, l’essence du cycle est perturbée tant le décalage entre le 1er et le 2ème tome est conséquent. Exit également le rythme contemplatif et lent de La Marche du Nord : Soze est devenu un acteur des événements et non plus un témoin désabusé, ce qui affecte tout le rythme du récit, grandement accéléré, exception faite des 2-3 chapitres consacrés aux Louxouns.
Foveau intègre également plus d’éléments fantastiques dans son récit. Une quête épique portant sur l’ensemble de l’œuvre, où la magie de temps anciens semble jouer un rôle important, fait également son apparition. Elle est habilement amenée par le biais des découvertes de Soze sur une société secrète (fortement inspirée par la franc-maçonnerie). Cette quête vient progressivement supplanter la Némésis de Soze et assurer ainsi une continuité (à peu près) cohérente et (surtout) plus évidente avec la suite du cycle. En effet, Foveau semble avoir travaillé la transition vers ces prochains tomes. De fait, malgré une enquête résolue en un tome, Un Port au Sud donne déjà plus l’impression de faire partie d’un cycle suivi. Néanmoins, la transition entre le 1er et le 2ème tome laisse à désirer : une nouvelle sur un personnage secondaire bien construite mais totalement inexploitée par la suite, une ellipse de cinq ans au début du tome, sans grand intérêt et des résumés redondants du tome originel. L’auteur a un peu de  mal à lier son 1er tome, conçu comme un one-shot, avec un 2ème tome plus axé vers un cycle et stylistiquement aux antipodes. De plus, Foveau semble très soucieux de rendre ce 2ème tome lisible indépendamment de La Marche du Nord, tout en laissant la porte ouverte au développement d’un cycle. D’où une impression mitigée du lecteur de se laisser guider dans un tome « tampon » par un auteur bien intentionné mais quelque peu confus.
Foveau garde néanmoins son talent de conteur et sème même quelques pistes originales. L’intensité et la qualité du roman va clairement en crescendo. Après un démarrage trop chaotique et poussif, le récit trouve son rythme de croisière et emmène le lecteur vers un final qui augure du meilleur pour la suite du cycle. Dans l’ensemble, ce roman tome est bon sans être aussi dense, original et passionnant que La Marche du Nord.

7.5/10

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