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Talulla

Titre VO: Talulla Rising

Tome 2 du cycle : Le Dernier loup-garou
ISBN : 978-220711047-8
Catégorie : Aucune
Auteur : Glen Duncan

Après la mort violente de son amant Jacob Marlowe, qui se considérait comme le dernier loup-garou, Talulla, enceinte, s’est réfugiée en Alaska. Où elle vit loin de tout, sous la protection de son familier, Cloquet.
Attaquée par un petit groupe de vampires alors même qu’elle est en train d’accoucher, Talulla, grièvement blessée pendant l’assaut, voit son fils lui être enlevé.
Quelques jours plus tard, de nouveau sur pied, elle se renseigne sur ses agresseurs : les disciples de Remshi, une secte vampirique qui attend le retour de son messie, le plus vieux et le plus puissant de tous les vampires. Ce que la mère veut – retrouver son fils –, c’est la louve en elle qui va s’en charger.

Critique

Par Siriane, le 13/03/2014

Voici donc, toujours dans la collection Lunes d’encre de Denoël, la suite de l’excellent Dernier loup-garou de Glen Duncan. Ce nouveau roman s’inscrit à la fois dans la lignée du premier tout en offrant une thématique assez différente.
Dans Le Dernier loup-garou, on avait affaire à un héros solitaire, désabusé et résigné, en fin de parcours en somme (ou qui croit l’être). Le roman tournait autour du passé, de l’acceptation d’une mort imminente puis sur l’ironie d’une telle mort quand enfin, enfin, (mais trop tard) la vie pouvait prendre un sens. Dans Talulla, ces thèmes ne sont pas complètement abandonnés mais ne sont plus prépondérants. En effet, comme le titre le laisse supposer, on change de personnage principal / narrateur et ce changement fait toute la différence entre les deux romans. Talulla est bien comme Jake, loup-garou mais jeune, femme / femelle et au début du roman en passe de devenir mère (mère-célibataire qui plus est), ces trois caractéristiques entrainant des problématiques bien différentes de celles accompagnant le personnage du Dernier loup-garou. Ainsi, Talulla se révèle un roman tourné vers l’avenir et vers la vie et si la question centrale du texte reste la même - comment concilier l’inconciliable : être un loup garou c’est-à-dire un monstre qui doit dévorer ses semblables chaque mois, mais ne pas perdre son humanité - pour Talulla la question s’avère nettement plus complexe que pour Jake puisqu’il s’ajoute en particulier celle d’être loup garou et mère, c’est-à-dire déjà basiquement, de ne pas tuer sa progéniture puis d’être capable de l’aimer et de lui offrir un avenir.
Grâce à ce personnage et ses problématiques particulières, l’auteur nous offre donc une toute nouvelle perspective à la situation “humain-bête ” tout en abordant des thèmes plutôt originaux. On a en effet beaucoup plus de romans dans le créneau “vieux loup fatigué de la vie” que dans le créneau “mère et monstre” ! Il nous offre aussi un magnifique personnage, un portrait de femme, mère et loup garou criant de vérité. On ne peut que souligner avec quel talent, justesse et subtilité l’auteur (un homme) arrive à se mettre dans la peau de son personnage (féminin) et à retranscrire sa complexe situation sans jamais tomber dans la caricature que ce genre de personnage peu vite devenir.
Avec ce roman, l’auteur nous propose une histoire qui s’adapte au nouveau personnage - on a par exemple beaucoup moins de flashbacks - et apporte de nouveaux développements à l’intrigue générale débutée dans le roman précédent. On retrouve certains personnages secondaires avec au passage quelques intéressantes surprises et d’autres qui font leur apparition. Le tout donnant l’impression de s’étoffer et de ne plus être qu’exclusivement centré sur le narrateur.
Au niveau du rythme et du style, on retrouve les mêmes caractéristiques que pour le premier tome. Ce roman est plutôt court mais dense en péripéties, qui s’enchainent sans temps mort. Le livre se lit pratiquement en apnée et on n’a jamais le temps de s’ennuyer. On retrouve la narration à la première personne dans un style très direct mais que Glen Duncan sait faire évoluer en fonction de la situation du personnage. L’auteur confirme aussi son sens de la formule réussissant toujours à faire mouche avec un improbable mélange de crudité et de poésie. Certaines scènes du roman sont particulièrement dures (plus dures que dans le premier, attention âme sensible s’abstenir !) et décrites de façon complètement brut de décoffrage mais sans jamais tomber dans la gratuité ou le mauvais goût.
Comme dans Le Dernier loup-garou, on alterne récit d’action souvent brute ou crue et passages introspectifs, le personnage nous racontant sur le vif (on pourrait même dire dans le vif !) non seulement ce qu’elle vit mais aussi comment elle le vit. Sans le côté introspectif, on aurait un roman “bourrin” et superficiel, sans le côté action brute on aurait un roman toujours à la limite de l’ennuyeux, type Moi, Lucifer. Dans le cas présent, le côté intimiste donne de la profondeur et permet à l’auteur de creuser ses personnages jusque dans les tréfonds de leur intimité et le côté action bien relevée permet de donner du mordant au récit. De quoi se retrouver à la fois pris dans le flot des événements mais aussi dans celui des émotions, donnant un roman très fort mais aussi très vrai et très touchant par la justesse de son propos et de ses protagonistes.
Au bout du compte, grâce au personnage de Talulla, Glen Duncan continue son exploration de la dualité homme-monstre en nous offrant une nouvelle conception très originale du loup garou dans un roman un poil plus subtil et plus complexe mais tout aussi saignant, beau et émouvant que Le Dernier loup-garou. Le troisième tome, Rites de sang, est au programme de la collection pour novembre 2014.

8.5/10

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