Vous êtes ici : Page d'accueil > Fantasy > Cycle Romans Fantasy > Les Dossiers Cthulhu > Sherlock Holmes et les Ombres de Shadwell


Sherlock Holmes et les Ombres de Shadwell

Titre VO: Sherlock Holmes and the Shadwell Shadows

Tome 1 du cycle : Les Dossiers Cthulhu
ISBN : 979-102810749-9
Catégorie : Aucune
Auteur : James Lovegrove

Automne 1880.
Le Dr John Watson rentre d’Afghanistan. Blessé et prêt à tout pour oublier son passé, Watson voit sa vie changer lorsqu’il rencontre Sherlock Holmes. Le détective enquête sur une série de décès survenus dans le quartier londonien de Shadwell. Des victimes qui semblent mortes d’avoir été affamées pendant des semaines ont été retrouvées, alors qu’elles ont été vues en bonne santé à peine quelques jours plus tôt…
Holmes établit un lien entre les morts et un sinistre baron de la drogue qui cherche à étendre son empire criminel. Cependant, Watson et lui sont bientôt obligés d’admettre que des forces sont à l’œuvre dont la puissance dépasse l’imagination. Des forces que l’on peut invoquer, à condition d’être assez audacieux ou assez fou…

Critique

Par Nephtys, le 30/08/2018

Mêler le héros de Conan-Doyle, grand défenseur de tout ce qui est logique, à l’univers Lovecraftien se définissant par des horreurs…indéfinissables, pourquoi pas ? D’autres pastiches existent sur le sujet, ainsi qu’un jeu-vidéo. Que faut-il retenir du livre de Lovegrove ?
Tout d’abord : qu’il est beau. Ensuite… disons que la préface nous présente James Lovegrove, décidant d’aller jusqu’au bout de son délire en se faisant non pas l’écrivain, mais la personne se contentant de nous amener les manuscrits oubliés du Docteur Watson. Un procédé qui pourra paraître naïf à la lecture.
Si Sherlock Holmes est connu du grand public et possède de multiples visages et facettes de caractère souvent très différentes, voire en contradiction les unes avec les autres selon les versions, Lovegrove choisit de nous présenter un Holmes jeune (de même que Watson) afin d’expliquer le fait qu’il ne ressemble pas à celui de Conan-Doyle (étant décrit comme d’âge mûr dans les romans de son créateur). Est-ce que ça marche ? Pas vraiment : le tout, pétri de bonnes intentions, n’en reste pas moins artificiel. Holmes n’existe pas, son esprit légendaire est plus téléphoné qu’autre chose et les quelques rares descriptions que l’on a du détective sont recopiées mots pour mots ou presque, de Conan-Doyle. On pourra ainsi facilement reconnaître la métaphore du terrier… Les dialogues sont maladroits eux-aussi, artificiels à trop vouloir recopier un phrasé proche des romans du XIXe siècle. Un phrasé qui n’est pas maîtrisé. 
Pourtant, tout n’est pas à jeter : un passage émouvant est bien présent lorsque Watson évoque la manière dont il a retravaillé et remanié certains passages des aventures de Sherlock Holmes pour lui-même se permettre de faire son deuil dans une écriture cathartique. Et qu’en est-il de Lovecraft ? Disons que l’on a droit à tout ce qui dans l’imagerie populaire, constitue le mythe de Cthulhu. On ne prend néanmoins pas compte de toute l’horreur représentée, du fait d’une écriture trop froide et descriptive, correspondant bien plus à la partie « Sherlock Holmes ».Enfin, il y a l’enquête. A l’image du reste de l’ouvrage, celle-ci ne semble pas maîtrisée avec des indices tombant du ciel et des enjeux finalement peu définis.  
Pour conclure, Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell est un roman bancal,paré de bonnes intentions et de bonnes idées parfois, mais qui ne sait pas mélanger ses deux ingrédients principaux. On retiendra malgré tout l’objet-livre en lui-même, beau visuellement.

4.5/10

Discuter de Sherlock Holmes et les Ombres de Shadwell sur le forum.



Auteur


Dernières critiques

Derniers articles

Plus

Dernières interviews

Plus

Le héros de la semaine

Retrouvez-nous aussi sur :