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La Ville peu de temps après

Titre VO: The City, Not Long After

ISBN : 978-236183640-5
Catégorie : Aucune
Auteur/Autrice : Pat Murphy (Proposer une Biographie)

San Francisco, après l’apocalypse.
Dans la grande cité californienne, des artistes se sont forgés leur propre société, qui tend vers l’utopie — mais de l’autre côté de la Baie, des militaires s’agitent, décidés à mater ces doux rêveurs. Il va falloir lutter avec ses rêves — et peut-être avec l’aide de la ville elle-même.

Critique

Par Luigi Brosse, le 10/01/2022

La Ville peu de temps après est paru en 1989 en VO, à l’heure de la Guerre froide. Le roman se passe après que le conflit se soit éteint faute de participants : le monde entier ayant été décimé par une Peste globale et meurtrière. C’est donc avec un bel à-propos que les Moutons électriques nous offre une traduction de Patrick Marcel en 2021.
Vous l’aurez deviné, on est en plein dans le post-apo et Pat Murphy va nous faire découvrir ce monde d’après. Un monde où la nature a repris ses droits, le végétal faisant éclater le béton et l’asphalte, les animaux reprenant possession des parcs. Les humains, ce qu’il en reste du moins, sont regroupés en de petites communautés, qui cherchent à survivre en récupérant les miettes de ce qui n’est plus. Cela aurait pu donner un livre très classique, à l’ambiance dystopique et sombre, mais l’originalité de Murphy est au contraire d’en faire une utopie.
Un auteur m’a soutenu un jour qu’écrire une utopie était impossible car les lecteurs finiraient par s’ennuyer. La Ville peu de temps après est l’exception à cette règle alors, puisque d’ennui il n’y en a point durant les 256 pages du roman. Pour ce faire, Murphy introduit une galerie de personnages originaux et hauts en couleur.
On suit avec plaisir les descriptions de Danny Boy, qui s’est donné la tache de repeindre le Golden Gate en bleu, de La Machine, génie en robotique, convaincu de n’être plus lui-même qu’un être de métal ou encore de Mme Migsdale, dernière historienne de son époque. On découvre peu à peu leurs passés et leurs aspirations. On vibre avec eux lorsqu’ils tombent amoureux ou lorsqu’ils sont en deuil. À un rythme tout à la fois contemplatif et poétique, on prend peu à peu pied dans ce San Francisco, peuplé d’artistes.
Évidemment, ce tableau idyllique ne peut pas durer, car en face, une autre communauté fonctionne avec de toutes autres règles : un régime militaire patriotique et totalitaire. Figé dans le monde d’avant, le groupe mené par le général Miles ne peut tolérer le désordre et la liberté que représente San Francisco. Le tour de force de l’auteur est alors de ne pas céder à la facilité de mettre en scène une “bête” confrontation. Mais au contraire, de proposer une alternative créative pour que l’utopie perdure, en refusant la voie de la violence.
Jusqu’à sa toute fin, le livre est porteur d’un message bienveillant, choisissant sciemment de mettre l’accent sur la beauté, l’ouverture d’esprit et l’acceptation de l’altérité. C’est une vibrante ode au bonheur et à l’espoir, au changement et au renouveau. Plus de trente ans après sa parution originelle, la citation ci-dessous reste plus que jamais pertinente.

- Pourquoi bâtir quelque chose d’aussi beau si c’est pour qu’il soit détruit ?
- Parfois, on crée des choses qui ne dureront pas, rien que pour le plaisir de le faire. […] On fait ça pour soi, pas pour qui que ce soit d’autre. Quand on crée quelque chose de beau, on change. On met une part de soi dans ce qu’on crée. On est différent quand c’est fini. […] En se changeant, on change le monde. On le fait un peu plus sien. 

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