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L'Héritière

Tome 1 du cycle : Atlantis
ISBN : 978-201201352-0
Catégorie : Jeunesse
Auteur : Christine Féret-Fleury (Proposer une Biographie)
Auteur : Madeleine Féret-Fleury (Proposer une Biographie)

Depuis la disparition de ses parents, la jeune Adel Pullman n’a qu’un refuge : le grenier du sinistre orphelinat où elle est obligée de vivre. C’est là qu’elle fait deux découvertes surprenantes : le carnet de son père et un médaillon aux étranges pouvoirs, qui lui permet de basculer dans un autre monde. Ces objets ont-il un lien avec le continent englouti que le professeur Pullman recherchait quand il a disparu ? La légende d’Atlantis est-elle en train de renaître ? Adel se lance dans cette quête légendaire, seule. Seule ? Pas vraiment. Car un personnage mystérieux la poursuit sans relâche.

Critique

Par Aléthia, le 02/10/2008

Atlantis est le premier tome d’une nouvelle trilogie dont l’une des particularités tient dans le fait que le récit est écrit à quatre mains, par une mère et sa fille, Christine et Madeleine Féret-Fleury. L’autre particularité vient de l’axe narratif. Si je vous dis que ce récit débute à l’orphelinat où la petite Adel vit depuis la disparition de ses parents. Maltraitée par ceux qui sont censés l’élever, elle trouve refuge sous les toits où elle dévore en cachette nombre de récits d’aventures. Dotée d’un caractère décidé et combattif, Adel décide de s’enfuir pour échapper à son destin et partir à la recherche de ses parents, disparus dans le Nord lors de recherches scientifiques. Aidée par un jeune garçon naïf et une lutine, elle découvrira que son médaillon est une porte ouverte vers d’autres mondes. Ce récit ne vous évoque-t-il pas une certaine Lyra ? Toute ressemblance avec l’auteur des Royaumes du nord n’est absolument pas fortuite. Christine et Madeleine Féret-Fleury revendiquent d’ailleurs cette filiation jusque dans le patronyme de l’héroïne puisque cette dernière se nomme Adel Pullmann. L’originalité de sa trame narrative n’étant donc pas le point fort d’Atlantis, restent l’écriture et les personnages pour se faire une opinion plus nuancée de ce roman.
D’un point de vue strictement littéraire, le vocabulaire et les tournures employées dans Atlantis peuvent surprendre le lectorat visé si le lecteur en question manque de vocabulaire. En effet, Adel, tout comme le narrateur, s’expriment dans un français travaillé voir soutenu. Certains mots comme « rade » sont agrémentés d’une note explicative mais la trop grande majorité des termes utilisés en est privée. Cela reste donc bien insuffisant face à un vocabulaire souvent bien plus rare et recherché que « rade », comme « estaminet », « en tapinois » ou « morigéner ». Il faut reconnaître que cette envie d’offrir un vocabulaire riche et soigné est louable mais cette richesse tend à figer le récit dans un style vieillot, surtout dans la première partie, ce qui peut rebuter un lecteur occasionnel. A l’opposé, les noms des personnages sont par trop enfantins avec par exemple « Mr Rancune », « Melle Lelonbec » ou le peu subtilement nommé « Mr Sornois ».
Atlantis s’anime néanmoins grâce à ses personnages secondaires. En effet, la « verve populacière » de Marinette offre un contrepoids bienvenu au sérieux guindé d’Adel et insuffle un peu de vie au récit. Mais Marinette est surtout le premier personnage touchant de ce tome, car malgré les efforts des auteurs, on a beaucoup de mal à s’attacher à Adel. Elle semble froide, distante et peu naturelle, des sentiments renforcés par la rigidité de ses répliques et réfléxions. Heureusement, l’arrivée d’Aeilin va définitivement bousculer l’équilibre d’Atlantis. Cette princesse venue d’un autre monde éclaire le récit grâce à des remarques cinglantes et bien senties. Aeilin est pleine de vie, drôle et mutine. Pour elle, le voyage d’Adel est une vraie aventure et son enthousiasme finit par gagner le lecteur. Elle est le personnage le plus charismatique de ce roman. Cette lutine réveille à elle seule l’intérêt du lecteur et le maintient jusqu’à l’épilogue où enfin l’aventure semble prendre le pas sur le froid récit de manière tangible et vivante.
Atlantis pêche sans doute par envie de trop bien faire. Les nombreuses références à Pullman sont certes plaisantes, mais elles ôtent toute originalité au récit. Quand au vocabulaire, il se veut riche et varié mais il en devient maniéré et quelque peu daté. Néanmoins, grâce à des personnages secondaires attachants et à un sursaut dans l’action, Atlantis se clôt sur une impression plus positive que son début le laissait présager, ce qui permet d’envisager le tome deux avec curiosité mais sans enthousiasme.

5.0/10

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