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L'Enfant merehdian

Tome 1 du cycle : La Dernière Terre
ISBN : 978-291854107-3
Catégorie : Aucune
Auteur : Magali Villeneuve (Proposer une Biographie)

Un monumental ruban de pierre se dresse en sentinelle au bord des brumes éternelles.
Les hommes leur ont donné un nom : la Dernière Terre.
Dans la cité-capitale des Cinq Territoires, Cahir, jeune homme frêle, maladif, aux mœurs et aux allures bien éloignées des codes stricts qui font loi autour de lui, subsiste envers et contre la réprobation générale. Il est issu des Giddires, un peuple rejeté, au ban de la paix politique qui unit les autres contrées. Malgré cela, entre intelligence et ingénuité, il parvient à se rapprocher de certains locaux, dont Ghent, fils du Haut-Capitaine à la tête des forces militaires des Basses-Terres.
Au fil de ces jours paisibles, s’il advenait un événement capable de bouleverser tous les dogmes établis, quel poids l’existence de Cahir aurait-elle dans la balance des certitudes ?

Critique

Par Belgarion, le 25/01/2013

Après s’être construit une solide réputation d’illustratrice dans des univers des plus connus tels Star Wars ou Le Seigneur des anneaux, Magali Villeneuve s’est lancée dans l’écriture tout en restant dans les mondes de l’imaginaire.
Avec ce premier tome d’un cycle qui en comptera six, l’auteur nous présente un monde restreint protégé par une gigantesque muraille qui le protège des brumes qui rôdent au-dehors. Différents peuples aux caractéristiques marquées, qui ne sont pas sans rappeler les descriptions ethnologiques très manichéennes de David et Leigh Eddings pour décrire les habitants des différents pays du Ponant dans le Chant de la Belgariade, forment un patchwork de civilisations intrigant à défaut d’être réellement original. L’auteur nous fait notamment découvrir le peuple dominant des Agrevins, chez qui se déroule le plus clair de l’histoire et démontre ici son talent pour créer des coutumes et des modes de fonctionnement complexes et dépaysants. La mentalité pudique et étriquée de ce peuple, son obsession de l’ordre et du regard des autres sont très bien mises en avant et ne contribuent pas à le rendre particulièrement sympathique. De même, l’ordre militaire des arpenteurs, au cadre très strict, qui a pour tâche de protéger les murailles extérieures de l’Inconnu avec un grand “I” - vous avez dit la Garde de Nuit dans la saga du Trône de fer ? - est tout aussi bien présenté, avec un luxe de détails qui nous font apprécier à sa juste valeur l’importance et les coutumes de l’organisation.
L’intrigue, quant à elle, s’attache assez rapidement à quelques personnages marquants et explore leurs relations, qui petit à petit font avancer le récit. Ce sont ici les personnages qui constituent le moteur de l’intrigue de ce premier tome avec une Magali Villeneuve qui n’hésite pas à se transformer par moments en psychologue pour créer et faire évoluer des héros qui souffrent tous d’une carence quelconque dans leur personnalité. Que ce soit le Haut Garde Melgar qui semble incapable d’éprouver le moindre sentiment, Cahir le seul giddire de la cité agrevine qui souffre d’être rejeté par les habitants ou qu’il s’agisse du jeune 3ème année Ghent, le fils du Haut Capitaine, parfait en apparence mais qui ne peut exprimer le moindre sentiment sincère, tous sont décrits avec un talent qui, à défaut de les rendre sympathiques, crée un sentiment d’empathie chez le lecteur. Seul Cahir semble ici aborder un visage humain. A la différence des caractères hauts en couleur qui constituent souvent les groupes d’aventuriers dans les livres de David Gemmell ou de Sam Sykes, il n’y a aucune complémentarité et très peu d’empathie entre les différents héros de la Dernière Terre. Cette richesse dans les caractères très différents des personnages constitue un point fort du roman.
Le style de Magali Villeneuve est lui aussi agréable à lire, soutenu sans être trop complexe, avec souvent un joli sens de la formule dans les descriptions et la retranscription des états d’âme des personnages. La beauté et le réalisme émanant de la plupart des descriptions de paysages viennent sans conteste du talent d’illustratrice de l’auteur.
Cependant, s’il n’y a pas de gros défauts à souligner en-dehors de quelques maladresses, il convient de préciser que nous avons affaire à un simple tome d’exposition. Nous entrons lentement dans ce monde qui ne se révèle pas encore assez pour réveiller notre fibre d’explorateur d’univers de l’imaginaire. L’intrigue reste pour l’instant très obscure et les nombreuses ramifications qu’on lui devine ne sont pas encore clairement perceptibles par le lecteur.
En effet, le rythme de l’histoire est très lent et pour parler franchement, il ne se passe pas grand chose en 450 pages. Si ce n’était la galerie de personnages complexes, nul doute que l’attention du lecteur aurait du mal à rester concentrée sur l’intrigue proprement dite tout au long du récit.
Cette lenteur sous-jacente dans le premier tome n’est pas un défaut rédhibitoire, mais elle empêche de se plonger pleinement dans l’histoire et d’en apprécier l’originalité et la richesse.
Il faudra donc attendre la parution du deuxième tome pour confirmer les pistes intéressantes posées ici et pour apprécier le caractère ambitieux ou non du cycle.

6.0/10

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