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Tilda Swinton embrasse le Chaos

Par Joss, le mardi 28 juin 2005 à 14:53:19

Tilda Swinton, actrice reconnue, parle de sa carrière peu conventionnelle, depuis sa précoce et étonnante association avec Derek Jarman jusqu'à son rôle dans la future adaptation des Chroniques de Narnia de C. S. Lewis.

Embrasser le chaos

ARTS JOURNAL : Tilda, vous avez tourné une nouvelle version des très appréciées Chroniques de Narnia en Nouvelle-Zélande - est-ce un livre qui a joué un rôle dans votre propre enfance ?
TILDA SWINTON : Vous savez, il me semble que le monde est divisé entre les gens qui connaissent ce livre et ceux qui ne le connaissent pas, et je ne l’ai jamais lu. Je ne sais pas comment c’est arrivé. Je savais que c’était une sorte de talisman pour un grand nombre de personnes, mais je l’ai seulement lu lorsque l’on m’a demandé de jouer dans le film, donc je suis arrivée dans ce monde complètement novice de ce point de vue là.
AJ : C’est intéressant d’arriver sur ce projet sans idées préconçues ?
TS : Oui. J’ai l’habitude de lire des histoires aux gens et mon passé avec les contes de fées est assez long. Ce livre aurait probablement été sur la liste pour les jumeaux, un peu plus tard, c’était peut-être un peu tôt pour eux, mais je le leur ai lu quand même et il a passé le test !
AJ : Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce rôle ?
TS : Ce qui a vraiment éveillé mon intérêt est qu’il y a déjà une version très pauvre en dessin animé Américain des années 70, qui commence avec cette petite voix d’Américain qui dit « nous allons rester avec le professeur », et ça ne collait pas du tout. Premièrement, ils n’étaient pas Américains et ils ne vont pas simplement chez le professeur, ils sont évacués pendant un bombardement. Ce film propose ce background dès le début – c’est un groupe d’enfants qui sont envoyés dans un endroit sans leurs parents, et découvrent ce pays où ils peuvent influer sur les choses derrière le fond d’une armoire. J’ai trouvé émouvant que le film place cela de manière si iconique au début, et cela m’a conforté dans l’impression que cette adaptation allait être responsable. En faisant de petits films, vous devez vraiment embrasser le chaos et utiliser l’énergie du moment, mais avec les gros films, c’est sur une échelle de temps bien plus longue.
AJ : Vous jouez la méchante Sorcière Blanche ?
TS : Oui, et bien sûr, elle est l’archétype du mal. La Sorcière Blanche n’est même pas humaine – elle est l’essence du mal. C’est une tâche ardue de penser à ce qui est incompréhensible pour de jeunes enfants, et il m’est apparu que ce qu’ils trouvent le plus difficile n’est pas la colère, parce que les enfants se mettent en colère tout le temps – c’est la froideur, l’indifférence. Nous avons construit le personnage autour de cette idée, vraiment. Elle crée la froideur partout, une sorte d’hiver constant, c’était le point de départ et le point final de mon travail.
AJ : Vous avez aussi joué le rôle d’un personnage de fantasy dans Constatine - y a-t-il une différence entre composer un personnage fantasy et un personnage normal ?
TS : Je ne crois pas qu’il y ait de différence. Chaque histoire à laquelle vous participez est toujours une construction – même si vous jouez quelqu’un dans un cadre très réaliste, vous composez toujours un rôle et vous avez 90 minutes pour faire le tour d’une personne. Si vous êtes juste là pour quelques scènes, vous devez travailler très vite, et vous ne jouez jamais une personne réelle. Dans cette optique, jouer la Sorcière Blanche et jouer une femme au foyer qui fait la vaisselle est assez similaire. En réalité, c’est même plus facile quand le personnage n’est pas humain – c’est plus direct.
AJ : Comment cela s’est-il passé avec le réalisateur, Andrew Adamson?
TS : Très bien. Il a fait Shrek, bien sûr, et ces films sont maintenant parmi les plus rentables jamais réalisés, mais c’était une première pour lui sur notre film parce qu’il n’avait jamais dirigé un vrai film auparavant. Il est le roi des effets spéciaux – avant Shrek, il avait participé à Batman, et il est dingue des ordinateurs.
AJ : Il n’y avait pas vraiment de point commun avec votre propre travail, n’est-ce pas ?
TS : C’était très intéressant car quand nous avons commencé, il a insisté sur le fait que c’est la réalité de l’histoire qui l’intéressait, et je pense que les gens vont aimer voir à quel point ce premier film de Narnia est plus "réel" que ne l’ont été des films comme Le Seigneur des Anneaux. Vous allez voir de vraies personnes, avec de vrais visages et qui sont de vrais monstres, plutôt que la surenchère d’extras pour jouer des foules énormes, comme dans Le Seigneur des Anneaux. De ce point de vue, je crois que ce film est moins basé sur les effets spéciaux, et il était intéressant que lui, plus que tout autre, ait envie de faire "vrai" à nouveau, alors qu’il s’est tellement impliqué dans le monde des effets spéciaux. Il y a seulement 6 personnages humains, mais il y a relativement peu de choses faites par ordinateur. C’est intéressant, car on en voit tellement de nos jours, je me demande comment les enfants vont réagir à cela.
AJ : Il y a quand même un point commun avec Le Seigneur des Anneaux, c’est d’avoir tourné en Nouvelle-Zélande – comment cela s’est-il passé ?
TS : Les paysages sont fantastiques et c’est parfait pour Narnia. C’était idéal pour nous – je suspecte que les gens vont croire que certains paysages sont générés par ordinateur, mais ce n’est pas le cas. Cela ressemble un peu à l’Ecosse mythique en fait, c’est un endroit extraordinaire. Andrew est un Kiwi lui-même, et cela allait évidemment dans une logique financière, mais c’est un lieu merveilleux pour travailler.
Pour moi, faire des films est très important. Faire partie d’une équipe et savoir comment se passent les choses est crucial pour moi.

Article originel, Juin 2005


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