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Visite de la Table de Pierre

Par Guybrush, le jeudi 11 août 2005 à 17:49:40

Et voici un nouveau reportage dans les coulisses de l'adaptation de l'Armoire Magique, cette fois-ci pour découvrir plus en détail la Table de Pierre !

4ème reportage sur les plateaux de Narnia : La Table de Pierre

Cette semaine je visite pendant la soirée. Une équipe du film travaille tôt le matin jusqu'au milieu de l'après-midi ; la deuxième équipe commence à 13 heures et travaille jusqu'à 1 heure du matin. Avant de les voir, je jette un coup d'oeil à certains lieu qui commencent à sembler familier - la cour de la demeure de la Sorcière, et la grande salle de Cair Paravel. La cour dégage la même impression que la salle publique que j'ai vue l'autre semaine - une architecture dure, sombre chargée de glace et de neige. Les glaçons sont fait de fibre de verre. L'odeur vive de la fibre de verre emplit la cour. C'est une odeur excitante dont je me rappelle du passé, quand je regardais mon frère faire éclore un nouveau kayak hors de son moule, tout prêt à être peint et terminé. Vous pouvez faire tant de chose à partir de fibre de verre que son odeur même semble sortir de l'imagination.

Ce qu'une équipe de onze sculpteurs a fait pour Narnia, ce sont des douzaines de créatures : des Narniens qui ont été gelés dans la pierre par la Sorcière. Ce sont des sculptures étonnantes - d'une façon ou d'une autre leurs surfaces sont profondément texturées, avec la fourrure implantée dans des points précis comme des cheveux mouillés, et pourtant complètement gris et sans vie. Je peux voir à partir d'une patte cassée d'ours que chaque créature est créée autour d'un noyau de polystyrène avec de la fibre de verre formant une écorce à l'extérieur. Mais c'est une modélisation incroyablement détaillée, et les poses sont très ressemblantes. Vous pouvez voir des yeux, des cheveux, des dents, tout dans la même substance grise semblable à de la pierre. Les expressions de peur et de désespoir sur leurs visages sont claires et troublantes.

La cour est enneigée avec de la fausse neige étrangement cireuse mais à l'aspect réaliste. Un arbre mort suspendu avec des glaçons se tient au milieu de la cour, avec un aigle gelé sur l'arbre. D'autres créatures sont dispersées, posant immobiles en pleine action violente. Je vois un centaure mâle et une femelle, un ours, une panthère, un griffon, un géant (modélisé sur un vrai grand type, d'après ce que j'ai entendu), et un faune. Je ne peux pas confirmer s'il s'agit de Tumnus, qui pourrait vivre ce destin après son passage dans le donjon. Il y a une lionne. Je ne vois pas de statue de Lion pour Aslan à réveiller. Il pourrait avoir été ici plus tôt - selon mon guide Ernie, il y avait environ 70 créatures de pierre ici lorsqu'ils tournaient. Maintenant ce plateau est prêt à être démoli, et plusieurs des créatures de pierre ont été déplacées sur l'Ile Sud où elle feront partie de la scène de la grande bataille.

J'aime assez l'idée d'Aslan réveillant une lionne avec son souffle, plutôt qu'un lion. Cela serait vraiment adorable. Cela n'entrerait pas en conflit avec la personnalité du lion que Lewis à écrite, car il possède un charme étourdissant. En faire plutôt une lionne présente aussi l'avantage qu'une fois que la créature de pierre reprend vie, le public ne peut pas la confondre avec Aslan.

L'endroit suivant que nous visitons n'est pas encore terminé. C'est la grande salle de Cair Paravel, et il reste une semaine. Les piliers que j'ai vus qui étaient peints et dorés la dernière fois sont maintenant en position. La pièce ressemble plus à une grande église spacieuse, avec des rangées d'arches entre les piliers. Le sol est couvert de motifs en mosaïque, alternant marbre et céramique. Blanc cassé, rose et vert sont les couleurs prédominantes. Des rangées de lumières se tiennent en attente derrière les arches, prêtes à donner l'illusion d'une journée brillante venant des fenêtres voûtées.

Dominant une partie de la salle se trouve une énorme fenêtre de verre teinté qui va presque du plafond au sol. Des vitres de couleur se déploient en éventail comme des queues de paon et il y a des panneaux remplis avec des fleurs et des feuilles dans des couleurs douces. Comme cela ressemble vaguement à une église, je suis à la recherche de saints, de croix, de roses et de coeurs. Je me demande si l'image chrétienne de notre monde se recouperait dans Narnia, mais bien entendu l'histoire de Narnia est différente de la notre. Je devrais vraiment chercher une image de la Table de Pierre où un de nos bâtiments se recouperait. Dans Cair Paravel les symboles de Dieu sont des images du Printemps, et tout ce que vous voyez, les formes et couleurs des bourgeons et des fleurs, pleines de la promesse de vie et de croissance.

En partant de là, nous allons sur le plateau de travail pour cette nuit. C'est la Table de Pierre ! C'est un énorme hangar à avion. A l'intérieur ils ont mis en place un sommet de colline complet, couvert d'herbe vivante et de pierres grises qui dépassent du sol. De large marches faites de pierres tachées de lichen mènent à la plateforme de pierre au sommet. Le temps ou un cataclysme à craquelé les marches du bas au sommet. La table cependant est encore entière. Elle a l'aspect maintenant familier du mal à Narnia : c'est bas, robuste, lourd et carré. Un profond sillon ou biseau traverse les côtés, avec des mots gravés dans un texte qui ressemble vaguement à du grec, seulement avec plus de courbes. C'est en lettres séparées, pas appondu comme l'Elfique ou angulaire comme des runes. Des pierres grises à l'aspect éclaté, peut-être 4 mètres 50 de haut, entourent la Table de Pierre sur trois côtés.

Tout cela est difficile à observer parce que le plateau est en état de complète folie. Des douzaines de personnes courent en portant des câbles ou en manipulant des lumières ou en mettant en place la caméra sur une grue (ce qui signifie que nous verrons des plans aériens de tout ça plus tard). Les figurants sont déjà sur le plateau, généralement en train de se préparer vu que le tournage ne semble en tout cas pas prêt. De grands et moches géants, dans des costumes grossissants sont assis et transpirent, sans porter leurs têtes de géants en latex pour l'instant. (Un des créateurs de masque à qui j'ai parlé plus tard m'a dit en plaisantant qu'ils ne portent pas de costumes grossissants, et n'ont pas vraiment besoin des masques moches non plus, mais c'est juste de la calomnie). Une foule irrégulière se forme tandis que quelqu'un range les torches de pétrole qu'ils répandront quand le temps viendra. Il y a tout le chaos résolu des plateaux du film qui continue de faire monter l'adrénaline de toutes les personnes impliquées.

Le contraste total de tout cela est le modèle d'Aslan. Deux modèles en fait, qui reste complètement tranquille au milieu de tout ce chaos. Un reste attaché et tenu par un licol au sommet de la Table, et je ne peux pas m'approcher de celle-ci à cause de la foule formée par l'équipe du film. Je pense que le lion de la table est l'Aslan animatronique, qui d'après ce que j'ai entendu existe, malgré la déclaration qu'Aslan serait « à 95% virtuel ». Ils auront besoin de quelque chose de solide que les esclaves de la Sorcière peuvent soutenir physiquement et qui peut répondre aux huées de la foule. Mais il y a un deuxième Aslan abandonné dans un coin du plateau, où je peux m'approcher assez près. Il semble étonnamment réel, jusqu'aux yeux mi-clôt étincelants, toute la crinière sombre, l'ivoire teinté de ses dents et la fourrure touffue de ses énormes pattes. (Avez-vous jamais remarqué combien certains énormes chats - et chats de maison - développent ces touffes qui poussent entre les coussinets de leurs pattes ?)

Je devrais ressentir quelque chose de plus - de la crainte mêlée de respect peut-être ? Après tout, c'est Aslan ! Mais je prends conscience, pas pour la première fois, que le cinéma est un art qui combine un monde de différents talents pour créer la magie. Pas une seule chose n'a cette magie en elle. Les acteurs sont juste des gens, leurs répliques simplement des mots, la musique juste des mélodies, cet Aslan simplement un accessoire. Mais des centaines de personnes très talentueuses, peut-être plus d'une centaine de personne, vont donner leur meilleure inspiration et travailler dur pour combiner les centaines d'éléments qui font un film. Comme tout ceux qui ont ressenti une crainte mêlée de respect et qui ont été inspirés par un film le savent, la somme d'un tout est plus importante que les parties séparées. Cet accessoire représentant Aslan n'est rien comparé à celui que nous verrons quand il fera partie du drame et de la tension de l'histoire, quand il y aura de la musique et de l'éclairage et du son et une voix pour lui donner un sens.

Mais il est magnifique. J'ai soulevé un des membres, et c'est doux et couvert de fausse fourrure rêche, à l'aspect réaliste. Il s'agit en fait d'un jouet géant et doux, mais en bien plus convaincant. Il est attaché avec une sorte de grosse ficelle noire et solide, et un licol garde sa bouche fermée. Comme dans le livre, vous avez l'impression que cela n'aurait jamais pu être fait sans son consentement, et pourtant il y a quelque chose de malveillant avec ces attaches, et la façon dont le corps repose là si mou et si pathétique.

Malheureusement je dois partir avant de voir la scène dramatique qui se déroule sur la Table de Pierre - ils sont loin d'être prêts à commencer, et mon guide ne peut pas rester jusqu'à ce qu'ils commencent. Mais j'ai pu parler à certains des magiciens qui font les masques et leur donnent vie devant la caméra, et ce sera le sujet de mon prochain reportage.

Article originel, par Tehanu


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