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Howard Berger et Dean Wright prennent la parole !

Par Thys, le mercredi 22 août 2007 à 13:04:34

Troisième et dernière traduction pour cette série d'interviews audios enregistrées lors de la dernière Comic-Con !
Si les effets spéciaux vous passionnent et que ceux du Monde de Narnia vous ont plu, alors attendez-vous à encore mieux pour la suite ! Mais si, c'est le responsable des créatures et le superviseur des effets spéciaux qui vous l'affirment.
A vous de vous faire votre propre idée...

L'interview proprement dite

Howard, qu'avez-vous fait pour le Prince Caspian qui puisse se comparer au personnage de James ?

Howard Berger : Oh oui, M. Mc Avoy. En fait, il y a l'un des premiers personnages que nous avons créés, Trumpkin le Nain, joué par Peter Dinklage. Pour moi, c'est notre M. Tumnus. Il y a vraiment quelque chose avec Peter Dinklage. Il a des yeux de rêve, vraiment expressifs. Il est le James Mc Avoy de ce film. Nous avons pu redévelopper les nains sur ce film. Je n'étais pas vraiment content du résultat sur le premier film, idem pour les acteurs – il s'agissait simplement de gens de petite taille originaires de Thaïlande ou d'Inde, mais ce n'étaient pas des acteurs, juste des gens petits. Cette fois, nous en avons vraiment parlé avec Andrew, et avons décidé de caster de véritables acteurs nains. Peter Dinklage, qui est probablement le meilleur – et puis Warwick Davis pour jouer Nikabrik, nous avons donc du créer de beaux maquillages. Tami Lane, qui a co-remporté l'Oscar avec moi, a fait le maquillage de Peter Dinklage, et Sara Rubano celui de Nikabrik. Ils sont vraiment beaux.
C'est intéressant – en regardant Peter on a l'impression que son maquillage est minimal mais il a une prothèse totale du nez, de grandes oreilles et tous ses cheveux sont faux parce que nous lui avons entièrement rasé la tête. Quant a Warwick, il a un maquillage impressionnant : un masque en gélatine complet sur le visage, des oreilles, des cheveux. C'est super de pouvoir remodeler des personnages ainsi, surtout quand il s'agit de personnages dont je n'étais pas satisfait dans le premier film et qu'ils sont désormais étonnants. Je pense que ces deux personnages sont l'âme de ce film.

A-t-il été difficile de trouver des personnes de petite taille ?

HB : Relativement, oui. Andrew n'avait vraiment pas beaucoup de choix.

J'allais justement le dire, il ne devait pas y en avoir beaucoup.

HB : En effet.

Dean Wright : Ce sont de très bons acteurs.

HB : Exactement. Au début ils voulaient aller prospecter pour voir qui ils pouvaient trouver, mais Peter a toujours été le premier choix. Et nous commencions à dessiner – avant que Peter soit recruté – d'après son apparence. Tout a parfaitement marché. Nous avons croisé les doigts...ils avaient Peter, puis ne l'avaient plus, puis l'avaient, et plus. Et, finalement, ils l'ont eu in-extremis.

Pourquoi ?

DW : Les affaires. Nous hésitions, allions-nous faire comme pour les hobbits, prendre des acteurs de taille normale, les maquiller puis les réduire ? Mais nous ne voulions pas cela, parce que ce film a déjà assez d'effets spéciaux en l'état.

HB : Et il y a tellement d'interactions entre Trumpkin et les enfants ; il est dans de très nombreuses scènes. Mais Peter nous a amené tellement. Et puis, c'est bien pour lui aussi. Sur le premier film, mon équipe et moi sommes devenus très proches de James, c'est la même chose sur ce film. On passe toute la journée ensemble. On commence dès 3 heures du matin, et on rentre chez nous en même temps.

DW : Peter aussi est super – il est très drôle.

Le Prince Caspian se déroule 80 ou 100 ans plus tard...

DW : En fait, c'est 1.300 ans plus tard.

Oh, 1.300. Donc l'esthétique est évidemment différente...

DW : C'est dramatiquement différent. Bien plus sauvage, et je pense que ce film est plus sombre, ce qui se reflète jusque dans les personnages, et finalement, les effets spéciaux. En gros, les enfants retournent à Londres pendant un an, et lorsqu'ils retournent à Narnia, ils espèrent retrouver le monde qu'ils ont quitté. Ils tombent sur les ruines de Cair Pavel qui a été détruit dans une bataille et a été recouvert par la végétation, et ils se demandent ce qu'il s'est passé. Au cours de l'histoire, ils découvrent qu'après leur départ, les Telmarines ont éliminé tous les Narnians. Ils se sentent coupables de cela, même si ce n'était pas leur intention. Ils doivent alors aider le Prince Caspian et ce qu'il reste de réfugiés Narnians (un mouvement clandestin de résistance) à reprendre Narnia et ramener la paix.

C'est donc moins fantasy et plus médiéval...

DW : Oui. Les châteaux et tout le reste s'inspirent de l'Espagne, et Isis (des costumes) s'en est beaucoup servi pour les costumes et les armures. Je sais qu'Howard a passé beaucoup de temps sur les personnages avec son équipe et que son équipier Greg Nicotero a beaucoup travaillé pour dessiner les personnages avec des variantes, et de différents âges. C'est beaucoup plus de travail pour nous car nous devons créer de plus en plus de différents types pour que cela corresponde.

En particulier à cause des traits spirituels qui ont été soulignés dans le premier film – à quel point cela influe-t-il sur votre travail ? Ou bien créez-vous les personnages littéralement ?

HB : Lorsque nous avons dessiné les Narnians, je ne pensais pas du tout à cela en fait...

DW : Je pense que tout est dans le livre, n'est-ce pas ?

HB : Oui, le livre est la source de tout. C'était le cas aussi sur le premier film, où il fallait coller à l'image qu'Andrew s'était fait des choses lorsqu'il avait lu le livre étant petit. C'est un peu la même chose. Andrew est une grande source d'inspiration et d'information.

DW : Mais il vous laisse aussi une chance de créer quelque chose de différent.

HB : Il ne contrôle pas. C'est un réalisateur parfait, pour dire la vérité, parce qu'il fait confiance. Et une fois qu'il vous fait confiance – parce que sur le premier film nous ne nous connaissions pas, et il devait un peu tenir les rênes – il lâche un peu la bride et c'est là que nous avons fait les nains, et les satyres, tout ça, et que nous avons tout revisité.

DW : J'aime vraiment le dessin des satyres. Sur le dernier film, c'était devenu un problème financier parce qu'Andrew voulait que les satyres soient entièrement en effets spéciaux, mais quelques semaines avant le tournage il s'est rendu compte qu'il ne pouvait pas se le permettre...et Andrew a du dessiner quelque chose.

HB : On a donc fait un paquet de satyres. Mais ils étaient à base de maquillage et nous n'avons jamais eu le temps de réellement y réfléchir, alors que cette fois nous avons pu le faire, et nous avons aboutit à quelques bons artwork préparatoires. Je pense que ça sera vraiment fantastique.

DW : Le but est que les créatures humanoïdes ressemblent à des humanoïdes, et les autres, non. Que ce soit un loup-garou ou un satyre, ils ne devraient pas ressembler à un humain, Howard a donc fait un super travail sur la partie supérieure du corps, et puis il nous a fallu rajouter le bas !

HB : C'est ce qui est vraiment cool ! Lorsque j'ai vu L'armoire magique pour la première fois et que j'ai enfin vu M. Tumnus avec des jambes, j'ai pris une grande respiration tellement c'était fantastique de le voir enfin fini – j'avais tellement l'habitude de voir James déambuler dans un pantalon vert, j'ai poussé un gros soupir. Et je me rappelle que l'un de mes enfants m'a donné un coup de coude pour me faire taire. C'était vraiment terrible, et ça m'a vraiment embarqué dedans. Ce sera la même chose ici. Lorsqu'on a vu des rushs – parce que Andrew aime bien découper les choses et montrer à l'équipe juste de quoi maintenir leur enthousiasme – il y avait des choses assez spectaculaires, c'est très excitant.

DW : Il a vraiment mis la barre plus haut pour nous tous, aux effets spéciaux. Nous sommes partis en pensant que nous avions 1.500 prises. Sur le dernier film, nous étions partis avec 800 avant que ça augmente énormément. Cette fois, on a démarré avec 1.500, et on ne sait pas où on va finir. Nous n'avons pas autant de temps, nous continuons à tourner et nous devons livrer le film pour une sortie en avril ou mai. Il y a au moins deux ou trois équipes qui tournent simultanément en ce moment, et puis l'équipe des maquettes commence la semaine prochaine, ça se fait en Nouvelle-Zélande. On a donc des équipes qui tournent partout en République Tchèque, et une autre à l'autre bout du monde...on travaille 24h/24, il faut tout surveiller et, avant qu'on s'en rende compte, il y a des centaines de prises sur le feu.
Nous avons déjà commencé à livrer certaines choses. Nous employons un tout nouveau groupe d'entreprises. Nous sommes basés à Londres cette fois, parce qu'ils voulaient que le film soit considéré comme un film britannique, nous avons donc confié le travail à certaines des meilleures compagnies de Londres, nous travaillons également avec Weta Digital cette fois. Ainsi, entre les demandes de création d'une toute une nouvelle série de créatures que nous devons amener à la vie, ce en quoi Howard nous a aidé, nous sommes allés voir les entreprises – comme Reepicheep, les souris, et Trufflehunter le blaireau. Il y a de nouveaux castors et des loups pour ce film.
Et nous avons beaucoup plus de travail sur les décors. Il y a ce château. C'est un plateau énorme à construire à Prague, dans les studios Barrandov, mais il ne s'agit encore que de la cour. Et puis, il y a des tours, et des tours, et des tours qui vont tout autour et nous commençons à tourner dans quelques semaines - je ne sais pas si vous avez vu le petit clip que nous avons fait, mais dans cette bataille les griffons sont de retour, et cette fois ils aident à porter les enfants au cœur de la bataille, ils attaquent par surprise et volent tout autour du château. Nous avons donc des plateaux qui consistent en une ou deux tours, et nous devons les agrandir pour les rendre de plus en plus grands pour qu'ils aient l'air réels. C'est pourquoi nous nous sommes adressé à Weta, Alex Funke et son équipe de miniatures qui ont travaillé sur le Seigneur des anneaux, parce qu'ils ont fait un travail fantastique et qu'ils vont nous aider à l'amener à la vie.

HB : Nous avons fait beaucoup plus appel aux miniatures sur ce film que sur le précédent.

DW : Nous avions juste fait quelques maquettes pour la traversée de la rivière, quelques extensions, et le gros effondrement, mais ici il y a des centaines de prises dans le château. Il y a aussi un gros effort au niveau de la bataille. A la fin, on va sans doute arriver à 1.600 ou 1.800 prises. Ca pourrait même atteindre les 2.000, mais les studios ne voudront jamais (ne leur dites pas que j'ai dit ça ! rires). Ce sont des prises complexes. Il y a des prises avec l'armée qu'Isis a habillée – mais ils sont 200, et il nous en faut 5.000 ou 8.000. Il y a toutes les créatures d'Howard qu'il faut 8 heures pour préparer – 6 heures le temps qu'elles passent par nous, l'habillage et tout le reste. Et puis on tourne encore avec elle pendant 8 heures, donc la plupart de leur journée durent bien 16 heures.

HB : Je me rappelle des prises de l'attaque du château, avec toutes ces créatures courant avec leurs collants verts, et je me suis dit ^^Mon Dieu, Dean va devoir animer toutes ces jambes !. Il y en a des centaines.

DW : Heureusement, il y a un bon millier de mes amis proches qui vont venir nous aider. (rires).

HB : C'est vrai, depuis chez eux. Et tes enfants s'y mettent aussi. Ce sont presque des robots.

DW : Exactement. En fait mes enfants vont apprendre à utiliser le rotoscope.

HB : Ils devraient. Chaque enfant devrait savoir ça ! (rires).


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