HB : Lorsque nous avons dessiné les Narnians, je ne pensais pas du tout à cela en fait...
DW : Je pense que tout est dans le livre, n'est-ce pas ?
HB : Oui, le livre est la source de tout. C'était le cas aussi sur le premier film, où il fallait coller à l'image qu'Andrew s'était fait des choses lorsqu'il avait lu le livre étant petit. C'est un peu la même chose. Andrew est une grande source d'inspiration et d'information.
DW : Mais il vous laisse aussi une chance de créer quelque chose de différent.
HB : Il ne contrôle pas. C'est un réalisateur parfait, pour dire la vérité, parce qu'il fait confiance. Et une fois qu'il vous fait confiance – parce que sur le premier film nous ne nous connaissions pas, et il devait un peu tenir les rênes – il lâche un peu la bride et c'est là que nous avons fait les nains, et les satyres, tout ça, et que nous avons tout revisité.
DW : J'aime vraiment le dessin des satyres. Sur le dernier film, c'était devenu un problème financier parce qu'Andrew voulait que les satyres soient entièrement en effets spéciaux, mais quelques semaines avant le tournage il s'est rendu compte qu'il ne pouvait pas se le permettre...et Andrew a du dessiner quelque chose.
HB : On a donc fait un paquet de satyres. Mais ils étaient à base de maquillage et nous n'avons jamais eu le temps de réellement y réfléchir, alors que cette fois nous avons pu le faire, et nous avons aboutit à quelques bons artwork préparatoires. Je pense que ça sera vraiment fantastique.
DW : Le but est que les créatures humanoïdes ressemblent à des humanoïdes, et les autres, non. Que ce soit un loup-garou ou un satyre, ils ne devraient pas ressembler à un humain, Howard a donc fait un super travail sur la partie supérieure du corps, et puis il nous a fallu rajouter le bas !
HB : C'est ce qui est vraiment cool ! Lorsque j'ai vu L'armoire magique pour la première fois et que j'ai enfin vu M. Tumnus avec des jambes, j'ai pris une grande respiration tellement c'était fantastique de le voir enfin fini – j'avais tellement l'habitude de voir James déambuler dans un pantalon vert, j'ai poussé un gros soupir. Et je me rappelle que l'un de mes enfants m'a donné un coup de coude pour me faire taire. C'était vraiment terrible, et ça m'a vraiment embarqué dedans. Ce sera la même chose ici. Lorsqu'on a vu des rushs – parce que Andrew aime bien découper les choses et montrer à l'équipe juste de quoi maintenir leur enthousiasme – il y avait des choses assez spectaculaires, c'est très excitant.
DW : Il a vraiment mis la barre plus haut pour nous tous, aux effets spéciaux. Nous sommes partis en pensant que nous avions 1.500 prises. Sur le dernier film, nous étions partis avec 800 avant que ça augmente énormément. Cette fois, on a démarré avec 1.500, et on ne sait pas où on va finir. Nous n'avons pas autant de temps, nous continuons à tourner et nous devons livrer le film pour une sortie en avril ou mai. Il y a au moins deux ou trois équipes qui tournent simultanément en ce moment, et puis l'équipe des maquettes commence la semaine prochaine, ça se fait en Nouvelle-Zélande. On a donc des équipes qui tournent partout en République Tchèque, et une autre à l'autre bout du monde...on travaille 24h/24, il faut tout surveiller et, avant qu'on s'en rende compte, il y a des centaines de prises sur le feu.
Nous avons déjà commencé à livrer certaines choses. Nous employons un tout nouveau groupe d'entreprises. Nous sommes basés à Londres cette fois, parce qu'ils voulaient que le film soit considéré comme un film britannique, nous avons donc confié le travail à certaines des meilleures compagnies de Londres, nous travaillons également avec Weta Digital cette fois. Ainsi, entre les demandes de création d'une toute une nouvelle série de créatures que nous devons amener à la vie, ce en quoi Howard nous a aidé, nous sommes allés voir les entreprises – comme Reepicheep, les souris, et Trufflehunter le blaireau. Il y a de nouveaux castors et des loups pour ce film.
Et nous avons beaucoup plus de travail sur les décors. Il y a ce château. C'est un plateau énorme à construire à Prague, dans les studios Barrandov, mais il ne s'agit encore que de la cour. Et puis, il y a des tours, et des tours, et des tours qui vont tout autour et nous commençons à tourner dans quelques semaines - je ne sais pas si vous avez vu le petit clip que nous avons fait, mais dans cette bataille les griffons sont de retour, et cette fois ils aident à porter les enfants au cœur de la bataille, ils attaquent par surprise et volent tout autour du château. Nous avons donc des plateaux qui consistent en une ou deux tours, et nous devons les agrandir pour les rendre de plus en plus grands pour qu'ils aient l'air réels. C'est pourquoi nous nous sommes adressé à Weta, Alex Funke et son équipe de miniatures qui ont travaillé sur le Seigneur des anneaux, parce qu'ils ont fait un travail fantastique et qu'ils vont nous aider à l'amener à la vie.
HB : Nous avons fait beaucoup plus appel aux miniatures sur ce film que sur le précédent.
DW : Nous avions juste fait quelques maquettes pour la traversée de la rivière, quelques extensions, et le gros effondrement, mais ici il y a des centaines de prises dans le château. Il y a aussi un gros effort au niveau de la bataille. A la fin, on va sans doute arriver à 1.600 ou 1.800 prises. Ca pourrait même atteindre les 2.000, mais les studios ne voudront jamais (ne leur dites pas que j'ai dit ça ! rires). Ce sont des prises complexes. Il y a des prises avec l'armée qu'Isis a habillée – mais ils sont 200, et il nous en faut 5.000 ou 8.000. Il y a toutes les créatures d'Howard qu'il faut 8 heures pour préparer – 6 heures le temps qu'elles passent par nous, l'habillage et tout le reste. Et puis on tourne encore avec elle pendant 8 heures, donc la plupart de leur journée durent bien 16 heures.
HB : Je me rappelle des prises de l'attaque du château, avec toutes ces créatures courant avec leurs collants verts, et je me suis dit ^^Mon Dieu, Dean va devoir animer toutes ces jambes !. Il y en a des centaines.
DW : Heureusement, il y a un bon millier de mes amis proches qui vont venir nous aider. (rires).
HB : C'est vrai, depuis chez eux. Et tes enfants s'y mettent aussi. Ce sont presque des robots.
DW : Exactement. En fait mes enfants vont apprendre à utiliser le rotoscope.
HB : Ils devraient. Chaque enfant devrait savoir ça ! (rires).