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Douglas Gresham parle du Prince Caspian

Par Guybrush, le vendredi 30 mars 2007 à 16:14:50

Coproducteur du Monde de Narnia et fils adoptif de C.S. Lewis, Douglas Gresham nous parle, entre autres autres, du tournage du Prince Caspian, le second épisode de la saga cinématographique en devenir.
Nous sommes déjà revenus sur cet entretien à travers une brève il y a de cela quelques jours à peine, mais voici désormais la traduction complète de cette très intéressante discussion !

Entretien radiophonique avec Douglas Gresham

Rob Holding : Quelles sont vos impressions par rapport à l'étape néo-zélandaise du tournage ?

Douglas Gresham : Encore une fois, totalement sublimé par les merveilleuses valeurs scéniques et d'éclairage que vous trouvez en Nouvelle-Zélande, c'est un endroit merveilleux pour filmer en extérieur… bien entendu il y a le problème de l'absence de studios vraiment valables et de ce genre d'installations. C'est incroyable pour moi parce qu'on dispose d'un des meilleurs endroits au monde, si ce n'est pas le meilleur, on a une des meilleures équipes que j'aie jamais rencontré au monde, certains des meilleurs artistes et techniciens, et pourtant on n'a aucune installation pour les soutenir correctement, ce qui est un peu dommage.

Rob : Oui, et cela pourrait causer quelques problèmes pour L'Odyssée du Passeur d'Aurore parce que je sais que les Australiens cherchent ça avec leur grand réservoir d'eau.

Doug : Eh bien, ce ne sont pas les seuls - Je veux dire que peu de gens sont sur le prochain film ; nous devrons juste patienter pour voir ce qui fonctionne le mieux. Après tout, le vrai problème des meilleures installations et des meilleures affaires, c'est de savoir où faire vos films aujourd'hui.

Rob : Je me souviens que nous nous étions réunis comme une famille et nous avions regardé un des documentaires sur les Narniens - sur le DVD de L'Armoire Magique. Et bien sûr vous êtes dans le monde entier - un des choses dont parle Andrew Adamson est le tournage dans ce lieu, d'avoir le réservoir d'eau à cet endroit, d'avoir fait tout ça dans ce pays - c'est presque un mouvement international, non ?

Doug : En fait le gros du travail était fait en Nouvelle Zélande pour L'Armoire Magique - des petites parties étaient réalisées ailleurs mais le gros a été fait en Nouvelle Zélande, avec des conditions plutôt défavorables dans certaines circonstances - lors du tournage, donc. Il y avait par exemple à Hobsonville des hangars à avions reconvertis, et chaque fois qu'il pleuvait fort, nous devions arrêter parce qu'on ne s'entendait plus penser. Ce n'était simplement pas une bonne manière de tenter de faire un film. Les grandes compétences des équipes, et les gens avec lesquels nous avons travaillés en Nouvelle Zélande étaient si bons que nous avons pu créer un film fabuleux.

Rob : Cette année on compte la Côte Ouest de l'Ile Sud parmi les lieux - c'est un peu rude.

Doug : Oui, ce n'est pas peu dire ! C'était merveilleux d'être là-bas, et c'était une expérience formidable, mais nous y avons parfois passé quelques mauvais moments avec le temps estival. Mais, ouais, c'est un endroit charmant, absolument magnifique ; j'ai adoré y être.

Rob : Pour nous je suppose que cela ressemble à la côte nord-est d'Angleterre ?

Doug : Ouais, un peu, je suppose. Il y a même probablement plus de précipitations dans les zones alpines de Nouvelle-Zélande ; c'est une zone vraiment fabuleuse. J'imagine que cela doit être plutôt sinistre en hiver là-bas. (rires) Enfin, quelques fois l'été n'est pas toujours aussi génial.

Rob : Vous filmiez à Cathedral Cove, n'est-ce pas ?

Doug : Ouais, Cathedral Cove, pendant quelques temps sur la plage. Et c'était un plateau vraiment magnifique. En fait nous avions plusieurs plateaux là-bas, mais c'était absolument charmant. Et le temps a été également très clément avec nous, ce qui a énormément aidé. Nous avons obtenu de supers images là-bas - c'est un endroit vraiment charmant.

Rob : Les enfants constituent une des caractéristiques principales des Chroniques de Narnia. Est-ce que cela sera problématique dans le futur ?

Doug : Vous parlez du fait que les enfants grandissent ? Eh bien, pas vraiment. Vous verrez dans le film qui suivra le Prince Caspian - dans L'Armoire Magique il y a les quatre enfants, ainsi que dans le Prince Caspian, et dans ce film ils ont environ une année de plus que dans L'Armoire Magique, et cela fonctionne pour nous dans le sens où les enfants ont un peu grandi ; en fait ils ont plus grandi que leurs personnages. Donc avec un peu de maquillage et d'autres astuces nous leur donnons l'air un peu plus jeune. Mais cela nous arrange parce qu'ils sont plus matures. Et ensuite dans le prochain film qui suivra Le Prince Caspian, une ou deux années supplémentaires s'écoulent à nouveau, et nous retrouvons deux enfants. Donc ils seront considérablement plus vieux, ce qui fonctionnera pour le prochain film. Et ensuite, bien entendu, nous perdons cette distribution parce qu'ils ne réapparaissent pas avant d'être adultes, dans La Dernière Bataille. Alors, jusqu'au moment où nous débuterons le tournage, ils seront probablement adultes, et nous pourrons les réutiliser.

Rob : C'est là où ma lecture doit être erronée, parce que j'aurais mis ma main à couper que l'histoire de L'Odyssée du Passeur d'Aurore avait lieu juste après le Prince Caspian.

Doug : Eh bien, c'est le cas, oui, mais pour notre temps terrien je crois que c'est environ une année plus tard - peut-être dix-huit mois plus tard. Peter part chez le professeur pour être instruit, parce qu'il ne s'en sort pas très bien à l'école, Susan part en Amérique avec les parents, et Edmund et Lucy sont envoyés chez leur tante et leur oncle - Alberta et Harold.

Rob : Et c'est là-bas qu'ils rencontrent Eustache.

Doug : Je pense que c'est environ une année plus tard, voire deux ans.

Rob : Devons-nous nous attendre à une pause similaire, entre ce film et le suivant ?

Doug : Nous espérons réaliser les trois ou quatre suivants assez rapidement ; les deux suivants, nous l'espérons, devraient être créés assez vite. Nous aimerions conserver autant que possible une continuité assez fluide. Personnellement, j'aimerais voir s'écouler au maximum une année ou dix-huit mois entre les films.

Rob : Et vous pensez utiliser Andrew pour tous les suivants ?

Doug : Andrew ne réalisera pas le prochain film; Je pense qu'il a compris qu'il était temps pour lui de prendre une pause. Je crois qu'il nous a donné tellement de temps, que nous serions très ingrats de lui demander de le refaire. Je ne crois pas que sa femme serait ravie s'il devait repartir pendant deux ans pour créer un film aux quatre coins du monde. Mais dans ce cas précis, je pense qu'il sera bon pour Andrew et très bon pour nous de changer un peu de style par-ci par-là.

Rob : J'y pensais. La comparaison entre Narnia et La Terre du Milieu est évidemment toujours d'actualité, mais je me disais, après la discussion sur Le Hobbit, que Je ne suis pas sûr de vouloir une ressemblance entre Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux - c'est une impression totalement différente.

Doug : Oui, Le Hobbit est très différent par plusieurs aspects ; au départ il a été écrit en tant que livre pour enfants, contrairement au Seigneur des Anneaux. Donc oui, je crois qu'il devrait avoir l'air très différent ; je pense qu'il devrait donner une impression totalement différente. Et je pense que c'est également vrai pour certains de nos livres ; L'Odyssée du Passeur d'Aurore doit dégager quelque chose de très différent par rapport à tout ce que nous avons fait jusqu'ici. Cela se déroule dans un lieu complètement différent par rapport au monde de Narnia ; et c'est également un style différent d'aventure.

Rob : C'est une aventure très héroïque.

Doug : Sans aucun doute. C'est également un petit peu plus spirituel par certains aspects.

Rob : Il parait qu'en ce moment vous recherchez des cavaliers en République Tchèque.

Doug : (rires) Oui, je suis certain que nous en trouverons plein. Il y a pas mal de travail d'équitation à faire dans ce film.

Rob : Là, vous voyez, c'est ça le truc. Quand Andrew a débuté L'Armoire Magique, il a tout d'abord écrit ses souvenirs, et ensuite il a relu le livre. Et je ne me souviens pas avoir lu de nombreux passages avec beaucoup de chevaux dans le Prince Caspian.

Doug : Eh bien, il est certain que nous avons dû un peu amplifier les choses. Ce que vous pouvez faire très souvent dans un livre ne fonctionnera pas à l'écran. Une grande partie du Prince Caspian est constituée par de la marche et des discussions, ce qui est bien sur les pages d'un livre, mais ne passe pas vraiment bien au cinéma. Donc nous avons dû rendre certaines choses plus vivantes. Mais bien entendu on réalise qu'il y a le cheval Bree dans le livre, qui est monté par Caspian lors de son vol vers le château de Miraz. Et il était poursuivi par des cavaliers, c'est certain. Une certaine cavalerie devra faire partie de l'armée telmarine.

Rob : C'est un bon point, je suppose ! Je ferais mieux de retourner lire le livre.

Doug : (rires) Nous travaillons dans le but de rendre ce film aussi excitant et charmant que possible.

Rob : Un des autres points, si je me souviens bien dans Caspian, est Bacchus, les nymphes, tous les elfes des bois et ce genre de choses ; comment voyez-vous tout cela d'un point de vue chrétien ? Parce que certains d'entre nous savent que C.S. Lewis était Chrétien… mais comment ces choses trouvent-elles leur place dans le monde chrétien d'après vous ?

Doug : Eh bien je pense que la première chose que l'on doit comprendre est la nature du mythe. Le mythe en lui-même, et les mythes qui ont évolué dans la Grèce ancienne et les anciennes civilisations romaines viennent des gens qui cherchaient des explications pour les merveilles de la création. Et ces gens ont vu qu'en plantant une graine dans le sol cela poussait et qu'il s'en suivait une récolte, et ainsi de suite, et ils ont vu les grands fruits sur les arbres et ce genre de choses. Et ils ont cherché, ils ont exploré et ils ont tenté quelques explications sur la façon dont tout cela arrivait, comment cela se produisait. Et ils ont proposé toutes sortes d'explications truffées d'éléments surnaturels, bien entendu, ce qui est inévitable ; c'était leur manière d'avancer à tâtons vers Dieu. Bien sûr, le Véritable Mythe, le Mythe Chrétien parle de Dieu Lui-même se révélant à nous. Et dans un contexte narnien, toutes ces espèces de créatures semi-divines si vous préférez, ou mythologiques, comme Bacchus et Silenus et les autres, sont sous les ordres du tout-puissant Aslan lui-même. Je pense que ça les place dans sa perspective, d'une manière Narnienne.

Rob : Parce que c'est un monde complètement différent pour nous aujourd'hui, avec ce genre de choses. J'entends par là que nous n'avons pas grandi avec la même littérature.

Doug : C'est très juste, et c'est vraiment dommage, parce que en voyant les personnages mythologiques, beaucoup de gens pensent immédiatement qu'ils sont démoniaques - ce qui est complètement insensé ! Il y avait les premiers hommes qui cherchaient Dieu, qui ne le trouvaient pas vraiment, mais qui faisaient au mieux selon les circonstances. En fait le livre Romans fait comprendre assez clairement que si un homme grandit quelque part sur une île luxuriante, et n'entend jamais le nom de Dieu, ou le mot de Dieu, ou le nom de Jésus, ou quoi que ce soit du genre, mais qu'il ne rend pas hommage à un quelconque être lié à toutes les créations qui l'entourent, il n'a aucune excuse. Donc Dieu s'attend et demande à ce que nous rendions hommage à quelque chose si nous n'entendons jamais le nom Dieu.

Rob : Paul passe cela en revue au début de Romans, n'est-ce pas ? Y a-t-il un élément chrétien supplémentaire dans les films par rapport au livre original ?

Doug : Par rapport au livre original, je dirais que non. Une des tentations que je dois combattre, assez fortement parfois, est l'envie d'ajouter un peu de ma propre foi chrétienne dans les scénarios et les films que nous faisons. Ce serait quelque chose de très fort à faire. La bonne façon de faire ces films est de se tenir autant que possible à ce que Jack (NdT : C.S. Lewis se faisait également appeler Jack) disait dans les livres originaux, aux intentions originales de Jack, aux significations originales de Jack, et les intégrer dans nos scripts et scénarios.

Ce serait une erreur, je crois, d'en faire plus Ainsi, je pense que ce que vous trouverez dans le Prince Caspian est le même message que Jack enseignait dans le Prince Caspian, mais retranscrit pour le film.

Rob : En parlant des livres de Jack, nous avons mentionné le christianisme auparavant, et une des choses que disait ma collègue en le lisant, c'est qu'elle devait relire des paragraphes et des chapitre parce que nous n'avons pas l'habitude de recevoir ce genre d'information aujourd'hui de cette manière. Nous sommes bien plus habitués à être divertis.

Doug : Là, je pense que vous marquez un point, mais je crois que c'est une triste réflexion sur l'éducation moderne.

Rob : D'accord. Mais même pour des chrétiens matures, nous ne sommes pas prêts à recevoir cela ; nous aimons être divertis en recevant nos messages.

Doug : Oui. Mais je pense que c'est la mauvaise manière de le voir. Je ne crois pas que le christianisme est supposé être un moyen de divertissement. Je crois que le christianisme est supposé être quelque chose que vous faites, pas quelque chose qui vous divertit. En fait j'exprime mon désaccord avec un nombre affreux d'églises qui font du christianisme ce qu'ils en voient, c'est-à-dire une spectacle. Ils transforment leur culte en spectacle. Le culte de Jésus Christ devrait être joué pendant chaque minute, chaque jour de nos vies ; nous devrions faire du christianisme, pas simplement en parler ou le hurler et le crier.

Rob : Quand avez-vous découvert cela vous-même ?

Doug : Je l'ai découvert relativement tard ; J'avais la quarantaine. Mon problème a toujours été que, bien que je crois en Dieu et en Jésus, (tout comme le diable bien entendu, et cela ne fait pas de lui un chrétien) je ne voulais pas soumettre ma vie à l'autorité de quiconque à part moi. Voilà pourquoi, d'une certaine manière, je me vénérais moi-même, et ainsi je me moquais bien d'avoir un dieu. Mais j'ai finalement réalisé que je n'étais pas qualifié pour vivre une vie humaine, du moins une aussi complexe que la mienne. Donc je l'a donné à quelqu'un d'autre qui, bien sûr, est la personne qui l'a faite.

Rob : C'est la meilleure chose que nous puissions tous faire.

Doug : Bien sûr, bien sûr.

Rob : Encore une fois, en regardant le documentaire sur L'Armoire Magique, Andrew parle du nombre de plans contenant des effets spéciaux, nombre qui s'élève je crois à 1500. Doit-on s'attendre à plus - comme Seigneur des Anneaux, où chaque film en contenait de plus en plus - je suis certain que vous espérez ne pas en arriver là avec ces films.

Doug : Eh bien, nous devons être prudent pour des raisons budgétaires. Mais nous avons quelques nouveaux personnages virtuels intéressants que nous devons gérer dans le Prince Caspian, bien sûr. Je suis sûr que tous les lecteurs du Prince Caspian sont impatients de rencontrer Reepicheep. Il y aura quelques plans à effets spéciaux dans ce film ; Toutefois je ne donnerai pas trop de détails.

Rob : Non. Mais ceux qui ont vu le premier montage sont très impressionnés, d'après ce que j'ai lu.

Doug : Je crois bien, ouais.

Rob : Eh bien, nous allons faire le décompte, encore un peu plus d'une année, n'est-ce pas ?

Doug : Une année, en fait - Il devrait sortir en mai 2008. Nous avons encore du chemin à parcourir, et nous devons le faire rapidement.

Rob : Eh bien nous sommes toujours là si vous avez besoin de nous.

Doug : Merci. Cependant je vais devoir vous dire ceci : encore une fois, retourner en Nouvelle Zélande et rencontrer une grande partie des mêmes membres d'équipes qui nous ont aidé pour L'Armoire Magique était un grand plaisir. Je veux dire, il y a quelques unes des meilleures équipes que j'ai rencontré - des supers plâtriers, des supers peintres, tous les gens qui travaillent si dur en coulisses. Et je leur suis vraiment reconnaissant pour tout leur travail - et ils savent qui ils sont, s'ils entendent ce programme ils sauront de qui je parle. Des gars géniaux, des filles géniales, ils ont fait un travail magnifique pour nous sur L'Armoire Magique, et ils l'ont refait pour le Prince Caspian. Et ils méritent tout l'honneur qu'on peut leur donner.

Rob : Doug, merci beaucoup de nous avoir accordé du temps !

Doug : Je vous en prie, Rob.

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