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Un entretien avec Fabien Cerutti

Par Gillossen, le lundi 27 avril 2015 à 19:30:06

KosiganL'Ombre du pouvoir fut l'une des bonnes surprises de l’année dernière en fantasy.
A l'aune de la parution de la suite des aventures du Bâtard de Kosigan, Le Fou prend le roi, il nous semblait donc tout à fait logique d'interroger son auteur, Fabien Cerutti. Et celui-ci s'est aimablement prêté au jeu, qui plus est avec diligence.
On le remercie encore une fois au passage pour avoir pris le temps de nous répondre !

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L'entretien

Le premier Kosigan a été (très) bien accueilli. Est-ce que cela t’a mis plus de pression pour cette suite ?
Ce serait mentir que de prétendre le contraire... D'abord vis-à-vis de mon éditeur qui m'a accordé un blanc-seing pour ce second roman tout en me fixant (et c'est naturel) une échéance. C'est la première fois que je devais écrire de cette manière, avec un objectif de temps. Et les choses ont encore empiré lorsque j'ai accepté la (sadique et tentatrice) proposition d'avancer de quatre mois la date de sortie. Il me faut bien admettre que le gant du défi ne s'est pas révélé aisé à relever, loin de là! Les deux derniers mois, j'y ai consacré 40 à 50 heures par semaine, en plus de mon travail et de mes activités familiales et ludiques. Une terrible période de stakhanovisme littéraire masochiste dont je suis sorti sur les genoux mais ravi.
Quant à l'accueil positif du public pour Le Bâtard de Kosigan (un grand merci à tous ceux qui l'ont soutenu), lui aussi a eu pour effet d'accentuer la pression mais de manière subtilement différente. Non en terme de rendement littéraire, mais plutôt de qualité. Second défi aux enjeux difficilement compatibles, puisque décevoir les lecteurs qui avaient apprécié le Bâtard premier du nom était pour moi impensable ; et ne pas tout faire pour conquérir les autres aurait tenu du crève-cœur... Voilà pourquoi j'ai mis les bouchées doubles pour que le petit frère puisse soutenir la comparaison avec son aîné tout en envisageant de nouveaux horizons. Reste à savoir si le pari sera tenu. Je croise les doigts.
Le contenu de ce second tome a-t-il d’ailleurs beaucoup évolué depuis la sortie du premier tome, pendant sa rédaction ? Ou es-tu resté très proche de ce que tu avais en tête ?
Je me suis tenu strictement à ce que j'avais en tête en matière d'histoire et de scénario, tout en faisant évoluer mon style et la manière de mettre en scène certaines péripéties. Lorsque j'écris, je n'ai à l'esprit que mon point de départ et la fin vers laquelle je veux tendre, il y a bien sûr également un certain nombre d'évènements que j'aimerais distiller en cours de route, mais ils sont au départ extrêmement flous. Certains d'entre eux refusent même parfois obstinément de prendre corps, tandis que d'autres me forcent à les greffer alors que je ne les attendais pas du tout. Cela pour dire que je ne suis pas un plan strict et précis, et que, de ce fait, le contenu évolue forcément un peu en fonction des influences extérieures.
Pour compléter cela, je pense aussi que toute critique qui m'est faite se trouve forcément fondée. Subjectivement (et sans doute de manière erronée), certes, mais fondée tout de même. En conséquence, j'y suis très attentif et essaie toujours de voir dans quelle mesure je pourrais l'intégrer dans ma propre logique et ma propre façon de raconter l'histoire.
Évidemment, le système atteint tout de même quelques limites lorsque certains me demandent d'adopter un style plus simple et plus direct, tandis que d'autres militent pour un enrichissement du registre utilisé. J'ai tenté de relever le défi en commençant par une écriture plus claire qui se complexifie au fur et à mesure du récit - sans excès cependant ; le but étant, au final, de satisfaire et la chèvre et le chou tout en ne terminant surtout pas la course sous les crocs du loup.
Peut-on décrire le roman comme une suite « logique » ou bien part-il dans de nouvelles directions ?
Encore une fois, les deux propositions peuvent convenir. C'est une suite logique puisque l'action se déroule (pour ce qui est de la temporalité du Moyen-âge) quelques mois après l'affaire de Champagne et que le chevalier de Kosigan va en apprendre davantage sur les origines des facultés exceptionnelles dont il a fait preuve au cours du premier roman. C'est encore plus une suite logique en ce qui concerne la temporalité du XIXème siècle, puisque l'on se place dans le prolongement direct des funestes évènements qui ont marqués les dernières pages du tome précédent.
D'un point de vue d'ensemble, le contexte demeure toujours le même: un Moyen-âge réel mais empreint de magie, de races anciennes et de cultes antiques, pour une part ; opposé au monde de l'aube du XXème siècle et à sa rationalité grandissante, pour une autre. Je continue également à bichonner le rythme dans une intrigue au goût d'espionnage qui entraîne le lecteur à tourner les pages de plus en plus vite (c'est ce que j'espère en tout cas) ; même si elle se trouve ponctuée par des réflexions un peu plus profondes sur l'humain, l'histoire, l'ésotérisme et les évolutions religieuses.
Voilà pour les permanences.
En revanche, cet épisode a été construit dans l'optique de pouvoir se lire indépendamment de son prédécesseur, et il propose des ambiances et un type d'aventure très différentes. La première fois, tout se jouait autour d'un tournoi (à lame partiellement émoussées) et d'une manipulation savamment orchestrée. J'avais voulu sortir des sentiers battus en présentant le point de vue du manipulateur et en découvrant ses ficelles au compte goutte. Faire en sorte (à quelques douloureux détails près, tout de même) que l'ensemble de son plan fonctionne parfaitement. Parce que cela représentait un défi - en écrivant à la première personne - de faire en sorte que le lecteur n'en découvre les tenants et les aboutissants qu'à la toute dernière page.
Cette fois-ci les choses sont très différentes : c'est la guerre, celle de Cent ans pour être précis, et personne ne retient ses coups... Mon mercenaire de héros, tout adepte des manigances qu'il soit, doit constamment improviser dans un environnement changeant et particulièrement dangereux. L'ambiance est plus sombre et violente, frisant parfois l'horreur, et les aspects lié à la magie de plus en plus importants au fur et à mesure que l'intrigue progresse. Le Bâtard de Kosigan n'est plus le seul maître du jeu, il doute, il a peur, et cela change tout.
Ton héros est un personnage « bigger than life ». Comprends-tu que certains lecteurs l’aient peut-être trouvé par certains côté « too much », pour rester dans les expressions anglaises ?
De tous les personnage ayant pris chair dans la littérature imaginaire mon préféré est sans nul doute Corwin d'Ambre, de Roger Zelazny. Kickaha et Jadawin de Philipp José Farmer sont de la même trempe, ou John Carter d'Edgar Rice Burroughs; ou encore, dans un genre quelque peu différent, Cugel l'astucieux, de Jack Vance. Ceci explique cela, je suppose. En tout cas je déteste sentir qu'on a appliqué une recette lors de la création d'un héros (comme de lui trouver absolument un défaut, parce qu'il faut qu'un bon personnage ait un défaut)... J'ai créé un personnage puissant, comme j'aime que les héros le soit, sa seule faiblesse (et elle pourra parfois être de taille) c'est qu'intérieurement, il est humain.
Je pense que le côté "bigger than life" du premier épisode vient plutôt du parti pris dont je parlais dans la question précédente, à savoir d'en faire un manipulateur à qui (presque) tout réussi. Nous les êtres humains nous sommes pratiquement tous construits de cette manière: on aime que les histoires ne se déroulent pas au mieux, que les gens échouent ou que l'adversité soit partout... C'est étrange mais c'est comme ça. C'est ce qui déstabilise les sociétés humaines mais également ce qui les fait avancer. Dans le cas Kosigan (au moins dans cette première aventure) on a affaire à quelqu'un à qui tout réussi, et cela agace, consciemment ou non. Pourtant dans la vraie vie, il arrive aussi que les choses fonctionnent. Parfois. C'était cela mon "challenge" (puisqu'on anglicise dans cette question^^), faire un premier livre à propos d'un plan qui a marché de bout en bout.
Et oui, de ce fait, je comprends très bien que certains aient pu trouver que c'était "too much".
Quelle est pour toi la période la plus intense de l’écriture d’un roman : le premier jet, les relectures, etc ?
Intense dans le sens "difficile"? A priori, pour ma part, je ressens deux types de difficultés: le premier c'est au début, lorsqu'il s'agit de choisir le point de départ, de peaufiner les premiers chapitres pour accueillir le lecteur dans une nouvelle histoire. Les miennes sont souvent complexes, il s'agit donc de faire en sorte qu'il soit un peu perdu et intrigué, en lui laissant présager la sinuosité des méandres qui l'attendent...Mais tout en faisant en sorte de ne surtout pas le perdre en route! Il est impératif que ce qu'il lit soit agréable et lui plaise afin de lui donner envie de poursuivre l'aventure. Un équilibre difficile à trouver s'il en est, qui nécessite par conséquent une grande intensité d'investissement.
La fin (disons, les cinquante à soixante dernières pages), présente des difficultés pour partie similaires: il faut retomber sur ses pattes, que tout se lie, que tout s'éclaire, le plus habilement possible et avec cohérence. Assez intense aussi à réaliser. À chaque fois, en tout cas, j'ai le sentiment que cela tient d'un petit miracle.
As-tu encore le temps de lire toi-même de la fantasy depuis que tu es devenu auteur ?
En réalité, l'écriture me ramène à la lecture. Je m'étais, je l'avoue, laissé entraîné par la Force obscure des loisirs audiovisuels ("plus rapides, plus faciles....mais pas plus puissants!", ainsi que le dirait un certain maître Yoda). Les jeux pc s'étaient sournoisement emparés de mon âme et je travaille, depuis que j'écris avec davantage de régularité, à la leur arracher en douceur.
Je milite d'ailleurs pour que quiconque se trouvant dans la même situation que moi suive mon exemple. Prendre son temps est un luxe délicieux, lire dans un parc, sur une plage, ou le soir au lit, s'avère tout aussi agréable que de regarder un énième épisode de série, ou de s'embarquer pour trois ou quatre heures de jeu en ligne.
Rééquilibrer me paraît tout à fait souhaitable. Je serais favorable à une grande campagne de communication à l'échelle nationale sur les bienfaits de la lecture...Encore faut-il trouver un bon livre, me direz-vous. Et cela tombe bien, puisque justement j'en ai deux à vous proposer...)
Si oui, quels sont tes derniers coups de cœur dans ce domaine ? Ou même plus largement en littérature.
Sans parler de coups de cœur, j'ai effectivement lu quelques bons (voire très bons) livres, ces derniers temps : Manesh de Stéphane Plateau, dont l'écriture, entre conte et récit bardique, est riche d'atmosphères fortes et fabuleuses, même si le rythme ne correspond pas entièrement à mes goûts ; Même pas mort de Jean-Philippe Jaworski, au style ciselé et splendide autour d’un thème original, quoique les visions prennent peut-être une place un peu trop importante dans ce premier tome ; Corpus Prophetae de Matt Verdier, un thriller temporel très prenant, qui se teinte de quelques incohérences ; et le premier tome des Salauds gentilshommes de Scott Lynch, assez jubilatoire, malin, haut en couleur, qui pour le coup rappelle vraiment Cugel et certaines atmosphères de Jack Vance.
Sans oublier, quelques petites bouchées de Marcel Pagnol, Le temps des secrets, qui se révèle d'une douceur et d'un esprit intemporel.
Plus largement, quelles sont tes références en fantasy ? Quel fut ton parcours de lecteur ?
À douze ans, en vacances, un ami m'a fait découvrir Tarzan l'indomptable d'Edgar Rice Burroughs et la faune de l'espace d'A.E Van Voght. Plutôt habitué aux comics américains, je les ai dévorés, puis j'ai vaillamment exigé de l'argent de poche pour écumer les marchés et les boutiques d'occasion, afin de retrouver dans d'autres livres le plaisir incroyable de l'aventure que j'avais découvert cet été là. J'en ai avalé des centaines (des milliers, peut-être) et au bac, en français ou en philo, je citais leur meilleures réflexions avec davantage de succès que je n'aurais pu le craindre.
J'ai déjà évoqué certaines de mes références principales en matière de littérature imaginaire: les princes d'Ambre de Zelazny, la saga des hommes dieux de P.J.Farmer, le cycle du  de Van Voght et tous les livres de Jack Vance. Il y en a beaucoup d'autres: Ursula Leguin, Weis et Hickman, Bordage, Asimov, Anne McCaffrey, Jules Verne, Tolkien, Werber, G.J Arnaud, Michel Pagel et plus récemment G.R.R. Martin ou dans un style différent, Pierre Pelot etc.
Mais au delà des livres, les jeux m'ont également beaucoup guidé vers la fantasy. J'ai acheté les règles de base rouges pour D&D immédiatement après m'être enfermé quatre jours de suite dans ma chambre de vacances, à Nice, pour lire le Seigneur de Anneaux. Un jeu exceptionnel et novateur disait-on dans le magazine ludique de l'époque, Jeu et Stratégie. J'ai initié tous mes amis et nous avons monté de niveau pendant les vingt années qui ont suivi. Testant une bonne partie de la production de ce qui se faisait à l'époque par la même occasion (Méga, Rêve de dragon, Cthulhu, Légendes Celtiques, In Nomine Satanis Magnas Veritas, Blood lust, Le Jeu de rôle des Terres du Milieu et surtout l'immense, unique et incontournable "Ambre, rpg"). Cela sans jamais acheter le moindre scénario préfabriqué, et en s'appliquant à construire nos propres histoires, nos propres ressorts, nos propres mondes et nos propres personnages. Un plaisir.
A une époque où les réseaux sociaux occupent de plus en plus de place, comment gères-tu cet aspect-là de ta « promotion » ?
Mon éditeur (Mnémos) se charge de l'essentiel de la communication côté numérique. Cela correspond à alimenter certains sites et blogs choisis par leurs soins (dont le principal, ce me semble, est celui d'ActuSF, avec qui ils sont partenaires au sein des Indés de l'Imaginaire). Ils ont également leur propre site, twitter et Facebook. À ce que j'ai cru comprendre, ils devraient par exemple bientôt mettre en place un petit jeu-concours sur actuSf.
Pour ma part, j'accueille avec joie (et plus modestement) tous ceux qui le désireraient sur la page Facebook ("Kosigan") dédié aux nouvelles les plus récentes concernant le Bâtard éponyme. Le Twitter qui lui correspond est @BdeKosigan. Mais tout cela reste pour l'instant assez confidentiel (à peu près 130 suivis pour l'instant sur Facebook et guère plus d'une poignée sur Twitter).
Il existe également un blog plus ancien sur lequel les curieux pourront trouver les planches d'un projet de bande dessinée étouffé dans l'oeuf par mon honorable dessinateur, lequel s'est acharné à refuser d'honorer le contrat que nous avions décroché avec l'éditeur Soleil. Enfin, un site, pratiquement antédiluvien, remonte au temps où je faisais accomplir ses premiers faits d'arme au chevalier de Kosigan sur le jeu de rôle pc, Neverwinter nights. Tout en amateurisme clinquant et mal fichu, mais que je me refuse de détruire en souvenir du passé !
Pour en revenir à la promotion sur les réseaux, c'est donc principalement Mnémos qui s'en occupe, même si je peux proposer telle ou telle chose précise de temps en temps.
Comment te positionnes-tu par rapport au livre électronique, au piratage ?
Vaste question. Délicate. Pleine de chausse-trappes. J'adore les vrais livres: le papier, le poids, le toucher, l'odeur parfois. C'est romantique et c'est ma jeunesse, voire mon enfance (Madeleine, Proust, tout ça...). Je n'ai pour ma part nullement l'intention d'y renoncer et honnêtement je n'aime pas les liseuses.
Cela étant, personne n'arrête le progrès, jamais (ou alors, pas longtemps). Un jour les liseuses seront souples, elles s'intégreront avec élégance dans des designs qui imiteront la forme et pourquoi pas la texture des livres papier. Et puis les jeunes générations auront été abreuvées au doux lait du numérique depuis leur plus tendre enfance... Qu'on le veuille ou non (à part en cas de guerre nucléaire), l'avenir du livre passe par une ignoble promiscuité avec les écrans...
Seulement derrière cet état de fait, il y a tout un secteur économique: imprimeurs, transporteurs, éditeurs, distributeurs, qui risque de s'étrangler peu à peu et de tirer de plus en plus la langue. Les seuls bénéficiaires seront peut-être les auteurs qui, avec un peu moins d'intermédiaires, auront peut-être davantage de chances de commencer à dégager une juste part de leur travail (je ne parle évidemment pas là, des rares super-producteurs médiatisés).
Quant au piratage, je suis résolument contre s'il s'agit de personnes ayant les moyens de payer ET qui téléchargent des oeuvres qu'elles auraient, sinon, acheté, parce qu'elles les apprécie.
En revanche, je considère cela comme de la publicité, lorsque les téléchargeurs sont des gens qui souhaitent essayer un livre, une série ou une musique qu'il ne connaissent pas pour se faire leur propre idée. Charge à eux d'être assez honnête, ensuite, s'ils ont eu un coup de cœur, pour consommer la suite avec du véritable argent. Le piratage ne me choque pas non plus énormément lorsqu'il s'agit de personnes (jeunes ou non) réellement désargentées.
La limite étant bien sûr qu'il ne faut pas scier la branche sur laquelle on est assis et que généraliser le piratage et les téléchargement illégaux me paraît être un excellent moyen, à terme, de faire disparaître toute production intéressante...
A quoi s’attendre dans ton prochain roman ? De quoi as-tu envie ?
J'ai un plan sur le long terme caché dans ma manche et chaque épisode en est une étape (si on a la gentillesse de me permettre de continuer à écrire bien sûr). À la prochaine escale, Kosigan s'aventurera sur les terres du Saint Empire romain germanique en voie d'effondrement. Cela parlera de prince-électeurs, de sorcières et d'un cardinal de l'Inquisition aux funestes desseins. Entre autre choses, bien sûr, qu'il m'est pour l'instant impossible de dévoiler.
Et enfin, que peut-on te souhaiter pour cette année 2015 déjà bien entamée ?
Demain mardi 28, le vote entre les deux finalistes du grand prix Imaginales des lycéens! Face à La Voie des Oracles d'Estelle Faye (un livre taillé pour ce public et fort bien écrit par une auteur de renom) la victoire du Bâtard de Kosigan est presque impossible. Je dois cependant avouer que je ne serais pas contre un petit miracle.
(Oui, je suis conscient que c'est très peu probable).
Quant au reste : que le second tome plaise à suffisamment de gens pour pouvoir en écrire la suite.

Propos recueillis et mis en forme par Emmanuel Chastellière


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