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The Shannara Chronicles : l’épisode 8 à la loupe

Par Gillossen, le jeudi 18 février 2016 à 19:09:20

L'aventure continue.
8Retour sans plus attendre dans le vif du sujet, avec le compte-rendu du huitième épisode de la série adaptée des Pierres elfiques de Shannara de Terry Brooks, toujours en compagnie de notre camarade Zakath Nath !
Bonne lecture.

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Épisode 8 : Utopia

Breakline s’était achevé sur Eretria, blessée et prisonnière de Zora et sa bande de chasseurs d’Elfes, tandis que Wil et Amberle se demandaient que faire : partir à son secours, ou poursuivre leur quête ?

Avant de répondre à cette question, faisons un bref passage à Arborlon, où ce huitième épisode ne s’attarde pas. Le Dagda Mor avait été temporairement repoussé, le Changelin tué, Bandon libéré de son enchantement, et Arion, officiellement dans le camp des gentils mais le plus susceptible d’être une planche pourrie, avait eu le bon goût de mourir à peu près héroïquement, ouvrant le chemin du trône à son brave frère Ander, avec la bénédiction d’un Allanon remonté comme une horloge.

On pouvait donc se demander quelles nouvelles difficultés se présenteraient à leur porte mais Utopia ne fournit pas d’indication. Sur ce front, il s’agit clairement d’un épisode de transition et Allanon n’aura pas grand-chose à faire à part convaincre Bandon et Ander d’arrêter de traîner les pieds alors qu’ils sont devant le fait accompli : le premier doit accepter l’enseignement du Druide (déjà commencé mais interrompu presque immédiatement), le second endosser son rôle de roi. Deux épisodes auparavant, le commandant Tilton avait reproché à Ander d’être devenu un alcoolique amer, ce dont il n’avait pourtant pas fait la démonstration : il se rattrape ici dans une scène où il tente d’esquiver ses responsabilités jusqu’à ce qu’Allanon lui remonte les bretelles. Malheureusement, cela arrive trop tard pour être convaincant et Aaron Jakubenko reste bien trop lisse pour faire croire à un quelconque côté sombre et torturé. Il faut donc espérer qu’à présent que le couronnement est derrière lui, on va également ne plus revenir sur cet aspect de l’intrigue que l’on n’aura pas su introduire correctement.

Revenons donc à ce qui forme l’essentiel de cet épisode : la tentative de sauvetage d’Eretria. Car oui, Wil et Amberle ont choisi de la sauver, comme on pouvait s’y attendre. Malgré le contretemps que cela occasionne dans leur quête pour sauver le monde, ils prennent tout de même le temps en chemin de s’arrêter pour faire le point sur leurs sentiments respectifs, s’avouer leur amour, et sont bien partis pour concrétiser celui-ci quand ils sont interrompus par Cephelo. On dira ce que l’on voudra des qualités morales de ce personnage (ou de leur absence) et de ses motivations (il est toujours focalisé sur les Pierres elfiques de Wil), mais heureusement qu’il est là pour remettre un peu l’intrigue sur les rails et rappeler que la priorité du jour reste Eretria.

La jeune femme a été amenée à un petit village où elle est soignée avec des moyens étonnamment modernes par un certain Tye, beau gosse et Géo Trouvetou local. Depuis le début de la série on a insisté sur l’ambiance post-apocalyptique et l’épisode précédent enfonçait déjà le clou mais on franchit un nouveau cap, car le village où atterrit Eretria renvoie énormément au XIXe siècle avec des éléments plus contemporains puisque pour une fois, on voit des personnages utiliser des vestiges du passé. Néanmoins, on se retrouve avec un problème déjà évoqué précédemment: les éléments qui ont ici franchit l’épreuve du temps sont loin d’être les plus résistants. On en a un exemple flagrant lors de la grande fête de fin d’épisode où les villageois s’assemblent pour regarder un extrait de la série originale de Star Trek, dont une bobine a été miraculeusement préservée. Il ne faut pas forcément chercher la cohérence à tout prix et les scénaristes ont sans doute voulu privilégier l’humour (dans un hommage à Galaxy Quest dont on ne sait pas s’il est volontaire, les spectateurs interprètent de travers ce qu’ils voient à l’écran et après s’être pâmés à la vision de Kirk, sifflent Mr Spock qu’ils prennent pour un Elfe) mais encore une fois, il est difficile de s’immerger dans un univers à base d’Elfes et de Gnomes quand on nous rappelle aussi régulièrement le nôtre.

En dehors de ce problème récurrent, une fois l’épisode achevé, on peut se demander ce qu’il a vraiment apporté. Ce qui tourne autour de l’Utopie du titre est très convenu : le village où Eretria atterrit est trop beau pour être vrai avec sa technologie avancée, et en effet, on découvre vite que la paix est achetée au moyen de sacrifices réguliers aux Trolls du voisinage. Sacrifice auquel Eretria est destinée jusqu’à ce que Tye, sous son charme, préfère livrer à sa place Wil, Amberle et Cephelo.

Les choix des personnages, censés être au cœur de l’épisode, sont courus d’avance : bien sûr que Wil et Amberle vont voler au secours d’Eretria. Bien sûr que celle-ci va à son tour les sauver plutôt que succomber à la tentation de vivre dans ce village faussement idéal (elle a d’ailleurs déjà fait son choix il y a deux épisodes, était-il nécessaire de laisser encore des doutes sur sa loyauté ?). Seule la décision de Cephelo de se sacrifier dans les dernières minutes peut être inattendue, mais sort un peu de nulle part. En fin de compte la perte des Pierres elfiques semble être la seule péripétie notable puisqu’elle aura sans doute des répercutions sur l’intrigue du prochain épisode, mais est-ce qu’à deux épisodes de la fin on va vraiment perdre beaucoup de temps dans le coin alors qu’il reste encore de la route à couvrir jusqu’à Safehold ? Il ne serait pas de refus d’en apprendre un peu plus sur les Trolls (qui exigent des sacrifices humains mais règlent leur compte à des gens qui ont hué Leonard Nimoy, preuve qu’ils ne peuvent être totalement mauvais) mais alors qu’on atteint la dernière ligne droite de la saison et étant données les résolutions expéditives des cliffhangers précédents, ce n’est probablement rien d’autre qu’un incident mineur.

À l’instar de Changeling, Utopia se révèle donc un épisode de transition, confortant les personnages dans leur rôle plutôt que d’offrir une véritable évolution. Il reste à espérer que cette transition serve au moins à introduire un double épisode final plus enlevé.


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