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Locke & Key, le bilan de la saison 1

Par Zakath, le jeudi 13 février 2020 à 11:25:24

LKPublié entre 2008 et 2013, Locke & Key est à l’origine un comics scénarisé par Joe Hill (Cornes, Nos4a2…) et illustré par Gabriel Rodriguez, comics qui fut nommé ou récompensé aux Eisner Awards et aux British Fantasy Awards.
L’histoire de la famille Locke, qui après la mort du père vient s’établir dans la maison d’enfance de celui-ci, Keyhouse, pour y découvrir des clés aux propriétés stupéfiantes mais également une terrible menace, devait tôt ou tard donner lieu à une adaptation : une trilogie sur grand écran a été envisagée, puis une série sur la Fox, ensuite sur Hulu mais qui n’ont pas dépassé le stade du pilote…

Le bilan

C’est finalement sur Netflix qu’une série sera développée, en commençant par une saison de dix épisodes, chapeautée entre autres par Meredith Averill productrice ayant notamment travaillé sur The Haunting of Hill House, aussi sur Neflix, aussi une adaptation centrée sur une vieille demeure remplie de terribles secrets. Ajoutons à cela que Joe Hill lui-même signe le script du premier épisode, et l’on pouvait partir avec l’espoir de voir retranscrit à l’écran l’univers à la fois magique et cauchemardesque de la bande dessinée.

Malheureusement, on s’aperçoit très vite que l’adaptation est extrêmement édulcorée : le traumatisme de la famille Locke est bien présent mais atténué, la violence graphique est quasiment absente. Ainsi, le personnage de Sam Lesser n’écope que d’une minuscule cicatrice au front, loin de son visage couturé du comics et son voyage pour rejoindre Keyhouse se fera sans laisser de victimes apparentes dans son sillage alors qu’il était particulièrement sanglant dans l’intrigue originale. En contrepartie, l’adaptation met davantage l’accent sur les intrigues adolescentes concernant les deux aînés, Tyler et Kinsey, en multipliant leurs camarades de classe divisés entre sportifs et geeks ou en introduisant un personnage de peste comme on en voit dans nombre de séries tournant autour d’un lycée.

La série peine également à traduire à l’écran les effets des clés. Certains arrivent à être fidèlement retranscrits, comme pour la clé fantôme, mais pour la clé de tête, où en une illustration percutante Rodriguez donnait un panorama de la psyché de ses personnages, on visite des espèces de palais mentaux bien trop sages. Dodge est également moins impressionnante même si l’interprétation de Laysla de Oliveira est bonne. Physiquement, Felix Mallard, qui joue Lucas, est bien choisi mais manque de charisme pour convaincre. Dans l’ensemble, le casting est très lisse tout en étant correct avec un bémol pour Jackson Robert Scott (seul rescapé du pilot d’Hulu, pourtant) dans le rôle du jeune Bode qui présente la plupart des travers des enfants-acteurs, donnant par moments l’impression d’être un adulte miniature, à d’autres de réciter son texte. Le rôle n’est certes pas simple mais le personnage devient vite agaçant alors qu’il est en principe central.

Quant au scénario adapté, il fait des choix discutables, en plus de celui de mettre en avant l’aspect adolescent. Peu importe que la ville de Lovecraft ait été rebaptisée Matheson. L’allusion n’est pas plus subtile, on peut se demander l’intérêt de la modification, mais l’intrigue n’en souffre pas. En revanche, les révélations entourant Dodge sont amenées de manière différente que dans le comics et tombent souvent à plat bien que l’une d’elle soit tout de même de nature à surprendre les amateurs de la version papier. Les réactions des personnages paraissent à plusieurs reprises idiotes, comme pour justifier un rebondissement évitable (par exemple dans le dernier épisode - SPOILER - quand les protagonistes restent les bras ballants devant la porte ouverte par la clé oméga alors qu’ils ont été avertis du danger qui se trouve derrière).

Cette première saison n’est pas non plus totalement dépourvue de qualités : le décor de Keyhouse est très réussi et la petite ville côtière ne manque pas de charme et de promesse d’aventures. Bien que les distances prises avec la bande dessinée soient parfois très contestables, quelques idées peuvent donner lieu à des développements inédits dans la saison suivante, la famille Locke ignorant d’où le danger va venir désormais. De plus, les épisodes se suivent sans ennui et sans le "meublage" qui plombait Nos4a2, pour comparer avec une autre adaptation sous forme de série d’une œuvre de Joe Hill.

En tant qu’adaptation, la première salve d’épisodes de Locke & Key est malheureusement une belle déception qui passe totalement à côté de l’ambiance particulière du comics et traite beaucoup trop superficiellement des tourments des enfants Locke et de leur mère. Si l’on ne s’attache pas à la juger en fonction de l‘œuvre de base et que l’on accepte qu’elle vise un plus large public, le résultat n’est pourtant pas déplaisant mais demeure trop fade pour marquer les esprits.


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