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Locke & Key, bilan de la saison 2

Par Zakath, le mercredi 3 novembre 2021 à 13:00:00

Saison 2Il y a un peu plus d’un an, et après une tentative avortée sur Hulu qui n’était pas allée plus loin qu’un épisode pilote, la saison 1 de Locke & Key, basée sur le comics de Joe Hill et Gabriel Rodriguez, était enfin arrivée sur Netflix pour un résultat décevant : les décors de Keyhouse et de la petite ville de Matheson étaient réussis, l’idée de base des clés aux différentes propriétés magiques était aussi séduisante que dans les albums et certaines de leurs capacités passaient bien le cap de leur transposition à l’écran. Toutefois le parti-pris d’en faire une série grand public, principalement à destination des adolescents, atténuait les aspects les plus dérangeants de l’œuvre d’origine, les personnages en devenaient plus stéréotypés et les libertés prises avec le comics n’étaient généralement pas très heureuses.
De plus, des concepts qui en une seule case peuvent être impressionnants dans une bande dessinée comme la clé de tête se retrouvaient affadis lorsqu’il s’agissait de les faire accepter aux spectateurs.

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Le temps du bilan

La série n’en a pas moins été renouvelée pour deux saisons supplémentaires. Après une scène d’introduction se déroulant durant la Guerre d’Indépendance, aussi laide visuellement que superflue (elle a son importance dans l’intrigue mais on reverra la séquence en entier au cour d’un long flash-back quelques épisodes plus tard), on retrouve nos héros où on les avait laissés, convaincus d’avoir vaincu Dodge alors qu’elle se cache sous les traits de leur ami Gabe tandis que la pauvre Ellie a été précipitée dans une dimension démoniaque.

Il faut alors peu de temps pour réaliser que cette deuxième saison s’inscrit dans la droite lignée de la précédente : des éléments du comics d’origine sont encore bien présents ici et là (ce sont généralement les meilleures idées) mais l’intrigue principale n’a plus grand-chose à voir et dans l’esprit on reste toujours sur une adaptation très édulcorée, où les personnages ont beau affronter les pires épreuves, on ne fait qu’effleurer ce qui devrait constituer des traumatismes profonds : ainsi, lorsqu’ils réalisent ce qu’ils ont involontairement fait à Ellie, seuls Tyler et Kinsey sont effondrés avant de vite passer à autre chose et tout s’arrangera miraculeusement sur ce front.

L’interprétation n’offre pas non plus de quoi s’enthousiasmer. La plupart des acteurs, tels que Connor Jessup, Emilia Jones ou Petrice Jones, sont corrects dans les limites de ce qu’on leur donne à faire mais d’autres sont toujours agaçants, notamment Darby Stanchfield qui traverse la saison un sourire éthéré aux lèvres (à une scène près), ou encore Brendan Hines en nouveau venu, potentiel compagnon pour la mère mais cachant un intérêt certain pour Matheson. Sur le papier, le personnage pourrait être intéressant mais il se comporte de manière trop stupide pour ne pas en devenir pénible. Griffin Gluck et Hallea Jones se cantonnent la plupart du temps à prendre des airs méchants et fourbes et on peut au moins se réjouir que les protagonistes les démasquent bien avant la fin de la saison. Comme on sait déjà que celle-ci ne sera pas la dernière et que du reste le dernier épisode s’intitule Cliffhanger, on ne s’étonne pas, après une confrontation bien menée dans la première moitié de celui-ci et des séquences larmoyantes dans la seconde, de voir le récit relancé par la libération d’un nouvel antagoniste, qui, pour ce qu’on nous en a montré, ne s’annonce pas franchement fascinant.

Voilà qui ne brosse pas un portrait très enthousiasmant de la saison et si l’on n’a pas goûté la première, elle ne s’avérera pas davantage convaincante. Elle n’est cependant pas totalement dépourvue de qualités : l’idée de la réplique miniature de Keyhouse liée à la véritable maison offre quelques bonnes scènes, bien que dix épisodes soient probablement trop cela reste distrayant malgré tous les défauts soulignés et la bande originale composée par Torin Borrowdale est très jolie.

Les amateurs du comics, ou plus largement les spectateurs qui espéraient une série plus sombre et tourmentée ne trouveront donc probablement toujours pas leur compte dans ces dix nouveaux épisodes. Si l’on a cependant jugé la première saison divertissante sans en attendre plus que ce qu’elle proposait, il n’y a pas de raison que la suite déçoive.

Zakath Nath


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