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Joe Abercrombie et l’évolution des tendances

Par Alice, le mardi 20 août 2013 à 14:42:40

AxeSouvent sous le feu des projecteurs, Joe Abercrombie est connu pour son franc-parler.
Dans un récent billet sur son blog, il revenait notamment cette fois sur les tendances actuelles de la fantasy, lui qui est souvent présenté comme un fer-de-lance du genre. Mais se considère-t-il vraiment comme appartenant à un quelconque mouvement ?
Sa réponse ci-dessous.

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Le billet

Vous considérez-vous comme partie prenante d'un mouvement de fond dans la fantasy (une Troisième Vague ?) et vous arrive-t-il consciemment de comparer votre travail à la fantasy traditionnelle ou même à de nouveaux rivages de la fantasy (la New Weird et Miéville par exemple me viennent à l'esprit) ? Ou est-ce que ce sont les autres vous ont collé ces étiquettes ?

Je pense que ces idées de mouvements sont naturellement apparues quelque temps après que les livres soient publiés et donc un long moment après leur rédaction. Il se peut que quelques écrivains se présentent avec une mission explicitement exprimée, mais mon expérience fut de commencer à écrire avec seulement une vague idée en tête et l'envie d'écrire quelque chose que je voudrais lire. Avec le temps, vous voyez sûrement beaucoup de lecteurs faire des déclarations similaires à propos de vos intentions, de vos buts et de vos approches et vous commencez à penser : Ouais, ils ont raison, c'est ce que j'ai fait, JE SUIS UN VISIONNAIRE HAUTEMENT POLITISÉ QUI VA CHANGER LA DONNE.

La vérité sur le sujet, aussi loin que je puisse m'en souvenir, est beaucoup moins impressionnante. J'ai joué à de nombreux jeux de rôle et lu de nombreux romans de fantasy épique quand j'étais enfant, j'ai commencé à m'ennuyer un peu de la façon qu'ils avaient de se cantonner strictement à une formule prévisible, et j'ai largement arrêté d'en lire au début des années 90 pour lire d'autres choses. Puis, j'ai lu Le Trône de fer et je me suis aperçu que c'était possible de faire quelque chose d'osé, d'imprévisible, de courageux et de centré sur des personnages tout en écrivant toujours dans le noyau commercial du genre – j'ai vu beaucoup de ce que je pensais manquer très clairement à la fantasy exprimé dans cette série. Quelque temps après ça, en 2001 je pense, et principalement parce que je me retrouvais avec beaucoup de temps libre en travaillant pour la télévision en indépendant, je commençais à essayer d'écrire sans, initialement, le moindre espoir d'être publié. Mon but, dans la mesure où j'en ai eu un, était d'écrire une trilogie classique de fantasy épique, dans la veine du Seigneur des Anneaux, de David Eddings ou de Lancedragon, mais en se concentrant davantage sur des personnages vifs et sur l'action, avec beaucoup de rebondissements, une prose à la modernité dépouillée et par-dessus tout de l'humour.

Je voulais écrire de la fantasy épique avec de l'humour, de la surprise, de l'excitation, du divertissement, de la réflexion. C'est, bien sûr, aux autres de juger si j'ai réussi à atteindre l'un de ces buts…
Excepté pour Martin, j’étais plutôt ignorant de ce qui avait été fait dans le genre durant la décennie précédente et encore moins de ce que les gens écrivaient à ce moment-là, mais il semble qu'il y ait eu quelques personnes avec des expériences et des approches similaires aux miennes, car à l'époque où j'ai été publié, en 2006, toute une série d'auteurs est apparue, des auteurs ayant souvent recours à tous ses ingrédients, et j'ai entendu pas mal d'entre eux donner des réponses très similaires, à propos de leurs influences et de leurs intentions, à celles je viens juste de donner plus haut.

Donc, j'imagine que vous pouvez dire que je fais partie du mouvement à ce niveau, comme un groupe d'auteurs qui écrivent des textes de genres similaires, basés sur des expériences et des intentions similaires. Qu'est-ce que cette troisième vague ? Je n'en ai aucune idée. Certes, La Première Loi était très consciemment mon point de vue sur la fantasy épique, une expérimentation et un commentaire sur la forme, ainsi que, j'espère, un exemple divertissant de cette forme. Les trois livres autonomes ont été légèrement différents, un bricolage entre la fantasy épique et d'autres formes et structures plus classiques. J'en connais beaucoup moins sur la New Weird, cela a toujours été difficile à définir, et je suis moins intéressé par ce qui évite délibérément les structures familières et vise quelque chose de presque déroutant par son aspect étrange, surréaliste et fantastique que je ne le suis par les rebondissements et les réinterprétations du familier et du compris.


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