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Glenda Larke parle des clichés en Fantasy

Par Aléthia, le dimanche 23 novembre 2008 à 19:21:17

Ce court billet est extrait du blog de Glenda Larke, auteur de Clairvoyante. Cet écrivain australien vit à présent en Malaisie et nous fait partager sur son blog à la fois ses errements d'auteur et son implication dans la sauvegarde de notre environnement. Dans l'extrait choisi, intitulé Tropes, clichés et mimesis en Fantasy, Glenda Larke nous donne son avis sur l'utilisation de clichés en Fantasy. Doit on lutter contre ou faire avec ?

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Traduction du billet

Ecrire de la Fantasy est souvent un sujet de moqueries pour son attachement à certains clichés du genre. Vous savez : les seigneurs noirs, les gardiens d’oies qui finissent par être le héros, etc. Il y a beaucoup de sites amusants à ce sujet ; regardez ici et ici pour commencer. J’ai même lu coup sur coup deux livres qui commençaient exactement de la même façon - un garçon sort dans les bois, rentre chez lui pour y découvrir que tout son village/famille ont été annihilés par les méchants de l’histoire. Et ce n’étaient pas les premiers livres que je lisais qui racontaient ce même événement, ni les derniers.

Un auteur débutant lisant les sites cités plus haut a (outre le fait de rire comme un fou) de fortes chances de déprimer. Comment écrire de la fantasy qui ne marche pas sur les mêmes sentiers rebattus et anciens ? Et bien, la réponse est qu’il ne faut pas se tracasser avec ça.

Et voici une des raisons pour lesquelles vous ne devez pas le faire :

Il y a longtemps, alors que j’envisageais d’écrire un nouveau roman (celui qui allait devenir The Aware), je discutais avec une personne qui commença à se moquer de la fantasy. "Ouais, disait-il, des châteaux et des forêts, des loups et des quêtes à cheval. C’est toujours pareil." J’étais si en colère contre son attitude dédaigneuse et pleine de mépris, que je me suis dit, "Ok – pas de château, pas de forêt, pas de loups ni de chevaux ! Zut à la fin, il n’y aura même pas un arbre dans celui-ci !"

Je suppose qu’il aurait été facile de situer le livre dans le désert, mais je me suis dit que c’était la solution de facilité. En plus, cela avait déjà été fait avant. Non, je voulais créer quelque chose qui n’avait jamais été tenté. C’est pourquoi j’ai créé Gorthan Spit. Pas d’arbres, pas de châteaux, pas de loups ni de troublantes forêts mais néanmoins un endroit fascinant.

Mais ensuite, quelle direction suivre ? Et bien, la première scène du livre se passe dans une auberge. Et devinez quoi : une scène d’ouverture dans une auberge est vraiment un cliché en Fantasy. C’est un bon endroit pour démarrer, vous voyez. Vous pouvez y rassembler quelques-uns de vos personnages principaux, les faire se rencontrer pour la première fois. Vous pouvez introduire tellement d’éléments du contexte, la politique, le monde, dans la conversation des gens assis autour d’un verre. Et vous pouvez écrire le premier élément de la malveillance qui va s’abattre votre personnage – le monstre/méchant qui arrive à la porte de l’auberge au milieu de la nuit, les soldats qui approchent, ou n’importe quel élément malencontreux que devra affronter votre héros ou votre héroïne.

Mon avis est le suivant : utiliser des clichés en Fantasy n’est pas en soi une mauvaise chose. Ce sont devenus des clichés parce qu’ils font les bonnes histoires. Ce qui compte c’est comment vous les utilisez. Combien avez-vous lu de récits initiatiques qui suivaient la même voie ? Est-ce que cela avait de l’importance ? Non, parce qu’au final ce qui compte c’est l’histoire. Et comment vous réussissez à la raconter. Chaque roman initiatique est différent. Chaque façon qu’à un auteur d’aborder les mêmes questions est un essai différent sur le même thème.


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