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Carnival Row : le bilan de la saison 1 !

Par Zakath, le lundi 2 septembre 2019 à 06:50:14

CRÀ l'origine, A Killing on Carnival Row était le scénario d'un long-métrage écrit par Travis Beacham.
Après quelques transformations, plusieurs noms associés puis remplacés (Guillermo del Toro comme co-scénariste, réalisateur et producteur, notamment), son œuvre nous arrive enfin par l’intermédiaire d’Amazon Prime, sous la forme d’une série dont la première saison mise en ligne compte huit épisodes.

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Le bilan

On y découvre la puissante cité de La Burgue, qui après avoir perdu une campagne militaire destinée à coloniser le royaume féérique d’Anoun aux dépends d’une puissance rivale, le Pacte, voit affluer dans ses rues une population de réfugiés issue de la contrée ravagée : des Fées (appelées Pix), des Faunes (ou Pucks), des centaures, etc. Tandis que Vignette (Cara Delevingne), une Fée récemment arrivée, tente de se faire une place en ville, l’inspecteur Philostrate (Orlando Bloom), qu’elle a connu pendant la guerre, doit résoudre une série d’agressions sur des êtres féériques, qui le mettent sur la piste d’une conspiration de grande ampleur.

La série démarre avec un fort potentiel au niveau de l’univers proposé, d’autant plus alléchant qu’il ne s’agit pour une fois pas d’une adaptation, d’un spin-off ou d’une suite, et si les métropoles victoriennes où se croisent humains et créatures magiques ne sont pas rares sur papier, elles ont été moins souvent aperçues à l’écran. Malheureusement, peut-être parce que les créateurs de Carnival Row craignaient que trop d’informations à assimiler risquait de perdre le spectateur, le déroulement de l’intrigue et les thèmes abordés sont traités de manière trop simples, pour ne pas dire simplistes. La série parle de problèmes toujours d’actualité, comme le racisme auquel les réfugiés d’Anoun sont en butte, le colonialisme, le sort des œuvres d’art originaires de pays conquis, mais si l’on préfère quand la métaphore est subtile, on en sera pour ses frais. Quant à l’enquête policière, la fin du premier épisode laisse entrevoir plus qu’un ersatz de Jack l’Éventreur, mais la plupart des révélations qui seront faites à Philostrate auront été grillées par les spectateurs quelques scènes, voire quelques épisodes, avant le brillant inspecteur.

Heureusement, Carnival Row n’a pas qu’à proposer un mystère vite éventé et une romance contrariée entre Vignette et Philostrate. La série a pour elle une galerie de personnages étoffée, et l’on passe de manière fluide d’une sous-intrigue à l’autre tandis que tout ce beau monde évolue : un frère et une sœur aristocratiques mais désargentés doivent faire avec un nouveau voisin, un Puck qui a réussi et qui pourrait les remettre à flots ; deux familles de politiciens qui rivalisent pour le pouvoir ; un Puck renvoyé de son travail qui va se radicaliser ; le directeur d’un (très joli) petit théâtre de Kobolds… Si l’histoire principale manque de finesse, les différents protagonistes qui n’ont parfois aucun rapport les uns avec les autres se croisent quasiment tous à un moment ou un autre sans que cela paraisse artificiel, et les actions de l’un peuvent avoir des conséquences inattendues sur le parcours des autres.

Cette galerie permet également de se promener dans les différents quartiers de La Burgue et dans les différentes strates de la société, et l’un des points forts de la série est de faire vivre cette ville, qui passe très bien à l’écran. En ce qui concerne la distribution, aucune performance n’est particulièrement remarquable mais rien de catastrophique non plus. David Gyasi, qui surnageait déjà en Achilles dans la très moyenne Troy : Fall of a City, est peut-être celui qui tire le mieux son épingle du jeu.

La saison 1 boucle l’intrigue principale mais abandonne la plupart des personnages dans une position pour le moins incertaine et laisse pas mal de question en suspens : va-t-on voir d’autres lieux que La Burgue et Anoun, évoqués au détour des conversations, comme New Freehold ou Le Pacte ? Quel place va occuper le gang des Fées des Black Ravens qui a eu un rôle important dans une poignée d’épisodes avant d’être laissé de côté ? On peut espérer des réponses, car Carnival Row est déjà renouvelée pour une deuxième saison, qu’on espère tout aussi séduisante dans l’univers qu’elle propose mais avec une main un peu moins lourde dans la manière de gérer ses mystères et ses idées.


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