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Joe Abercrombie dans Locus

Par Lhénée, le lundi 20 janvier 2020 à 08:46:14

1 Interview de Joe Abercrombie dans le numéro de janvier du magazine Locus !
Quelques extraits sont disponibles gratuitement sur leur site et nous permettent de mieux connaître cet auteur. Joe Abercrombie nous confie qu'il a beaucoup joué aux jeux de rôles et a lu quantité de fantasy des années 80 et 90 (l'héroïque fantasy rutilante de l'époque), mais aussi des titres plus classiques comme Dickens et Jane Austen. Comme sa mère était professeur d'anglais, elle l'encourageait beaucoup à lire, discutant avec lui des livres, des ficelles qui les faisaient fonctionner. Elle n'aimait pas la fantasy, elle ne l'a donc jamais aiguillé pour ce type de lecture. Elle le laissait choisir ce qu'il aimait, tant qu'il lisait aussi ce qu'elle aimait pour qu'ils puissent en discuter ensemble. Joe Abercrombie appréciait beaucoup ces moments d'analyse où sa mère ne pouvait s'empêcher d'expliquer la structure de certaines phrases. Elle le faisait réfléchir au rythme, au choix des mots quand ils lisaient de la poésie. Abercrombie ne se considère aucunement comme un poète, mais étudier la poésie et comprendre comment on peut aller à l'essentiel en un minimum de mots a été très formateur. C'est ce qu'il cherche à faire dans ses romans : une voix puissante et une certaine concision avec du rythme.
Abercrombie a été fasciné par le Hobbit. Vers 10 ans, il s'est plongé dans Le Seigneur des Anneaux, qu'il lisait chaque année aux alentours de Noël. Cherchant ensuite d'autres lectures, il commença Le Sorcier de Terremer d'Ursula K. Le Guin, une approche totalement différente de Tolkien qu'il a adorée. Puis, ce fut le tour d'Elric de Michael Moorcock, intéressant pour son traitement de la moralité. Ces trois auteurs ont été fondamentaux pour lui.
Ses lectures se sont ensuite diversifiées : encore de la fantasy avec David Eddings (fantasy commerciale qu'il appréciait mais qu'il a fini par trouver redondante), du polar avec Elmore Leonard et James Ellroy qui le faisaient entrer dans la tête des personnages (au contraire de Tolkien qui garde une certaine distance dans sa narration, au-dessus de événements). Ce contraste de points de vue l'a particulièrement marqué et très tôt, il a souhaité les voir ensemble dans un même ouvrage. Puis il a lu Le Trône de fer dans les années 90 : c'était exactement le mélange auquel il pensait !
Il a commencé à écrire sérieusement quand il a fini ses études (diplôme de psychologie). Depuis son enfance, il avait en tête les idées de sa trilogie La Première Loi, qui ont mûri au fil des années. Les premiers essais étaient pompeux et d'un héroïsme très classique, de la fantasy standard manquant de ton et d'esprit. Il les a mis de côté pendant 7 ou 8 ans, temps pendant lequel il était éditeur de film. Quand il a repris, les personnages ont commencé à avoir leurs propres voix, et il a voulu explorer ça. Son habitude de regarder comment les choses sont construites lui a permis de démonter sa propre création et de la repenser.
Il ne pensait pas encore faire de l'écriture son métier, mais sentait que cette activité allait prendre de la place dans sa vie. Une étape clé a été franchie quand il a annoncé qu'il écrivait à ses amis et à sa famille. Il était plutôt discret à ce sujet, écrivant au milieu de la nuit, entre minuit et 4h du matin. Il eut le courage de montrer ses écrits à ses parents. Sa mère a été et est toujours une critique positive et créative, bien que sans pitié. Elle lui dit : "Joe, ce n'est pas aussi mauvais que je le pensais". Elle fit de nombreuses remarques sur la structure des phrases, la façon d'utiliser des images, la rédaction des dialogues, et lui a permis de prendre du recul sur les clichés. Son père réfléchissait plus à l'intrigue et à la progression des personnages. En deux ans, le livre était rédigé.
Vendre ce premier livre a pris un peu de temps. Abercrombie a démarché plusieurs agents littéraire s'occupant de productions similaires. Personne n'était intéressé. Le plus difficile n'a pas été le refus pour lui, mais le silence total et l'indifférence : à l'époque (avant l'email), on envoyait son paquet avec une enveloppe libellée à sa propre adresse pour la réponse. Six semaines plus tard, il la retrouvait dans sa boîte-aux-lettres avec un message type et une signature photocopiée. Il s'attendait à un rejet percutant, avec une petite argumentation, et pas juste à "Nan".
Pour en savoir plus, ça se passe dans le numéro de Locus de janvier !

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