Vous êtes ici : Page d'accueil > Fantasy > Cycle Manga Fantasy >Les Enfants de la baleine

Les Enfants de la baleine

(Ce Cycle est En Cours)

Auteur : Umeda Abi
Les Enfants de la baleine

Les Enfants de la baleine - 1

Dans un monde où tout n’est plus que sable, un gigantesque vaisseau vogue à la surface d’un océan de dunes. Il abrite des hommes et des femmes capables pour beaucoup de manipuler le saimia, un pouvoir surnaturel qu’ils tirent de leurs émotions. Ce don les condamne cependant à une mort précoce.
À bord de la “Baleine de glaise”, ils vivent leur courte vie coupés du reste du monde. Jusqu’au jour où, sur un vaisseau à la dérive, le jeune Chakuro fait une étrange rencontre…

Les Enfants de la baleine

Les Enfants de la baleine - 2

Les enfants de la “Baleine de glaise”, gigantesque vaisseau prisonnier des sables, rêvent du monde par-delà les dunes.
Certains par curiosité, comme Chakuro, jeune scribe du navire.
D’autres par impatience, comme Ohni, leader d’une bande de délinquants.
Ils n’ont qu’une trentaine d’années à vivre et une terrible soif d’espoir, loin d’imaginer quel péril les attend, prêt à surgir des confins du désert…

Les Enfants de la baleine

Les Enfants de la baleine - 3

Venus des confins de la mer de sable, des envahisseurs menacent d’exterminer la population de la “Baleine de glaise”. Le Conseil des anciens décide à la hâte de se soustraire à ce futur en sabordant l’île. Mais les enfants de la “Baleine” vont faire un choix. Un choix nécessaire, qui ne s’encombre plus des notions de bien ou de mal…

Les Enfants de la baleine

Les Enfants de la baleine - 4

Au plus fort de la guerre contre les troupes apathoïa, les enfants-combattants de la “Baleine de glaise” tombent les uns après les autres, emportant avec eux leur détermination, leurs espoirs et leurs promesses.
Alors qu’une tempête de sable fait rage, dans un coin de ce triste champ de bataille, deux “folies” sont sur le point de s’affronter…


Critique

Par Benedick, le 20/09/2016

Les Enfants de la Baleine est une œuvre d’Abi Mueda dont la publication a démarré en 2013 au Japon dans le magazine Mistery Bonita. Six volumes reliés sont actuellement sortis au Japon et cette critique concerne les trois premiers volumes publiés en français par Glénat.
Le premier contact avec une bande dessinée est toujours visuel et les Enfants de la Baleine possède indéniablement une identité graphique singulière, le démarquant des standards actuels des mangas jeunesses et adultes. Pour représenter ses personnages, l’auteur adopte un trait crayonné simple et délicat, comme si ces individus se présentaient à nous avec modestie ou indifférence. Néanmoins, une belle palette d’expressions évite toute monotonie au cours de la lecture et il est assez aisé de distinguer les nombreux acteurs de l’histoire. Concernant l’univers, Abe Umeda multiplie l’étrangeté et le détail, offrant un mélange de naturel et d’artificiel, d’organique et de minéral. L’environnement s’impose alors aux lecteurs comme une entité vivante avec son histoire, ce qui n’est pas sans rappeler les décors et les architectures des œuvres de Miyazaki (Nausicaa et la vallée du vent).
Il est d’ailleurs dommageable qu’un format plus grand n’ait pas été adopté pour l’édition française, le manga aurait gagné en lisibilité, que ce soit en termes de qualité de lecture ou d’exposition auprès d’un public pas forcément attiré par le genre.
La maîtrise des émotions est la thématique forte de ce manga fantasy. Cependant, il n’est pas majoritairement question d’égocentrisme, d’interrogations personnelles ou de recherche d’identité. Non, l’émotion est ici caractérisée par le rapport à l’autre et comment les nombreuses convictions se heurtent à la réalité des inconnus que nous découvrons, ou des « mal-connus » que nous côtoyons depuis toujours.
Mais l’auteur est subtil et la découverte de son monde original et mystérieux grâce à ses personnages permet d’éviter un propos lourd et maladroit. Pas de pesantes explications ou de parcours didactique à travers le point de vue unique du protagoniste. Même si ce dernier est attachant avec son désir quasi-compulsif de conserver par écrit la moindre bride d’expérience humaine, le récit ne se centralise pas sur son évolution vers l’âge adulte. Non, ici tout passe par la rencontre avec une réelle « variété » d’individus. Des êtres construits selon divers degrés d’acception et de rupture avec leur environnement commun. A mesure que l’intrigue avance, et que les problématiques s’imposent, on découvre qu’il n’y a pas vraiment de personnage fondamentalement forts ou faibles. Chaque individu est dépeint comme un être humain qui a appris ou apprend à gérer ses limites et sa fragilité, ou celles de l’idéologie qu’il veut honnêtement protéger.
L’action est bien présente dans les Enfants de la baleine, pouvoirs magiques et décors complexes sont employés pour donner de l’intensité aux affrontements. Dès la fin du tome 1, les premières révélations apparaissent avec brutalité et les conséquences vont germer dans un deuxième et un troisième tome qui continuent de dévoiler les mystères entourant la baleine de glaise. La narration s’intensifie donc au cours de ces trois premiers volumes, chacun ayant la particularité de se terminer sur un cliffhanger. De quoi donner toujours du rythme à un manga qui aime souvent esthétiser la contemplation et l’introspection. Il est aussi assez fascinant de voir comme l’humour et la légèreté apparaissent comme naturels chez les personnages et non comme un outil narratif employé mécaniquement par l’auteur pour faire « respirer » son intrigue. Pour celles et ceux qui aiment les détails vivants d’un univers secondaire, Abi Umeda propose aussi entre les chapitres des « notes de scribes », c’est à dire des plans et des explications imagées concernant le mode de vie et l’écosystème des habitants de la baleine de glaise. De quoi donner du corps à l’émotion et à la réflexion.
Mélangeant artistiquement poésie et survie, les Enfants de la baleine est un manga doté de nombreux atouts de séduction. Il est fort possible de ne pas succomber à son charme discret et subtil, mais il serait bien dommage de ne pas se laisser tenter.

8.0/10

Discuter de Les Enfants de la baleine sur le forum.


Dernières critiques

Derniers articles

Plus

Dernières interviews

Plus

Le héros de la semaine

Retrouvez-nous aussi sur :