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Distopiary

Titre VO: Yakushoku Distpiari - Gesellshaft Blue (Ce Cycle est Terminé)

Auteur : Fumitaka Senga
Dessinateur : Tellmin
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Dans un univers fantasy, teinté de RPG, le  23ème roi du Mal va bientôt être choisi. Il peut émerger à tout moment dans n’importe laquelle des 7 strates qui le composent. 
Dans ce monde, où les classes sont paramétrées à la naissance, les Exterminateurs ont pour mission de trouver et d’anéantir le roi du Mal  avant qu’il ne soit trop tard. Pour cela, ces héros devront réunir une équipe de coéquipiers de classes différentes. Les Exterminateurs sont reconnus comme des héros mais contrairement aux autres classes, ils  ne peuvent pas acquérir d’expérience mais seulement augmenter temporairement leur puissance.

Suivez Tolza, un jeune Exterminateur, dans son voyage pour anéantir le roi du Mal en compagnie de ses coéquipiers et découvrez le terrible et sombre secret que ces derniers ne doivent jamais apprendre à propos de la classe des Exterminateurs et de leur habilité, le Supplément Héroïque

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Distopiary - 2

“Tue tes compagnons et élimine le roi du mal !”
Exterminateur : caste exécrable ayant la faculté d’augmenter sa force en additionnant le niveau de ses compagnons morts au sien.
Tolza, l’exterminateur à la croix, rencontre Ezerkill, l’exterminateur au bandeau, un homme possédant les mêmes pouvoirs que lui.
Parallèlement, le destin poursuit inéluctablement son cours et une attaque imminente du roi du mal plane sur le monde…

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Cette fois, “le cirque du malebolge”, désigné comme 23e roi du mal, a décidé de s’en prendre à une immense ville.
Trois détenteurs de droits maléfiques : une invocatrice sur gages, un expert en gravitation et une mycicultrice hyphique s’apprêtent donc à semer terreur et destruction dans la cité des médias.
Par malheur, ces trois démons sont insensibles aux attaques physiques ordinaires et seul un exterminateur peut espérer les battre…

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Un nouveau personnage fait son apparition.
Il s’agit d’Azoth, l’exterminateur aux flacons…
Cet homme a le pouvoir d’augmenter son niveau de façon foudroyante en tuant des clones qu’il produit en grand nombre grâce à une habilité alchimique.
Mais quel mystère cache ce massacre exécuté sous le couvert de “l’efficacité”  ?

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Victime d’une tromperie, l’Observatoire ne manquera pas d’utiliser le plus vicieux des procédés pour punir celle qui n’a pas hésité à le trahir pour son exterminateur…
De son côté, Azoth prendra une décision inattendue face à l’assaut d’un élément maléfique lancé contre la ville que l’exterminateur était sur le point de quitter…
Tolza, lui, trouvera une issue qu’il se résoudra à accepter…


Critique

Par Benedick, le 08/11/2017

Par essence le manga a toujours eu une facilité à intégrer et assimiler les codes narratifs des médias qui ne sont pas traditionnellement rattachés à la bande dessinée. Ainsi, par la simple expérience de lecture, il est aisé de sentir l’influence de la mise en scène cinématographique sur la mise en page des mangas. Ce n’est pas pour rien que les mangas sont souvent comparés au storyboard et que leur prépublication systématique dans des magazines rappelle les romans-feuilletons japonais et occidentaux d’avant le XXème siècle.
Depuis une vingtaine d’année certains mangas s’inspirent, à différents niveaux, d’un nouveau média et son langage narratif : le jeu vidéo. Il n’est pas question seulement d’adaptation d’un média à l’autre, ce phénomène existe depuis les années 90, conjointement avec l’émergence des jeux-vidéos comme loisir de masse. Désormais, il s’agit d’essayer d’utiliser de nouvelles façons d’exposer une histoire en s’inspirant de la mécanique essentielle des jeux : réussir un objectif selon les règles et les systèmes imposés. Bien évidemment, l’aspect jeu vidéo est souvent superficiel, le but est d’être complaisant avec un lectorat juvénile en le caressant dans le sens du poil avec des références familières et confortables. Cependant, plutôt que de faciliter l’exposition de schémas narratifs déjà reconnus par leur utilisation systématique depuis des dizaines d’années, des œuvres comme Distopiary utilisent la construction vidéoludique pour délivrer un propos différent. 

Première force, l’histoire de Distopiary se développe et se finalise en cinq volumes. Ceci grâce à la caractérisation vidéoludique accélérée de l’univers avec ses systèmes de régions distinctes, de classes de personnages et de menaces revenant de manière cyclique. Avec ce contexte bien posé, le scénario va pouvoir se diriger au delà et à côté du déroulement d’une quête épique et héroïque de longue haleine. En effet, dès les premiers chapitres, les comportements des personnages vont bousculer pas mal de conceptions sur la figure du héros charismatique. Et les puissances en présence vont se révéler être des machines à détourner certaines conventions en suivant une logique globale à la fois déprimante et confortable. Le cloisonnement semble diriger le monde dépeint par Distopiary et l’attitude de personnages plus ou moins enfermés dans des rôles préétablis va être le cœur du récit. Pour autant, l’histoire ne s’enferme pas dans le pessimisme et le cynisme verbeux pour dénoncer le déterminisme social. Tout semble a priori se dérouler comme un manga d’aventure et d’action avec ses moments de gloire et de tragédie. Cette ambigüité est aussi entretenue par le dessin. Ce dernier, dans les standards des œuvres jeunesse, va mêler les inserts de jeux-vidéos à une direction artistique de science-fantasy Japonaise plus classique. Comme par exemple l’alternance étrange entre morts sanglantes pour les humains et disparition pixélisée digne d’un J-RPG (Japanese Role Playing Game) pour les monstruosités. Alternant ainsi le chaud et le froid, le scénario amène son lectorat à s’interroger, voire s’inquiéter, à propos du destin des personnages. Peuvent-ils, ou veulent-ils, vraiment aller au-delà de l’administration des puissances supérieures ? Quel niveau d’hypocrisie acceptent-ils pour exister et s’accepter humainement ? Et d’ailleurs, le lecteur, quel niveau d’hypocrisie s’accorde-t-il lorsqu’il s’agit d’accepter, de dénoncer ou de refuser les « clichés » des fictions en équilibrant prétention culturelle et plaisir personnel de lecture ?
Pour autant, Distopiary ne semble pas asséner un message ou proposer une révolution narrative. Même si, une fois n’est pas coutume, les références aux jeux vidéo ne sont pas justes cosmétiques. Qui plus est, le cynisme et la mortalité ne sont pas simplement employés comme une maturité de façade. Ce manga met en place son univers et le respecte jusqu’au bout pour faire agir et réfléchir ses protagonistes, ce qui est une expérience réussite en soi dans le domaine de l’imaginaire et de la fantasy.

8.0/10

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