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J.R.R. Tolkien

Par Foradan

John Ronald Reuel Tolkien est né à Blomfontein, Afrique du Sud, le 3 Janvier 1892.

Il arrive en Angleterre en 1896, dans le village de Sarehole (près du Pays de Galles), avec son frère Hilary Arthur Reuel et sa mère Mabel. Son père Arthur reste en Afrique où il décède le 15 février 1896 d'une hémorragie.


A Sarehole, Mabel s'occupe de l'éducation de ses deux fils ; Ronald sait lire à 4 ans, se démarque en dessin, langues (surtout le latin)... A l'automne 1899, Tolkien passe l'examen d'entrée à la King Edwards School, mais il échoue et ne réussit qu'un an plus tard.

La famille déménage dans la banlieue de Birmingham (à Moseley). Pour économiser, sa mère le retire de cette école (avec son frère) et le place à St. Philips, un collège catholique. Mais en 1903, Tolkien retourne faire ses études à Kings Edwards (le niveau de St. Philips était trop bas) et gagne un prix. Mabel meurt le 14 novembre 1904, à l'âge de 34 ans. Lui et son frère sont placés sous la tutelle du père Francis Morgan.

En 1905, les deux frères habitent chez une tante. C'est ici que Ronald rencontre Edith Brath, et ils se lient d'amitié. Vers 1909, le père Francis s'aperçoit de leur amour croissant et juvénile (elle à 20 ans et lui 17) et refuse tout compromis ; en 1910, les deux frères déménagent sous l'ordre du père Francis qui veut éloigner Edith et Ronald.

En décembre, Tolkien commence ses études à Oxford, et les poursuit avec un grand succès jusqu'en 1915. La-bas, il s'occupe principalement en jouant au rugby,les clubs , les journaux étudiants... Passionné de philologie et de littérature, il commence à créer des langages (comme le Quenya), mais aussi ses propres écrits, en prose ou en vers, se situant dans un pays Elfe de son cru, la Terre du Milieu.

C'est seulement en 1913 qu'il est autorisé à revoir Edith, car il a 21 ans, mais celle-ci le déçoit en lui disant qu'elle est déjà fiancée à George Field. Tolkien la convainc cependant de rompre en sa faveur ! Edith et Ronald se marient le 22 mars 1916, puis il est envoyé en France (dans les Lancashire Fusiliers) pour la guerre. Tolkien est rapatrié à cause la "fièvre des tranchées" (après avoir participé à la terrible bataille de la Somme), et c'est dans des baraques surpeuplées qu'il commence à rédiger le "livre des contes perdus" (début 1917).

Il revient en Angleterre dans l'année et a son premier fils, John. Ronald participe -modestement- à l'élaboration du dictionnaire d'Oxford comme lexicographe. Michael, le deuxième fils de Tolkien naît en 1921. En 1923, le" livre des contes perdus" est pratiquement terminé : Tolkien le rebaptise alors le "Silmarillion".

Il devient professeur d'anglais en 1924 à Leeds, c'est cette année là qu'il a son troisième fils, Christopher. En 1925, il déménage à Oxford et enseigne au Pembroke College (et cela pour les 24 années à venir).

Tolkien participe à beaucoup de travaux, littéraires ou philologiques (avec notamment des études sur Chaucer -1936-, les poèmes anglo-saxons du VIIe siècle -comme Beowulf-, et d'autres thèmes, comme les légendes arthuriennes - Sir Gawain and the Green Knight, 1925-).

Quatre ans plus tard, il a sa première fille, Priscillia.

Le "livre des contes perdus", était issu de l'amour de Tolkien pour la littérature, mais aussi pour le langage. Tolkien a ressenti le désir d'écrire des histoires dans laquelle les langages avait une place logique. Mais son premier roman débute par une anecdote...

Lorsque Tolkien corrige des copies d'élèves, il tombe sur une feuille blanche : il rédige alors les premières lignes du "Hobbit" sur la page en question. Tolkien écrit l'histoire jusqu'à la mort du Dragon, il la raconte à ses enfants. Mais les enfants grandissent, et le roman inachevé finit dans un tiroir.

Heureusement, une de ses étudiantes découvre l'histoire avec enthousiasme ; Tolkien achève alors le récit avec entrain. Une copie de l'histoire se retrouve chez Suzan Fagnall, une employée des éditeurs George Allen and Unwin. Allen confie le roman à son fils Rayner, 10 ans. Le jeune garçon conclut : "ce livre, avec ses cartes, n'a pas besoin d'illustrations, il est bon et devrait plaire à tous les enfants entre 5 et 9 ans".

Ce roman devient instantanément un classique, laissant les lecteurs avides d'une suite.

Tolkien travailla sur cette suite pendant près de quinze ans. Le livre fut séparé en trois volumes (les deux premiers tomes - la "Communauté de l'Anneau" et les "Deux Tours"- sont publiés en 1954, et le dernier tome -le "Retour du Roi"- paraît un an plus tard).

Le roman est très bien reçu par le public, et les ventes ne cessent d'augmenter. Mais ce n'est pas avant le milieu des années 60 que l'univers de Tolkien capture l'attention du grand public, lorsque que le "Seigneur des Anneaux" est publié en livre de poche.


L'oeuvre de Tolkien devient célèbre, et connaît de nombreuses imitations, et même une parodie ! La littérature fantastique qui se développe dans les années 70 doit sûrement beaucoup à Tolkien, non-pas pour avoir créé ce genre littéraire, mais plutôt pour l'avoir popularisé.

L'inspiration dépasse même le cadre purement littéraire: Gary Gygax s'inspire largement de la Terre du Milieu pour lancer en 1973 le plus célèbre des jeux de rôle, à savoir "Donjons & Dragon". Et qui ne pense pas à Tolkien en regardant un film comme le " Willow" de Ron Howard ?

En 1957, Tolkien doit aller aux Etats-Unis pour recevoir différents honneurs à Harvard (et dans d'autres universités...) mais le voyage est annulé en raison de la santé de sa femme Edith. Après avoir quitté son poste de professeur en 1959, Tolkien passe le reste sa vie à travailler sur les textes du "Silmarillion", un cycle de mythes complexes de la Terre du Milieu. Il déménage au bord de la mer pour rester avec sa femme mourante. Elle meurt le 29 novembre 1971.

Tolkien fait écrire sur sa tombe " Lúthien". C'est elle, lorsqu'ils étaient encore étudiants, qui lui inspira le plus beau passage du Silmarillion en dansant pour lui dans les bois. Tolkien rentre à Oxford, et reçoit en 1972 le C-B-E de la Reine, ainsi qu'un doctorat ès lettres honoraire de la part d'Oxford.

Il meurt le 2 septembre 1973 à 81 ans, nous laissant le soin d'aimer à sa place ses Hobbits, ses Elfes, son univers.

Christopher entreprend la compilation et la publication du "Silmarillion" qui paraît en 1977. Tolkien nous laissa une masse énorme de manuscrits et de notes. Aujourd'hui, son fils l'a publiée dans sa quasi totalité (l"Histoire de la Terre du Milieu", les "contes et légendes inachevés"). Mais l'oeuvre traduite en français n'est en fait qu'une infime partie des écrits de Tolkien.

Tolkien était fervent catholique; ses influences religieuses, interprétées à travers son amour pour l'imaginaire, transparaissent dans le " Silmarillion" et le " Seigneur des Anneaux". Tolkien était le membre d'une société d'élite de dons (nom des professeurs de l'université) à Oxford, dont C.S. Lewis, ami intime de Tolkien, faisait également partie. Tolkien l'aida à se convertir au christianisme, Lewis devient plus tard l'un des plus grands théologiens du 20eme siècle.

Bien que très fier de ses ancêtres allemands, Tolkien refuse de faire traduire le "Hobbit" en allemand, lorsque l'éditeur demande de spécifier qu'il appartiennait à la race aryenne.

L'amour de Tolkien pour la littérature fantastique ne fut jamais tempéré, même au travers de textes moins connus comme le "Fermier Gilles de Ham" (1949), Smith de Grand Wootton (1947), les " Aventures de Tom Bombadil" (1962), et le superbe "Feuille, de Niggle" (1964).

Beaucoup de critiques n'arrivaient pas à comprendre l'enthousiasme que suscitait les sagas de Tolkien (le "Silmarillion" fut qualifié de "prose biblique, style ancien testament").

Mais "Bilbo" et le "Seigneur des Anneaux" sont parmi les premiers best-sellers de tous les temps, ils conservent tous deux leur splendeur de chef-d'oeuvre, malgré les ans. Les Anglais ont élu le "Seigneur des Anneaux" comme oeuvre du siècle.

Il est vrai que les livres de Tolkien ont su à merveille poser les termes du conflit entre le bien et le mal, ce mal vécu comme une force positive à l'oeuvre sur la terre.

Et en un siècle d'atrocités comme le nôtre, ou la beauté passée et surannée a été dévastée, comme le dénonçait le créateur de Tom Bombadil, et bannie par le progrès technologique et le moteur à explosion, il était normal qu'une partie de l'Humanité en vint à se plonger dans l'oeuvre d'un auteur aussi féru de tradition et conscient de l'importance cosmique du mal sous toutes ses dimensions.