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Interview croisée - L’Héritage de Richelieu

Par Gillossen, le lundi 26 septembre 2016 à 16:20:46

RichelieuLa nouvelle avait été dévoilée fin août...
Quelques semaines plus tard, Pierre Pevel et Philippe Auribeau ont aimablement accepté de répondre à nos questions concernant le retour des Lames du Cardinal via ce nouveau projet baptisé L'Héritage de Richelieu et dont les deux premiers épisodes arriveront le 19 octobre.
Merci encore aux deux auteurs pour leur disponibilité ainsi qu'aux éditions Bragelonne, et plus particulièrement à César Bastos pour son aide toujours précieuse.

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Philippe Auribeau et Pierre Pevel répondent à nos questions

Philippe, il s'agit du coup de votre premier livre, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
PA : Bonjour à tous. Je suis donc Philippe Auribeau, 42 ans mais j’ai l’air beaucoup plus jeune (si). Né et toujours proche d’Aix-en-Provence, une ville où j’ai longuement erré, entre monuments XVIIe, librairies et boutiques de jeu. C’est là que s’est construit mon imaginaire.
J’ai fait mes premières armes dans l’écriture par le jeu de rôle : les Chroniques des Féals d’après Mathieu Gaborit, l’Appel de Cthulhu d’après HP Lovecraft et enfin les Lames du Cardinal. À part ça, geek multi-facettes (cinéma, séries, jeux et BD) et amoureux des livres, une passion que je m’efforce de transmettre à mes quatre filles. Ça marche plutôt bien.
Question toute simple ensuite, mais comment est née l'envie de monter ce projet ?
PA : L’idée de départ est née du cerveau tortueux de Stéphane Marsan. J’ai été contacté par Pierre dès que les bases du projet ont été établies, pour faire un bout d’essai qui les a tous deux satisfaits. Dès lors, comment résister à cet appel ? Je suis un garçon si influençable…
PP : Philippe oublie de préciser que nous avions enlevé son hamster angora et que nous menacions de le lui rendre en plusieurs fois s’il refusait. (Si Philippe refusait. Pas le hamster. Le hamster était dans la combine dès le début.)
Le choix de cette époque s'est-il fait tout naturellement, du fait du jeu de rôle des Lames ?
PA : La réflexion sur l’époque a été longuement réfléchie lors de la conception du jeu, en effet. Il me paraissait nécessaire d’amener une distance par rapport à l’époque des romans, pour se sortir plus facilement de l’ombre des personnages de Pierre. Et ils prennent de la place ! Les années 1642/1643 sont très intéressantes de ce point de vue, car en plus de décaler d’une décennie les aventures des héros, on y voit un changement total à la tête du pays. Les débuts de Mazarin — particulièrement difficiles— rendent crédible la nécessité de reformation d’un groupe de Lames. En même temps, l’ombre de Richelieu plane toujours. De fait, si l’historique et la situation des Lames sont différents du jeu de rôle, le choix s’est assez naturellement imposé à moi.
Philippe, le jeu de rôle est justement passé par là, mais comment se met-on dans les pas de Pierre ? Surtout en devant gérer une "suite", ce qui n'est jamais facile à traiter.
PA : L’expérience du jeu de rôle a été bénéfique. Pierre et moi avions longuement échangé lors de l’adaptation par les éditions Sans-Détour, et c’est un travail que nous n’avons pas eu à refaire. Nous étions dès le début dans une relation de confiance.
L’objectif n’était pas d’écrire une suite proprement dite à la trilogie originelle, mais de proposer des aventures dans le même univers. J’ai donc essayé, en quelque sorte, de me mettre dans la position qu’avait dû tenir Pierre par rapport aux romans de Dumas. Raconter ses propres aventures en insérant ça et là des références et personnages issus du roman qu’on admire et dont on prend la suite. Si on croise des personnages emblématiques, ce ne sont plus les héros de l’histoire, mais les garants d’un univers. J’ai tenté de reproduire modestement le même schéma, en ayant la chance de bénéficier des conseils de Pierre.
PP : Je confirme. L’Héritage de Richelieu est un spin-off et non une suite.
Pierre, de la même manière, pas trop dur de laisser la main à quelqu'un d'autre, dans un cadre cette fois romanesque pour le coup (et pas de jeu) ?
PA : Pas du tout, Philippe est formidable (oups, ce n’était pas à moi de répondre).
PP : Pas du tout, Philippe est formidable. (J’ai bon ?) Blague à part, ça ne m’a posé aucun problème. Je savais que Philippe respecterait l’univers des Lames et son esprit. Partant de là, il avait les coudées franches. Je lui ai fait confiance et j’ai eu raison. En fait, je l’ai traité comme j’aurais aimé qu’on me traite à sa place : en lui foutant une paix royale une fois les bases bien établies.
Outre la forme de diffusion, qu’est-ce qui différencie L’Héritage de Richelieu de son modèle, sur un plan créatif ?
PA : Difficile à dire. Se placer dans la continuité d’un autre roman implique de renoncer à certaines idées et libertés. D’un autre côté, il y a un certain confort à ne pas réfléchir des heures à la création d’un univers original, puisque quelqu’un d’autre l’a déjà fait. Et bien.
J’ai tâché de reproduire une structure et une ambiance, pour que le lecteur, dès le premier épisode, puisse se dire : « je suis dans le monde des Lames, je vais lire une aventure des Lames ». Tout en essayant d’apporter ma touche personnelle.
Selon vous, et de façon plus générale, qu'est-ce qui fait un bon feuilleton, si l'on met de côté le sens du cliffhanger ?
PA : Le sens du cliffhanger ! Ah, non, je n’avais pas le droit. Je dirais que sur ce plan, les bonnes recettes du roman se transposent au feuilleton. Si l’on a des personnages rapidement intéressants, une intrigue porteuse et des rebondissements réguliers, on doit approcher de la vérité. Le feuilleton donne sans doute un cadre plus rigide qu’un roman classique, au niveau du volume et de la rythmique. Mais cela oblige aussi à faire de vrais choix et à aller à l’essentiel. Feuilletonner, c’est enlever du gras.
PP : Le rythme. Il faut que l’intrigue évolue. Que chaque chapitre soit utile, qu’il apporte quelque chose, qu’il donne envie de poursuivre la lecture. Pas le temps de s’écouter écrire. L’auteur doit aller au charbon et Philippe y va avec un bel enthousiasme.
Verra-t-on plus tard une version papier ?
PP : Si Philippe est sage et s’il nous rend riches.
PA : Les intégrales des feuilletons numériques de la collection Snark permettent au moins l'édition en impression à la demande. La version papier sera par conséquent possible.
Et par conséquent, que nous réservent encore les Lames ? On ne vous imagine pas vous arrêter en si bon chemin, si le succès est au rendez-vous !
PA : C’est assez banal, mais la seule vérité est celle des lecteurs. Avant de penser à une éventuelle suite, j’espère que les fans des Lames (et les autres) trouveront ces nouvelles aventures dignes de la trilogie originale et prendront du plaisir à les parcourir. Pour le reste…
PP : Philippe a tout dit. Si ça marche et si Philippe en a envie, on continue.
Enfin, pour conclure, Pierre, quels sont vos projets pour les mois à venir ?
PP : j’écris le troisième volume de Haut-Royaume. Je dis « volume » plutôt que « tome » parce qu’il s’agit du début d’une nouvelle ligne d’intrigue qui composera certainement une trilogie, après le diptyque initial que forment HR1 et HR2.

Propos recueillis et mis en forme par Emmanuel Chastellière


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