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Imaginales 2016 : Jean-Claude Vantroyen vous présente l’anthologie Fées et Automates

Par Izareyael, le mercredi 18 mai 2016 à 20:01:13

Fées et Automates - couvertureComme depuis 2009, le festival des mondes imaginaires propose cette année un recueil de nouvelles d'auteurs francophones, confirmés ou débutants, autour de deux figures de l'imaginaire. Jean-Claude Vantroyen, le directeur de l’anthologie 2016 et vice-président du prix Imaginales, a aimablement répondu à quelques questions pour vous présenter Fées & Automates en exclusivité. Merci à lui !

Les Imaginales 2016, dont Elbakin.net est partenaire, se déroulent du jeudi 26 au dimanche 29 mai, toujours à Épinal. L’anthologie est éditée par Mnémos.

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L'interview

Vous dirigez cette année l’anthologie des Imaginales, Fées & Automates. Pourriez-vous nous présenter brièvement son sommaire ?
Il y a donc treize histoires racontées par quatorze auteurs puisque l’une d’entre elles est signée Jean-Claude Dunyach et Mike Resnick. Elles sont très diverses, dans leur forme, leur style, leur inspiration, et chaque nouvelle lecture est une surprise. On est parfois du côté de la fantasy pure, parfois du fantastique, parfois de la science-fiction et même des légendes orientales, toujours avec un fond de fantasy mais souvent aux limites du genre.
Comme toutes les années, l’anthologie met en contact de façon inattendue deux figures archétypales. Comment le choix s’est-il fait pour 2016, de même que celui des auteurs participants ?
Le choix de Fées & Automates m’a été proposé par Stéphanie Nicot, directrice artistique des Imaginales, et Nathalie Weil, de Mnémos. Il me convenait parfaitement, parce qu’il me permettait, grâce à l’automate, d’élargir les frontières du genre. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai fait aussi appel à des écrivains qui ne sont pas centrés sur la fantasy, comme Pierre Bordage, Jean-Claude Dunyach, qui m’a fait le cadeau de travailler avec Mike Resnick, Charlotte Bousquet ou Gabriel Katz. Je voulais aussi qu’il y ait des Belges, puisque je suis belge. Hélas, Stefan Platteau a dû décliner, pris qu’il était dans le deuxième tome, Shakti, de sa saga commencée avec Manesh. Mais Cindy Van Wilder et Benoît Renneson ont assuré, fermement et belgement.
Avez-vous parlé de ce travail avec certains de vos prédécesseurs ou avez-vous préféré une approche plus personnelle ou originale ?
J’en ai parlé avec Jean-Claude Dunyach, un vieux compagnon de voyage en imaginaire. Uniquement pour savoir en quoi consistait diriger une anthologie, puisque je ne l’avais jamais fait auparavant, quel temps ça prenait, etc. Vous savez, je dirige toujours les Livres du Soir, le supplément littéraire du Soir, le quotidien bruxellois, et ça me prend du temps ; je ne voulais pas que l’anthologie me grignote insidieusement le temps de travail presté pour mon journal. J’ai accepté le défi proposé par Stéphanie Nicot parce que c’était quand même plus ou moins compatible et, surtout, parce que c’était une découverte, voire un défi. Pour la confection de l’anthologie elle-même, le choix des auteurs, les indications de rédaction, la relecture, les modifications, etc., c’est du Vantroyen.
Vous êtes une figure des Imaginales depuis de nombreuses années (membre du jury, modérateur…) mais c’est la première fois que vous dirigez l’anthologie. Que pensez-vous avoir personnellement apporté en tant que directeur cette année ?
J’ai tenté d’élargir le genre. J’ai dit aux auteurs de ne pas hésiter à s’aventurer vers les frontières du genre, à les frôler, voire même à les outrepasser, pourvu que cela reste de la fantasy. Pourvu aussi que leurs fictions allient le frisson de l’évasion et de l’aventure à un éventail de passions et de réflexions, ouvrent vers le rêve, vers l’enchantement du monde, vers nos désirs enfouis. Vous verrez que des nouvelles comme celles de Dunyach-Resnick, d’Estelle Faye, de Gabriel Katz, par exemple, passent allègrement les frontières.
La fée est une figure certes protéiforme mais possédant toujours un certain aspect archaïque, ancré dans l’éternité de la tradition, tandis que l’automate est une invention de la modernité et du progrès. Est-ce à dire que les nouvelles de cette année sont axées sur une forme de conflit, au contraire d’éditions précédentes où les archétypes mis en scène étaient parfois beaucoup plus proches (Rois et Capitaines, Bardes et Sirènes…) ?
Il est vrai qu’on imagine aisément la confrontation entre ces deux figures des littératures de l’imaginaire, entre la tradition et la modernité. Et des nouvelles mettent ce conflit en scène. Celle de Lionel Davoust très frontalement. Celle de Charlotte Bousquet plus insidieusement. Mais ces deux archétypes ne se combattent pas toujours. Chez Estelle Faye, la fée et l’automate sont comme des anges gardiens mais ce sont les femmes, les humaines, qui ont le (triste) rôle principal. Chez Dunyach-Resnick, l’automate est le héros. Chez Renneson, c’est plutôt celui qui les fabrique. Et chez Fabien Cerutti, il y a même complicité, sinon osmose. Le progrès gagne souvent, certes, mais pas toujours, heureusement. Et la fée a parfois besoin de l’automate, et vice-versa.
Merci pour cette présentation !

Propos recueillis par Izareyael


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