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Les Loups d'Uriam

Tome 1 du cycle : Les Chroniques Hérétiques
ISBN : 979-109727001-8
Catégorie : Aucune
Auteur : Tessier Philippe

Né dans l’atelier d’un magicien, Tire-d’Aile est un jeune garçon de bois qui s’éveille à la vie. Il découvre un monde magique où se côtoient des fées de la rosée, des sylphes des vents, de majestueux pégases ou bien encore les souvenirs d’anciennes divinités balayées par les Légions Hérétiques. Mais dans cet univers enchanteur où le Phénix Solaire meurt pour que la Dame de la Nuit recouvre les terres de son manteau étoilé, Tire-d’Aile découvre aussi qu’il lui faut porter un bien lourd fardeau. Séparé de son créateur par les sorciers de Tyr Ashen, il est contraint de fuir les puissances obscures lancées à sa poursuite. Accompagné d’une araignée de cristal, d’un vieux loup dont la Mort ne veut pas et d’une étrange flamme vivante, il lui faut traverser des régions inconnues recélant merveilles et sombres terreurs tandis qu’un phénomène étrange s’éveille progressivement en lui… une puissance ancestrale dont pourrait bien dépendre l’avenir du monde…

Critique

Par Erkekjetter, le 09/01/2018

Initialement publié chez Black Book éditions, le cycle fait l’objet d’une nouvelle parution en dyptique aux éditions Leha.
En guise d’introduction, le roman s’ouvre sur le récit, par Tire-d’Aile, de sa conception, ou plutôt de son progressif éveil à la vie. Parce qu’en effet, Tire-d’Aile est un enfant assez singulier : il est constitué de bois, comme un simple pantin, mais la vie l’anime néanmoins grâce à la magie de Saule, son créateur. Sa  « naissance » donne lieu à la rencontre avec celle qui sera sa première compagne de route, une petite araignée qui tisse sa toile sur une poutre au-dessus de la table de travail du vieux magicien. Attendri par la fascination qu’elle suscite chez l’enfant, Saule use de sa magie pour faire d’elle une araignée de cristal, dotée de deux yeux et d’une bouche, et surtout d’une durée de vie notablement allongée.
Cette paisible situation initiale où Tire-d’Aile découvre la vie aux côtés de son créateur se voit rapidement troublée : des soldats parviennent au village et cherchent activement Saule. Qu’ils finissent fatalement par trouver et par capturer, bien que celui-ci ait le temps malgré tout d’utiliser ses pouvoirs pour mettre à l’abri Tire-d’Aile : l’enfant est confié au vent, avec son araignée de compagnie et la lanterne de Saule. Ce sera le début d’un long périple à travers le monde, un voyage aux accents de quête initiatique.
Si le personnage de Tire-d’Aile évoque naturellement Pinocchio ou plutôt un de ses cousins éloignés doté d’ailes, l’univers et le récit empruntent eux aussi aux contes. Nous avons affaire à un monde plat, où le soleil tient son feu d’un Phénix qui renaît chaque jour et où la nuit est amenée par la cape que la Dame de la Nuit déploie dans le ciel chaque soir. De nombreuses lunes traversent le ciel pour aller se coucher dans des gouffres, proches de certaines villes dont les lunes indiquent donc la direction dans leur course. Il existe de nombreuses forces élémentaires, mais aussi diverses variétés d’êtres féériques et de créatures malveillantes. Pour les dieux, en revanche, c’est un poil plus compliqué, surtout depuis les guerres hérétiques qui ont vu les hommes se dresser contre les forces divines, pour s’affranchir enfin de leur puissance. C’est un monde bien rempli, mais dont l’auteur livre finalement assez peu de détails, ce qui peut s’avérer frustrant à la longue bien que cela n’entrave pas la compréhension de l’histoire.
C’est en tout cas dans ce cadre que le lecteur suit les pérégrinations de Tire-d’Aile, entre rencontres et apprentissages. L’enfant a beaucoup à apprendre et à découvrir, sur le monde mais aussi sur lui-même ; le personnage se développe et se construit donc au fur et à mesure, sa découverte de l’univers permettant au lecteur d’en apprendre plus au fil du récit. Il se passe beaucoup de choses dans ce premier tome et la route de Tire-d’Aile en croise de nombreuses autres : fées de rosée, sylphides, séricides, géants, loups, élémentaires, fantômes… sans compter les quelques humains susceptibles de l’accompagner dans sa quête. Quant aux lieux qu’ils traversent, nombreux eux aussi, il peut sembler malaisé de s’y retrouver avec les indications fournies, une carte n’aurait pas été de trop pour pouvoir suivre plus confortablement les déplacements des personnages et l’agencement des territoires.
L’écriture de Philippe Tessier n’est pas désagréable, et si elle tend parfois vers le poétique, il y a néanmoins de la place pour l’humour. Les descriptions d’environnements enchanteurs et les quelques mises en scène plus sombres font quant à elles la part belle au merveilleux traditionnel, celui des contes et des légendes. Paradoxalement, c’est le destin de Tire-d’Aile qui peine à captiver réellement l’intérêt du lecteur, sa position de personnage naïf et enfantin le rendant assez creux, malgré ses évolutions. De plus, une fois parvenu à la fin de ce premier tome, avec les éléments principaux mis en place, on commence à se faire une idée assez précise de la façon dont tout ceci pourrait bien se terminer. On s’attache plus facilement aux compagnons de l’enfant, que ce soit la petite flamme pourtant silencieuse ou le vieux loup bavard, dont l’histoire ou les particularités attisent la curiosité puisque l’auteur nous en dit finalement assez peu à leur propos.
Ce premier tome n’est pas foncièrement mauvais, mais il reste très particulier et ne plaira sans doute pas à tous les lecteurs de fantasy. Le style de l’ouvrage et la façon dont l’histoire est construite pourront en rebuter certains, de même que le ton adopté. A réserver plutôt aux amateurs de contes.

6.0/10

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