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La Marche du Nord

Tome 1 du cycle : Les Chroniques de l'Empire
ISBN : 978-284362067-6
Catégorie : Aucune
Auteur : Georges Foveau (Proposer une Biographie)

Jeune fonctionnaire imbu de lui-même, Soze est envoyé bien loin de Dlée, capitale raffinée et vénéneuse, pour une enquête qui le mène au cœur d’une étrange forêt médiévale : la Marche du Nord. Rien ni personne n’y obéit aux lois de l’Empire. Soze découvre alors un autre monde, sauvage et presque oublié. Il n’en sortira pas indemne…

Critique

Par Duarcan, le 12/07/2010

Oyez, oyez : amateurs de bestiaire fantastique, de magie à outrance et de quêtes épiques, passez votre chemin !
Le cycle des Chroniques de l’Empire se développe sur plusieurs décennies. Chaque tome raconte une enquête essentielle dans la carrière et la vie de l’Enquêteur impérial Soze, décortiquant les rapports humains dans un environnement différent.
Premier roman de George Foveau, La Marche du nord nous emmène dans une révision assumée et salvatrice de Pocahontas mâtinée du Juge Ti, présentant également des similitudes certaines avec la trilogie du Soldat chamane (publiée plus tard). D’un scénario de départ fort convenu, la rencontre de deux civilisations l’une moyenâgeuse et l’autre primitive, Foveau happe le lecteur dans un monde uchronique où la magie est quasi-absente, (rappelant en cela Les Lions d’Al-Rassan de Guy Gavriel Kay).
L’auteur analyse comment une civilisation en symbiose avec la nature peut paraître si magique et séduisante pour un jeune citadin colonialiste et raciste au point de lui ouvrir les yeux sur ses propres faiblesses.
Foveau choisit le parti pris de commencer l’histoire par la fin. Soze, le narrateur et héros est au terme de sa vie et en pleine rédaction de ses mémoires pour le bénéfice des générations futures de l’empire. Il revient sur sa première enquête qui l’a transformé bien des décennies plus tôt. Nul suspense quant à la fin de La Marche du Nord, elle apparaît en filigrane dès la première page. Foveau s’attelle à décortiquer les relations entre ses personnages et leurs influences sur la quête initiatique qui transforme Soze en adulte responsable.
La rédaction de ses mémoires permet au narrateur de raconter à la fois ce choc des cultures comme il l’a vécu et en même temps de faire profiter le lecteur de son introspection future sur les changements radicaux qui se sont opérés en lui-même durant son enquête. En effet, le récit est émaillé des considérations et analyses du « vieux Soze » sur son propre passé. Ce décalage entre récit « commun » de la quête initiatique et critique désabusée de ses souvenirs crée un récit puissant et presque réaliste.
Foveau possède indéniablement un talent de conteur, l’histoire se déroule devant les yeux du lecteur sans jamais l’ennuyer malgré un rythme lent, voire contemplatif. Le style très (trop pour certains) descriptif de l’auteur rappelle clairement celui de Tolkien et l’écriture soignée anime la narration. Le style sert parfaitement le livre en permettant à la fois au lecteur d’apprendre moult connaissances sur le monde des Chroniques de l’Empire tout en s’intégrant parfaitement dans la psychologie du personnage de Soze, érudit membre du gouvernement doté d’un fort sens de l’observation. Les personnages sont attachants et psychologiquement bien construits avec des réactions et un vocabulaire cohérents.. De plus, la teinte écologique du roman séduira tous les amateurs du retour aux sources.
La Marche du Nord souffrira pour certains des défauts inhérents à ses qualités : un style trop détaillé, un rythme trop lent, un récit trop concentré sur le personnage principal, l’absence de quête épique, une énième réédition du mythe du bon sauvage.
Personnellement, le rythme et le style m’ont permis de me plonger plus efficacement dans l’univers des Chroniques de l’Empire, tant l’envie d’en apprendre plus sur ce monde uchronique et les civilisations qui le peuplent m’ont empêché de décoller du livre et j’ai trouvé ce premier tome prometteur, rafraichissant et original, sortant des poncifs du genre. Néanmoins, je lui reconnais un défaut gênant dû aux partis pris de l’auteur qui pourra agacer certains lecteurs : l’impression bizarre de lire un one-shot. L’histoire se développe et se clôt en un tome ; du coup, la transition vers le second tome n’apparaît pas toujours comme évidente malgré la présence de la Némésis de Soze et diverses pistes faisant apparaître en filigrane une quête plus épique pour les prochains tomes.
La Marche du Nord est une uchronie originale à la croisée des chemins entre le récit historique ou ethnographique et la Fantasy, mais qui ne conviendra pas à tous les lecteurs.

8.5/10

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