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Harrison Harrison

Titre VO: Harrison Squared

ISBN : 978-076537695-4
Catégorie : Aucune
Auteur : Daryl Gregory (Proposer une Biographie)

Harrison a un problème avec l’océan. 
Qui a sans doute à voir avec le fait que lorsqu’il était tout gamin, « quelque chose s’y est passé »… Un quelque chose proprement horrible dont il n’a aucun souvenir conscient, mais qui a coûté la vie à son père, lui vaut une prothèse carbonée en guise de jambe droite, et des douleurs fantômes pour occuper ses nuits. Or, la thalassophobie, quand votre mère est océanographe, c’est assez compliqué. Surtout quand cette dernière se pique de mener une mission improbable au large de Dunnsmouth, petite bourgade portuaire typique de Nouvelle-Angleterre, avec ses pignons, son vieux phare, son architecture georgienne typique, son collège au style gothique suranné et ses habitants aux allures de poissons morts. À moins que ce ne soit l’imagination d’Harrison qui en rajoute un brin… Il faut dire que le poisson, Harrison, il n’aime pas beaucoup ça. 
Or voilà que sa mère disparaît à son tour, victime d’un accident alors qu’elle disposait des balises en haute mer…

Critique

Par Gillossen, le 07/05/2015

En France, on connaît maintenant Daryl Gregory pour L’éducation de Stony Mayhall, paru l’été dernier chez Le Bélial’.
Il revient aujourd’hui dans un tout autre registre, avec une histoire qui lorgne ouvertement sur H.P. Lovecraft et le mythe qui entoure ses propres mythes.
Harrison Harrison (d’où le titre du roman, Harrison au carré…) a 16 ans et vient de déménager dans la petite ville de Dunnsmouth, où sa mère océanographe est en mission. Lui déteste l’océan (pour de très bonnes raisons) et va bien vite détester bien d’autres choses, à commencer par son nouvel établissement scolaire, plus que bizarre à son goût. A partir d’une base finalement pas très originale mais particulièrement bien troussée, l’auteur nous entraîne dans une aventure menée tambour battant que l’on dévore du début à la fin.
Sans même parler d’une galerie de personnages farfelus ou inquiétants, voire les deux à la fois, d’un sens du suspense et de la mise en scène maîtrisé sur le bout des doigts, de touches d’humour macabre, et d’un scénario global qui ne laisse aucune place au gras… N’en jetez plus, on se rend vite compte que ce court roman est difficilement critiquable… tout comme on ne peut trop en révéler ici sur sa mécanique interne si l’on veut vous cacher ses rebondissements.  
En fait, Harrison Squared est pour ainsi dire le prototype du 7.5 ou d’un petit 8/10 dans un bon jour, côté barème Elbakin.net - pour celles et ceux qui voudraient tenter d’interpréter ces notes : autrement dit, un roman solide et volontiers inventif, un vrai moment de plaisir de lecture, mais qui ne cherche jamais à réinventer le genre ou à s’imposer comme une référence, car c’est parfois ainsi que l’on risque au contraire de basculer dans tel ou tel travers. Conscient de ses “limites” et sûr de ses forces, il fait ce qu’on lui demande, et plutôt (très) bien.
A noter que l’on pourrait le rapprocher du Young Adult du fait de l’âge de son personnage principal et du contexte en partie “scolaire”, voire de sa longueur (le roman est très court, ce qui n’empêche absolument pas des protagonistes fouillés), mais il est plus difficile qu’il n’y paraît de trancher. D’autant qu’il peut également faire office de préquelle à un autre roman de l’auteur, We Are All Completely Fine, bien plus sombre a priori et que je précise ne pas avoir lu. J’ai ainsi sans doute raté certains clins d’œil que les fans déjà avides apprécieront.
Mais cela ne devrait de toute façon empêcher personne d’apprécier cette histoire délicieusement horrifique.

Mise à jour de février 2020 :
Remontée de notre chronique d’origine, avec la parution française au Bélial’ le 27. 

8.0/10

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