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The City and the City, retour sur la mini-série

Par Zakath, le mardi 1 mai 2018 à 16:12:48

CCPublié en 2009 et lauréat de plusieurs prix (Hugo, Locus, Elbakin.net… pour n’en citer que quelques-uns), le roman de China Miéville reposait sur une idée-maîtresse originale, mais qu’il serait dommage de trop détailler ici : une intrigue policière naviguant entre deux villes, nommées Besźel et Ul Qoma, dont les rares échanges reposent sur des règles strictes et particulières qui se dévoilaient au fil des pages.

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Notre avis

La tâche d’adapter pour la BBC l’enquête de l’inspecteur Tyador Borlú, chargé de découvrir qui a tué Mahalia Geary, une étudiante dont le corps a été découvert à Besźel mais assassinée à Ul Qoma, a été placée entre les mains du scénariste Tony Grisoni. Ce dernier est un partenaire de longue date de Terry Gilliam avec qui il a collaboré sur Las Vegas Parano ou encore Tideland, mais a également écrit pour la télévision Southcliffe ou The Red Riding Trilogy, autant dire quelqu’un capable de jongler entre du drame ou du thriller très sombre et des univers déjantés.

Néanmoins, alors que China Miéville ne dévoilait que peu à peu le concept des deux villes jumelles et leurs relations, ce qui demandait un certain effort de la part du lecteur pour entrer dans l’histoire, Grisoni opte pour le choix le plus simple : Borlú explique les bases en voix-off dès la scène d’ouverture. Cela peut passer comme un hommage aux vieux films noirs où le flic se chargeait d’annoncer au public ce qui l’attendait, mais cet angle d’attaque peut aussi passer pour une facilité et un manque de confiance dans les capacités de compréhension du téléspectateur. On est cependant vite lancé sur les rails de l’investigation, qui est bien menée tout au long des quatre épisodes sans pour autant être révolutionnaire.

Parmi les autres choix d’adaptation notables de Grisoni, on notera l’ajout d’une femme pour Borlú, perdue quelques années plus tôt et qui sera indirectement mêlée à son enquête. Encore une fois, l’ajout d’un traumatisme pour le héros n’est pas particulièrement neuf, mais le personnage de Katrynia permet tout de même d’introduire le sujet d’Orciny autrement que par le biais d’interrogatoires, ce qui n’est pas plus mal. Corwi a également subi quelques modifications par rapport au roman, ce qui fonctionne sur le papier puisque cela évite de fournir à Borlú un nouveau comparse dans le dernier épisode, mais moins à l’écran à cause d’une interprète peu convaincante.
Ce qui nous amène donc au casting. Ce dernier est inégal. David Morrissey tient plutôt bien son rôle d’inspecteur fatigué mais ne fait pas d’étincelles non plus, tandis qu’à ses côtés Mandeep Dhillon s’avère malheureusement peu crédible. Les seconds couteaux sont corrects sans avoir de scènes qui leur donnent l’occasion de beaucoup forcer leur talent, bien que Danny Webb ait tout à fait la tête de l’emploi en leader de parti nationaliste.

Là où la mini-série tire son épingle du jeu, c’est dans la peinture des deux villes, ce qui est finalement le plus intéressant. Besźel renvoie une image de cité d’Europe de l’Est ou de la Turquie d’il y a quelques décennies tandis qu’Ul Qoma est montrée comme une mégalopole moderne, pour ne pas dire futuriste, mais aussi bien plus froide. Compte-tenu du fait que tout a été filmé à Manchester et Liverpool, l’équipe technique a accompli un joli travail. L’histoire nous balade donc d’une ville à l’autre, et l’on découvre des commissariats vieillots, des mouvements politiques divers (militant pour la réunion des deux cités ou au contraire violemment nationalistes), une police secrète chargée de maintenir la séparation entre Besźel et Ul Qoma, tandis que le spectre d’une troisième ville émerge (idée séduisante mais finalement peu exploitée).

Toutefois, pour ceux qui ont déjà lu le roman, l’adaptation, malgré quelques libertés prises, n’enrichit pas vraiment le propos et se suit sans ennuis mais également sans grande surprise. Pour les autres, l’enquête finalement très classique peut décevoir mais le point de départ atypique permet à The City and the City de se détacher du lot des nombreuses séries policières qui arrivent sur les écrans chaque année.


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