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En visite dans les Royaumes du Nord

Par Gillossen, le samedi 3 février 2007 à 13:42:33

Depuis 8 jours environ, nous avons multiplié les brèves à propos de l'adaptation des Royaumes du Nord et de la fameuse visite des studios de Shepperton organisée par New Line Cinema.
Après avoir parcouru divers aspects, retour sur une vision globale de la chose, traduite par nos soins. Profitons donc du week-end pour vous y plonger, en attendant le film en décembre !

Visite des plateaux de Shepperton !

New Line prend clairement Les Royaumes du Nord au sérieux. L'évènement , suivi par plus d'une centaine de publications nationales et internationales, est une grande révélation de la production. Avec le film devant se finir cette semaine (le long travail concernant les effets spéciaux et le polissage étant encore à faire), il y a peut-être peu à voir en matière de plateaux, mais la présentation enthousiaste des têtes des divers départements créatifs étaient suffisants pour rassurer quiconque sur le film.

Le tournage et Dakota Blue Richards

En première étape de la journée, nous avons droit à une opportunité très excitante : voir Dakota Blue Richards. Le plateau sur lequel nous sommes introduits est un caverneux entrepôt vert, une cathédrale dédiée à l'illusion : les écrans verts, comme les écrans bleus, servent au placement ultérieur d'images créées à l'ordinateur. Amenés à l'intérieur et imposés de rester silencieux, nous assistons à plusieurs prises d'une scène impliquant Dakota. Habillée dans les fourrures d'hiver vues sur les photos de promotion, elle se trouve au milieu de blocs de pseudo glace, une script-girl soufflant de la neige sur son visage entre les prises. La scène inclut Lyra se détournant de Iorek, avant de lui refaire face pour se disputer avec l'ours. Le son n'était pas projeté du sol, mais suffisamment de réparties ont pu être rassemblées pour placer cette scène plus que probablement au moment où Lyra continue seul sur le pont de glace à la fin du premier livre. J'essaierai, dit Iorek, auquel Lyra répond férocement Non, tu n'essaieras pas ! Je suis ta.. avant que les mots ne partent hors de portée d'entente. La scène se termine avec Lyra qui embrasse la tête de l'ours polaire et son "Au revoir, Lyra Parle d'Or," alors qu'elle se détourne. Iorek n'est pas présent en personne sur la scène évidemment (c'est une créature créée à l'ordinateur) mais Dakota a un modèle géant auquel se confronter et presser sa tête, les lignes de Iorek sont jouées pour qu'elle puisse y répondre.
Entre les prises, Dakota est calme et semble à l'aise dans le studio sous l'attention de non seulement l'équipe et les caméras, mais comme le réalisateur Chris Weitz dit après en plaisantant, « l'attention de la presse du monde entier ». Le réalisateur se retire avec sa protégée après chaque prise pour discuter avec elle, il hérisse ses cheveux, elle fait la grimace et secoue sa tête, avant de lui sourire et reprendre sa marque. Elle repère Lizo, le journaliste de CBBC (un visage familier sur la télévision pour enfants britannique) et lui fait un petit geste. Après cinq prises (toutes pour le show), Weitz se soumets à la presse tandis que Dakota se mouche et profite de l'opportunité de se venger des adultes en ébouriffant elle-même les cheveux en pointe d'un interne.
Weitz a fait ce genre de choses auparavant et il s'occupe des questions habilement. Ces livres, dit-il, sont mes favoris. Ils sont venus à un moment de ma vie où je leur étais très réceptif. Quand on lui demande ce qu'il pense de ce que son daemon pourrait être, le réalisateur rit et dit qu'il espère que ce serait quelque chose de cool, mais ce serait probablement un lémurien, ou un paresseux. Toujours les doigts croisés pour décembre 2007. Sur le problème de sa curieuse démission et de son réengagement, il est vindicatif : Je ne voulais pas me retrouver dans un endroit comme celui-ci, montrant les vastes écrans verts l'entourant. Cela rappelle ses déclarations et celles de New Line au moment où il sentait que le challenge technique était simplement trop dur pour lui à gérer, mais on peut se demander alors ce qui a changé.
Dakota vagabonde à une certaine distance puis s'installe près de Weitz. Elle répond à quelques questions : elle a entendu parler de l'audition pour le film par un ami d'une connaissance et c'était bien de travailler avec Nicole Kidman. Elle n'est pas une professionnelle expérimentée esquivant les questions ou y répondant de manière fluide et, comme le producteur Deborah Forte me l'a expliqué plus tard, c'est précisément ce qu'ils recherchaient pour le rôle. Ils ne voulaient pas spécialement une actrice expérimentée, mais plutôt quelqu'un qui possédait de l'innocence et de la naïveté. Dakota est encore très facétieuse avant d'être accompagnée par quelqu'un de l'équipe pour aller à l'école : elle n'a que douze ans, et c'est un jour de semaine, bien que l'excuse soit pratique si elle doit être emmenée avant qu'elle soit étoufée par la presse.

Presentations

Le tournage étant fini pour le jour (bien que Weitz reste pour vérifier quelques autres scènes), l'assemblée est menée vers une salle où trois écrans plats de télévision et de longs panneaux de concept art nous font face, celui le plus à gauche est composé de photographies d'animaux, épinglés à chaque personnage comme daemon. Autour de la pièce se trouvent divers objets du film : costumes, instruments et décorations. Assise, Deborah Forte prend la parole. Cela vaut la peine de rappeller l'immense rôle de Forte dans le projet : elle voulait les droits du film après avoir lu le manuscrit initial pour Northern Lights et a guidé la production (souvent tumultueuse) pour onze années maintenant. J'ai eu l'opportunité d'avoir une discussion prolongée avec elle lors du dîner et elle était excessivement passionnée et c'est une pile de connaissance à propos des livres. Beaucoup de ce qu'elle dit en s'adressant à la foule a été entendu auparavant, mais elle donne des révélations sur le casting du film : lorsqu'elle a rencontré Philip Pullman pour la première fois, ils se sont directement entendu sur le fait qu'ils voulaient Nicole Kidman pour le rôle de Mrs Coulter. L'avoir est un casting de rêve, ajoute-t-elle. L'impression qu'elle donne de Pullman est celle d'un homme intensément intéressé par le projet de film et un peu plus impliqué dedans qu'il a peut-être premièrement déclaré (et pensé) qu'il serait.
Forte explique que Philip appellait régulièrement durant le processus d'audtion, et demandait s'ils avaient déjà trouvé une Lyra. On envoya à Pullman un DVD des tests video des filles prometeuses, et 48 heures plus tard, il téléphonait à Forte en disant qu'il avait sélectionné deux filles, dont Dakota. Un mois plus tard de tri entre les cassettes et de double-vérification se passa, mais ils avaient leur fille.

Design

Deborah Forte se tient à part et nous sommes au milieu de la journée quand le principal concepteur de la production et artiste conceptuel, Dennis Gassner, commence à parler, plus hésitant que le ton assuré de son producteur. « J'ai toujours aimé penser en premier à un concept simple ». Ses doigts attrappent la toute première pièce de concept art de la rangée « la sphère. Elle représente la pureté » dit-t'il avant d'expliquer que l'ovale-l'image suivante- est une extension du cercle, maléfique. C'est un peu grisant et sans doute plein de sens pour un diplômé en design, mais les cercles apparaissent à travers les supports-sur la table de la Retiring Room, sur les portes de Jordan College et bien sûr sur l'aliéthomètre lui-même. La signification de l'ovale souligne le profil du Magisterium, un emblème faisant vaguement Soviet.
Gassner continue à nous parler au travers des différents plateaux du film- Oxford, Londres, Trollesund, le Nord. Chacun a une palette de couleurs spécifique pour se différencier du reste et créer un impact visuel. L'artiste raconte sa technique qu'il nomme « cludging » -utiliser deux élément sou plus pour en faire un seul. Par exemple, les portes de Jordan College sont un composé des portes du Royal college et de celles de Christchurch - et à nouveau le cercle présenté comme symbole.
Le défi de créer le monde de Lyra est de ne pas succomber à la facilité de le rendre simplement victorien. Le monde de Lyra n'est pas le notre il y a 100 ans et les concepteurs semblent avoir celui bien à l'esprit. Gassner dit que son « point de départ » auquel il ajoute des éléments est 1900-1940.
Sa reconception de Londres est particulièrement frappante : dominante de verre et de métal, avec de nombreuses tours - pas le Londres Edouardien. Gassner s'amuse beaucoup de son travail et prend plaisir à « refaire » Londres - ce n'est pas quelque chose que beaucoup de gens ferait, en tant qu'Américain, il dit vouloir apporter de la « fraîcheuré » à la capitale. Parmi ses inspirations, on trouve Christopher Wren, dessinateur de plans pour un nouveau Londres mai qui n'a jamais pu les appliquer. La cathédrale Saint Paul de Wren a cependant une place proéminente, un rôle clé dans ce Londres alternatif, clairement visible par la fenêtre de l'appartement stylée de Mme Coulter au coeur de Londres. Dominant le tout, la grande structure de la « Tour du magisterium » -bâtiment symétrique à façon triangulaire, le plus grand bâtiment de Londres et siège du pouvoir du Magisterium en Brytain.
La description de glassner du « pouvoir alchimique » qui meut les zeppelins - au moins celui que prend Lyra pour aller à Londres, le »skyferry »- est moins convaincante. Ce mécanisme déplace aussi l'attelage vu dans le concept art du site officiel, et qui est censé amener Lyra à Mme Coulter. l'ajout de cette « alchimie » semble étrange alors que les producteurs clament qu'ils ne veulent pas faire un film fantasy, et ça parait même un peu ridicule. D'autres bidules ont reçu un nom : le « slide viewing » que Lord Asriel utilise au début du livre est un « projecteur d'esprit » alors que la guillotine d'argent est devenu une « machine à incision ».


Costumes

Le film est inhabituel en ceci que les concpet arts ont précédé de beaucoup la véritable production - peut-être à cause du lancement plusieurs fois reporté du projet. Ceci a fait que les autres responsables créatifs (costumes, structures et autres) avaient un monde prêt à l'emploi comme repères pour concevoir leurs propres attributs. La responsable des costumes Ruth Myers prend le discours suivant et fait se lever la presse pour un gros plan sur quelques unes de ses créations. les toges des universitaires d'Oxford sont colorées mais sobres, tandis que ses dessins pour la mode masculine et féminine que fréquente Mme Coulter à Londres rappelle le style gentilhomme edouardien, mais les cols sont légèrement différents et le style ne peut être assimilé au nôtre. « C'était un monde où les femmes ne portaient pas de pantalon, je voulais m'assurer que Mme Coulter soit glamour, mais pas celui d'aujourd'hui. C'est un monde dans lequel j'adorerai vivre. »
Les influences pour la mode et l'appartement de Mme Coulter sont art déco ; Dennis Gassner prétend que c'est sa mode préférée, avec une pointe de nouvelle vague. Un coin de l'appartement de Coulter a été installé dans le coin de la pièce - or et noir, brillant rappel des années 1920. un énorme portrait de Nicole Kidman, ou plutôt de Mme Coulter, avec le singe doré assis avec elle, trône sur le mur. Gassner explique comment il a amené Kidman à poser pour la peinture, l'aidant ainsi à entrer dans son personnage.
Ruth Myers nous amène vers d'autres de ses créations, elle est confiante et fière de son travail. Les tenues des sorcières sont pourpres, longues et fluides, spécifiquement dessinées pour flotter au vent, car nous les voyons sur leurs balais dans le ciel. Serafina Pekkala a une robe de « pure ombre nocturne » alors que celles des autres sorcières ont des couleurs moins fortes. Le costume d'expédition de Lord Asriel est très proche de celui de Timothy Dalton dans la première série au théâtre. La tenue gitane est facilement visible sur les photos promotionnelles d'époque, ici encore, c'est un mélange de culture tzigane et russe. Myer dit qu'elle visait à donner des indices ethniques, mais d'éviter de trop les restreindre à une seule culture. Ses costumes Tartares sont vraiment impressionnants - les gardes de Bolvangar sont équipés de matière sombre et épaisse, avec d'épais chapeaux couvrants. « les Tartares ont des daemons-loups, mais je ne voulais pas qu'ils ressemblent juste à des types avec des loups, ils ont le contrôle des lupins et c'est encore plus effrayant. J'ai essayé de leur donner quelque chose d'un footballeur americain ! »

Premiers aperçus

Prochainement nous aurons l’occasion de visionner quelques passages captivant – des prévisualisations et quelques premières bandes à moitié terminées. Les prévisualisations, ou préviz, sont une première traduction (habituellement sur ordinateur) de ce que à quoi cela devrait ressembler. Mike Fink, le responsable des effets visuels, nous guide à travers quelques préviz récentes qui étaient un coup d’essai pour filmer certaines scènes. Le premier plan à avoir été tourné était Iorek bondissant dans la neige avec Lyra sur son dos – ce plan est habituellement obtenu avec la lumière verte pour le film. Il a été refait à plusieurs reprises depuis lors et le plan le plus complet était très évocateur de la solitude du nord, ainsi que de la force et de la vitesse d’un ours polaire. « Jai visionné des images comme celles-ci depuis des mois » déclare Mike alors qu’il passe en revue des plans sur la vie sauvage de créatures réelles.
Fink réitère la philosophie du design choisi par les autres créateurs – le monde de Lyra ressemble beaucoup à notre monde, mais avec quelques entorses. Il n’y a pas d’énorme pièce montée dans le film et ça ne sera pas un Seigneur des Anneaux bis. Tout le monde ici semble conscient d’être perçu comme la suite du sillage de la renaissance de la fantasy avec le Seigneur des Anneaux et Narnia, et sont enthousiasmés de s’éloigner de là. Forte m’expliquait ce midi qu’elle était attirée par le livre précisément parce qu’il n’est pas si différent du nôtre – pour cette raison et beaucoup d’autres, la fantasy est plus intéressante lorsque seuls quelques éléments sont différents et les effets de ceux-ci explorés.
Le plus impressionnant de tous est celui du 'Nooderlicht', le bateau qui emporte Lyra et les Gyptians vers le nord. L’équipe originelle avait l’idée d’un plan panoramique pris de haut, qui se terminait éventuellement derrière le bateau vu de dessous, avec le voilier sur un cadre d’eau. Ce plan a été révisé et la scène du film du bateau a été tourné d’un hélicoptère – la caméra survole par-dessus et fait un incroyable tournant au dessus du navire avant de s’installer derrière celui-ci alors qu’il fait route vers le soleil. C’est un peu dur à décrire, mais c’est un fantastique travail cinématographique, encore jamais réalisé autre part.
Mike a expliqué comment Dakota et les autres ont joué dans ces scènes. Dakota a été débarrassé d’un ours mécanique depuis des mois maintenant, avec des plans d’elle tournés plus tard sur le dos de Iorek. De plus, dans le plan de l’hélicoptère évoqué plus haut, elle est placée dans le nid de pie du navire et nous voyons la caméra tournoyer autour d’elle.

Descriptif des extraits

Finalement, quelques plans – tous finalisés, mais pour l’ordinateur – ont été dévoilés. Deborah Forte est stressée que ce soit un article réalisé sans le CGI. Plus tard, elle me confie qu’elle ressentait cela comme si elle montrait quelque chose de terriblement intime à tout le monde – ce type de fonctionnement n’avait encore jamais eu lieu avant The Golden Compass commence à faire son propre chemin dans le monde. Ces extraits sont difficiles à apprécier alors qu’il y a des bonds dans le temps entre chacun d’eux et le CGI est prêt à choquer.
Voici les scènes dévoilées :

  • Le cabinet particulier – Dakota est tout simplement magnifique dans cette scène, trottant le long des chaises de la salle à manger et jouant la conversation d’ouverture avec Pantalaimon (une voix désincarnée pour le moment) – absolument parfaitement, avec énergie et vigueur.
  • Lyra et Roger marchant le long des toits du Jordan College, pendant que Lyra se vante du fait que Lord Asriel veuille l’utiliser en tant que guerrière ou espionne.
  • Mrs Coulter faisant un détour sur la Haute Table de Jordan. Le Maître admoneste Lyra pour ne pas prêter attention à ses cours avec les enseignants ; Coulter entre – les hommes se lève précipitamment – et elle charme Lyra en déclarant que Lyra doit simplement faire ce qu’elle désire.
  • Cette scène revient plus tard, avec Coulter confiant à Lyra que Iofur Raknison veut posséder un daemon humain ; ce secret – que Lyra adore connaître – la rattache à Coulter.
  • Lyra et les Gitans marchant dans la neige.
  • Lord Asriel (Daniel Craig à l’écran) et Lyra merchant dans les jardins de Jordan College. Lyra vient juste de sauver la vie d’Asriel, mais il est froid vis-à-vis d’elle et l’avertit de ne pas penser à Dust. Craig est très ferme dans cette scène et la relation entre eux deux prend bien – et elle n’est certainement pas paternelle. A terme on aperçoit quelque chose des daemons, avec un entre Stelmaria et Pan comme leur argue humaine.
  • Lyra voulais dire au revoir à Roger, mais est chassée à Londres par Mrs Coulter. La camera commence à l’intérieur, mais sort pour révéler le zeppelin amarré à la cour – c’est une image tout à fait impressionnante.
  • Un plan du zeppelin pénétrant dans Londres – ce qui nous présente la ville et nous découvrons la tour du Magisterium à l’horizon.
  • Farder Coram expliquant à Lyra les difficultés des sorcières et des mortels tombant amoureux.
  • Iorek se déchaînant dans la demeure du prêtre à Trollesund pour récupérer son armure. La police encercle la maison, visant la porte de leurs armes, et lui hurlant dans leur langue de sortir. Iorek surgit en traversant le mur. Lyra court vers lui pour le persuader de ne pas attaquer.Puis, c’est la seule partie de la scène qui a dévoilé une bonne disposition de la part du public – Le pistolet long-barillet de Lee Scoresby entre en action, poussant la joue du commandant de police. Sam Elliot se présente avec un « Ne faites rien d’irréfléchi maintenant » avec une voix traînante que Scoresby utilise à merveille. Les Gitans arrivent et désarment la police.
  • L’ensemble de ces images montrent que le film a un esthétisme bien défini. Il est coloré sans être criard. Une singularité à noter : Nicole Kidman prononce 'day-mon' tandis que Daniel Craig utilise plutôt 'demon. '

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