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Frieren

Titre VO: Sôsô no Frieren (Ce Cycle est En Cours)

Auteur/Autrice : Yamada Kanehito
Dessin : Abe Tsukasa
Traduction : Oudin Geraldine
Frieren

Frieren - 1

Le jeune héros Himmel et ses compagnons, l’elfe Frieren, le nain Eisen et le prêtre Heiter, rentrent victorieux de leur combat contre le roi des démons. Au bout de dix années d’efforts, ils ont ramené la paix dans le royaume. Il est temps pour eux de retrouver une vie normale… Difficile à imaginer après tant d’aventures en commun ! Frieren, elle, ne semble guère touchée par la séparation. Pour la magicienne à la longévité exceptionnelle, une décennie ne pèse pas lourd. Elle reprend la route en solo et promet de retrouver ses camarades un demi-siècle plus tard. Elle tient parole… mais ces retrouvailles sont aussi les derniers instants passés avec Himmel, devenu un vieillard qui s’éteint paisiblement sous ses yeux. Frieren est sous le choc… La vie des humains est si courte ! L’elfe a beau être experte en magie, il lui reste encore un long chemin à parcourir pour comprendre la race humaine…
Son nouvel objectif : s’initier aux arcanes du coeur !

Frieren

Frieren - 2

Frieren a désormais une compagne de route, Fern, car l’elfe a promis de veiller sur la protégée de Heiter à la mort de son ami. Ensemble, elles aident les gens afin de collecter des sorts, au gré de leurs pérégrinations.
Mais voilà qu’Eisen leur propose une mission insolite : retrouver un vieux grimoire disparu depuis des décennies qui aurait appartenu à la grande mage Flamme… Frieren y découvre qu’on peut converser avec les défunts, ce qui lui permettrait de parler une nouvelle fois à Himmel. Néanmoins, pour ce faire, il faut se rendre dans le nord, à Ende… et la route promet d’être longue, car c’est celle qui mène au château du roi des démons !


Critique

Par Benedick, le 25/04/2022

Frieren débute par ce qui serait l’épilogue attendu d’un cycle de Fantasy classique : l’achèvement par un groupe d’aventurier d’une quête de dix années pour vaincre le meneur d’une menace démoniaque. Cependant, pour la mage elfe Frieren, dont ce manga tire le nom, ce n’est ni un accomplissement majeur, ni un brusque changement d’étape de vie. Son existence potentiellement millénaire la rend étrangère aux enjeux temporels des humains, à la force des précieux moments passés qui n’existeront plus. Pour autant, des regrets et un désir de trouver un sens aux aspects éphémères de la vie mortelle va commencer à habiter Frieren.
La première force de ce manga est d’arriver à rendre attractif son héroïne et son nouvel idéal par des événements doux-amers plutôt qu’outrageusement tragiques. Frieren n’est jamais condescendante ou complaisante, malgré son attitude distante issue de son esprit orienté vers un avenir sans réelle urgence selon les standards humains. Les premiers chapitres offrent une vision bienfaisante sur le temps qui passe et le surpassement des regrets, en évitant les excès de bons sentiments ou de pathos. D’ailleurs, la caractérisation elfique de la protagoniste s’inspire, comme toutes les bonnes domestications Japonaises, de son folklore local : un être hors du temps des humains mais cherchant à les comprendre, vivant autant de nature que de magie, pouvant séduire par une étrange empathie distante, c’est typiquement un Kemono, en particulier les fameux esprit-renards. Les oreilles allongées pointues et les cheveux blond platine, ou blanc, sont d’ailleurs un code physique trahissant cet alliage entre mythe occidental et nippon. Tout ceci amène nécessairement à percevoir le premier tome comme un enchainement plaisant de « tranches de vie », grâce à une utilisation habile des archétypes de la fantasy et une inspiration subtile de conte philosophique shintoïste.
Et c’est à ce moment que l’agréable surprise du Tome 2 débarque, la manœuvre éditoriale de Ki-oon consistant à proposer les deux premiers tomes pour la venue sur le marché Français prend tout son sens ! De nouveaux enjeux issus tout autant du passé que du nouveau projet de notre héroïne apparaissent pour dynamiser notre sympathique parcours intimiste. Pour autant, rien ne semble forcé, exagéré ou incongru par rapport à la proposition initiale plutôt douce et posée. Que ce soit sur le fond ou la forme, d’ailleurs. Dès les premières planches, le dessin montrait un trait délicat et précis, mais il se permet aussi des mises en scènes marquantes et lisibles lors des affrontements. Frieren - l’elfe et le manga - ambitionnent alors de jouer sur les deux tableaux : l’action sans concession et la quête de soi.
On espère que la série arrivera à maintenir cet équilibre, car ce début semble prometteur avec une belle combinaison de plaisir léger et d’utilisation affutée des codes de la fantasy d’action.

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