La trame du dernier continent, vingt-deuxième roman des Annales du Disque-monde et sixième volume du cycle des mages, suit les pérégrinations de Rincevent qui, après ses tribulations en Aurient erre désormais en Quatriks, terre manifestement fortement inspirée par l'Australie où Pratchett s'est rendu en tournées à maintes reprises.
La chronique de ce tome s'avère plus complexe que les précédentes. Le début du récit réserve de nombreux éclats de rire avec des passages particulièrement réussis mettant en valeur avec brio la fine équipe de l'Université de l'Invisible dans des situations inattendues -les dialogues sur le concept d'évolution valent le détour- mais certaines parties du roman, notamment vers la fin, laissèrent davantage de marbre le chroniqueur.
Bien qu'ayant de nombreux aficionados et que demeurant pathétiquement attachant Rincevent, à la différence de figures comme Samuel Vimaire ou Esméralda Ciredutemps, vaut en effet surtout pour les situations invraisemblables dont il se dépêtre tant bien que mal et par le cadre où se déroule ses aventures.
Or, bien que le livre fourmille manifestement de références, de l'invention de la pêche Melba à Crocodile Dundee en passant par Mad Max et Skippy, l'auteur de cette chronique se voit malheureusement obligé d'admettre qu'hormis les plus évidentes -l'opéra de Sydney- la plupart d'entre elles, comme celles liées aux chansons populaires ou au nom même de Quatriks, sont passées à quelques lieues de son esprit, atténuant quelque peu le plaisir de lecture. Nul doute toutefois que le lecteur maîtrisant mieux la culture australienne se délectera en dévorant les pages de ce dernier continent.
Le scénario du livre est plus faible que dans la plupart des volumes des Annales -bien que Pratchett s'amuse manifestement avec la notion de voyage temporel en moquant des aspects traditionnellement évoqués en science-fiction- et semble surtout servir de prétexte à une échappée dans cette terre jusque là inconnue du lecteur du Disque, reposant plus sur une succession de scènes comiques que sur une intrigue solide. En cela, ce dernier continent fait aux yeux de l'auteur de cette chronique partie des volumes les plus faibles des annales, oubliable sans être déplaisant.
— K