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Beauté

(Ce Cycle est Terminé)

Dessinateur : Kerascoët (Proposer une Biographie)
Auteur : Hubert (Proposer une Biographie)
Beauté

Désirs exaucés

Lorsque Morue délivre sans le faire exprès une fée du sortilège qui la retenait prisonnière, elle ne se doute pas du cadeau empoisonné que va lui faire cette dernière. Très laide, Morue sera désormais perçue comme très belle, ce qui au village n’arrange pas vraiment ses affaires. D’objet de répulsion, elle devient objet d’adoration, au point de subir les assiduités de tous les mâles de la région et la haine renforcée de leurs moitiés. Sauvée de justesse par le jeune seigneur local, elle ne tarde pas à languir après une destinée plus brillante… Pas forcément très futée mais belle comme nulle autre femme au monde, elle va se trouver sans s’en rendre compte au coeur d’un imbroglio familial tout ce qu’il y a de royal.

Beauté

La Reine indécise

 

La beauté de Morue ayant conquis le coeur du roi, la voilà donc reine. Mais elle s’avère rapidement incapable de s’intéresser aux affaires du royaume, et, malgré les efforts de la laide mais spirituelle princesse Claudine, le roi et la cour semblent plus soucieux de satisfaire à ses caprices que de s’occuper de la guerre en cours …

Beauté

Simples mortels

Après avoir connu l’ivresse du succès et du pouvoir, acquis grâce à son incroyable beauté, Morue connaît des heures sombres. Reine déchue d’un royaume dévasté, elle est la captive du Roi Sanglier, qui la séquestre, avec sa fille, dans ses terres du Nord. Lasse de cette beauté funeste pour elle comme pour son entourage, Morue découvre la vraie nature de la fée Mab. Puisqu’il paraît impossible d’annuler le charme, Morue va en détourner les effets maléfiques et enfin accéder à la sagesse des “simples mortel”.


Critique

Par Gillossen, le 29/07/2013

Dans un registre atypique, les trois albums nous narrant l’histoire de la dénommée Morue se posent là. Pour l’amateur pas forcément éclairé, on se dit en effet de prime abord qu’une bande dessinée publiée originellement dans Spirou ne peut pas se montrer si acide que ça. Et pourtant, Beauté l’est, et bien plus encore.
Croyant toucher du doigt son rêve en devenant la plus belle femme du monde — aux yeux des gens — une jeune fille peu gâtée par la nature va découvrir à ses dépens que la beauté justement ne fait pas tout en ce bas monde et va bien vite regretter son vœu.
Sur cette base simple et volontiers moralisatrice à première vue, les deux auteurs nous brossent un portrait subtil de femme (qui plus est évoluant dans le temps), mais sans oublier toute une galerie de personnages hauts en couleur (notamment féminins), tour à tour cocasses ou tragiques, à l’image de l’histoire dans laquelle ils évoluent tous. Mais, avant toute chose, ils sont simplement humains, avec tout ce que cela implique de tristes faiblesses. Au fil des trois albums, le récit n’hésite pas à se montrer parfois très dur, évoquant des questions bien sombres. Toutefois, les auteurs ne négligent jamais quelques séquences plus légères, voire attendrissantes, avec le risque bien sûr que le récit dans son ensemble ne supporte pas vraiment ces changements de ton successifs.
Par chance, il n’en est rien et l’histoire conserve jusqu’au bout son équilibre délicat, jusqu’à une conclusion aussi bien trouvée qu’apaisée. À ce sujet, les dessins du couple Kerascoët (Marie Pommepuy et Sébastien Cosset), que l’on avait déjà pu apprécier dans Jolies Ténèbres, font merveille ici. La rondeur du trait et son caractère indéniablement original (sans parler de cette mise en couleurs tout sauf criarde), rappelant parfois vaguement Sfar, réussissent à faire passer les pires horreurs sans les atténuer pour autant. Là encore, l’équilibre n’était assurément pas facile à trouver, mais c’est pourtant bien le cas.
Si le découpage s’avère plus classique, la narration n’en est pas moins parfaitement menée de tome en tome et une fois lancé, il est bien difficile de s’arrêter tant l’on s’attache au personnage de Morue tout en suivant d’un œil alerte toutes ces péripéties souvent joliment tordues.
Une bien belle réussite, qui allie donc fond et forme à travers un conte à la fois cruel et sardonique mais jamais dénué d’humanité. Comme tous les jolis contes.
À découvrir de toute urgence si ce n’est déjà fait !

8.0/10

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