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Uter Pandragon

ISBN : 978-237305040-0
Catégorie : Aucune
Auteur : Spok Thomas

Le roi Constant avait trois fils. L’un meurt, et les deux autres, Uter et Pandragon, vivent loin. En leur absence, Vortigern règne sur la Bretagne. Mais son pouvoir fatigue les barons et les fils de Constant reviennent et tentent de reprendre le trône. Pandragon est un meneur d’hommes et croit en son bon droit. Uter est un aventurier, mû par la vengeance. Peu à peu s’enchaînent batailles et victoires, mais une ombre plane, celle de Merlin et d’une mystérieuse petite fille. Uter et Pandargon sont-ils maîtres d’eux-mêmes, ou les jouets de puissances obscures et merveilleuses ?

Critique

Par Gilthanas, le 04/11/2018

Parmi les sources d’inspiration de la fantasy, le mythe arthurien est certainement l’une des plus exploitées par les auteurs. Ce mythe médiéval a en effet traversé les siècles jusqu’à aujourd’hui, et a de ce fait connu de nombreuses interprétations et réécritures. Dernièrement, l’accent n’est plus mis sur Arthur et ses chevaliers de la Table Ronde, mais sur les personnages annexes, ou encore sur des zones d’ombres peu ou prou présentes dans le canon arthurien.
La version sur laquelle s’appuie Thomas Spok est celle de Robert de Boron, continuateur de Chrétien de Troyes. C’est notamment lui qui « christianise » le mythe, et intègre le Saint Graal (ou Saint Calice) au récit. Autre particularité, il fait d’Uter Pendragon, le père d’Arthur, un double-personnage. Et c’est sur cette idée que Thomas Spok va construire son récit.
On retrouve ici les éléments classiques de la geste arthurienne, notamment Merlin, Viviane ou encore la Dame du Lac. Les onze chapitres du roman nous narrent l’histoire de deux frères : Pandragon, réfléchi et posé, et Uter, impétueux. La construction du récit démontre la maîtrise qu’a l’auteur du mythe arthurien : les péripéties sont nombreuses, et plusieurs personnages ont des quêtes à mener. La langue est belle, et la traduction nous plonge vraiment dans cette ambiance mêlant récit historique et fantasy. Et on touche là au problème majeur de l’ouvrage : le rythme. Si l’histoire n’est pas exempte de moments épiques et enlevés, il arrive parfois que la prose de l’auteur, si maîtrisée soit-elle, nous plonge dans un état de somnolence. Le mélange des genres, entre chronique et roman, renforce encore cette impression. Ceux qui ont lu Le puits au du bout du monde de William Morris savent exactement ce que provoque ce sentiment.
Cela est d’autant plus dommage que Thomas Spok arrive à nous plonger dans sa vision du mythe et à nous la rendre crédible : les personnages, notamment les secondaires, sont attachants ; la christianisation présente, son rôle étant ici central (pour le meilleur et pour le pire, quand elle permet au héros de trouver des alliés à Byzance mais aussi quand elle enterre la civilisation celte) ; la magie est là, avec un Merlin assez éloigné du rôle qu’on lui connait. Si le mythe arthurien vous intéresse, que vous êtes connaisseur de la geste de Bretagne, alors il peut être agréable de découvrir la vision de l’auteur, de trouver les points communs et les différences avec la version classique de la légende. On comprend l’accueil critique du roman, notamment pour quiconque n’est pas habitué à la fantasy « classique » et ses codes. Mais le roman pourra laisser un goût amer à l’amateur du genre, qui lui, sans remettre en cause les qualités de l’ouvrage, s’attendait peut-être à quelque chose de différent.

7.0/10

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