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La Mort ou la gloire

Titre VO: Kings of the Wyld

Tome 1 du cycle : Wyld
ISBN : 979-102810766-6
Catégorie : Aucune
Auteur : Eames, Nicholas

Clay Cooper et ses hommes étaient jadis les meilleurs des meilleurs, la bande de mercenaires la plus crainte et la plus renommée de ce côté-ci des Terres du Wyld – de véritables stars adulées de leurs fans. Pourtant leurs jours de gloire sont loin. Les redoutables guerriers se sont perdus de vue. Ils ont vieilli, se sont épaissis et ont abusé de la bouteille – pas forcément dans cet ordre, d’ailleurs.
Mais un jour, un ancien compagnon se présente à la porte de Clay et le supplie de l’aider à sauver sa fille, prisonnière d’une cité assiégée par une horde de monstres sanguinaires. Même si cela revient à se lancer dans une mission que seuls les plus braves et les plus inconscients seraient capables d’accepter.
Le temps est venu de reformer le groupe… et de repartir en tournée.

Critique

Par Merwin Tonnel, le 14/10/2019

Auréolé d’un succès populaire outre-atlantique (Nicholas Eames a reçu un Stabby Award de la communauté fantasy de Reddit et un Gemmell Award du meilleur premier roman), Kings of the Wyld arrive enfin en français chez Bragelonne sous le nom de Wyld – La Mort ou la Gloire. Il faut d’ailleurs bien avouer que c’était un roman taillé pour cet éditeur.
L’idée majeure de cette sortie automnale et importante de Bragelonne est de raconter une histoire dans un univers proche de Donjons & Dragons (on y retrouve notamment le bestiaire bien connu des amateurs du jeu de rôle) mais en y ajoutant deux twists, un sur le fond et un sur la forme.
Tout d’abord, le roman part du postulat que les groupes d’aventuriers sont considérés comme des rock stars par les habitants de cet univers. Et on ne parle pas seulement de notoriété, mais aussi de tout ce que l’univers rock peut amener : des agents, des fans, des “tournées”, des contrats juteux, etc. C’est un point central de la communication faite autour du roman mais il faut avouer qu’il est un peu trompeur. Si l’idée des rocks stars s’avère sympathique, elle se voit assez vite évacuée – à quelques références à l’univers du rock réel près – et devient vite très annexe une fois l’aventure lancée. On se retrouve alors très rapidement avec un groupe d’aventuriers assez classique, sans autre trait distinctif que d’être majoritairement de gros bourrins.
Le deuxième twist vient du ton employé par Nicholas Eames, très cynico-comique, un peu dans l’air du temps. Il ne s’agit pas uniquement pour l’auteur de se montrer sarcastique comme chez Joe Abercrombie, par exemple ; il y a vraiment des répliques et gags faits pour la comédie. 
Malheureusement, si le résultat est amusant au début, il s’avère vite lassant. L’humour ne tombe pas forcément à plat mais devient rapidement redondant, surtout quand on s’aperçoit de la répétitivité de la structure de l’aventure. Il faut bien garder en tête que malgré le ton moderne, il s’agit avant tout d’une aventure type D&D : le groupe navigue de situations en situations et chaque événement apporte son lot de dangers et d’action (il faut d’abord traverser une forêt, puis franchir une montagne, puis naviguer par les airs, puis se rendre dans cette ville, etc.). La structure en elle-même est déjà un peu lassante, mais si on y ajoute à cela que chaque situation se règle de la même manière, on comprend que l’ennui pointe le bout de son nez à la moitié du roman. 
La recette d’une séquence d’aventure dans Wyld est simple : 
- Etape 1 : un nouveau danger apparaît. Mais comment nos héros vont-ils s’en sortir ?
- Etape 2 : le contre-pied comique. Le danger apparent n’en est finalement pas un (le monstre est finalement tout gentil, les cannibales trouvent la viande un peu trop riche, etc.). Ouf, le groupe peut se reposer !
- Etape 3 : c’est la gaffe ! Il arrive forcément  un moment où l’un des membres du groupe commet une erreur, et finalement le danger redevient un vrai danger. La résolution est alors soit la fuite, soit le combat soit un mélange des deux.
Là encore, c’est amusant au début, mais le tout devient un peu pénible quand on enchaîne trois ou quatre situations assez proches.
Heureusement, le roman a toutefois pour lui d’être plutôt bien écrit, avec un style assez enlevé qui permet de tourner les pages rapidement. La galerie de personnages, essentiellement masculins, est sympathique à défaut d’être très original (ça va du bourrin au grand cœur au bourrin psychopathe, en passant par le bourrin rigolo). Mais au bout du compte, il ne s’agit finalement que d’une simple variation sur le thème d’une partie de jeu de rôle racontée. Il y a sûrement encore un public pour cela. 
Mais pour ceux qui en ont trop lu dans les années 80-90 et qui sont passés à autre chose, pas sûr que Wyld fasse mouche.

6.0/10

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