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Ursula Le Guin en "guerre" contre l’édition

Par Altan, le 15/02/2008 à 22:36

Ursula Le Guin« Quelques personnes pleurent la disparition de nos forêts du hibou tacheté, d’autres celle de leurs badges sportifs vantant qu’ils font frire et mangent ces mêmes hiboux. Il apparaît que les livres, eux aussi, sont un espèce menacée, et que les réactions face à cette nouvelle sont aussi disparates »... Voici ce qu’écrit Ursula K. Le Guin en préambule de son article Note sur le déclin présumé de la lecture, paru ce mois-ci dans Harper’s magazine.
Dans celui-ci, elle part du constat que « les livres sont des vecteurs sociaux, mais les éditeurs ont tardé à le voir », que « la stupidité des maisons d’édition est insondable : elles pensent qu’elles peuvent vendre des livres comme n’importe quelle marchandise ».
L’auteur regrette certes la place trop réduite de la lecture au sein des loisirs, mettant en exergue les recherches de la Fondation Nationale pour les Arts (NEA) - qui a révélée en 2004 que 43% des américains n’avaient lu aucun livre au cours de l’année ; ou qui a dressée dans un autre rapport, « Lire ou ne pas lire », le triste bilan d’une baisse de lecture générale (tout en avertissant que les non lecteurs avaient apparemment plus de mal à se placer dans la société et dans le marché de l’emploi) ; ou reprenant l’exemple à un journaliste d’ AP d’un chef de projet en télécommunication qui dit s’endormir lorsqu'il se met à lire un livre, « une habitude à laquelle des millions d’américains peuvent sans aucun doute s’identifier » selon l’observateur.
Mais c’est bel et bien le système d’édition et de vente, ne recherchant que la satisfaction immédiate du marché, qu’elle rend responsable de ce déclin. « L’édition n’est pas, en fait, un business ordinaire avec une relation saine au capitalisme » insiste-t-elle.
On ne saurait aller à l’encontre de sa démarche, mais, par comparaison au cinéma, il n’est pas sûr que les gens veuillent abandonner la « quête du blockbuster potentiel » et retourner en arrière. Il faudrait juste trouver un terrain d’entente qui unirait de manière optimale épanouissement artistique et business « intelligent », un cri de ralliement préférable et bien plus savoureux que le « stable avec croissance modeste »...

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